Voilà un programme de dotation en aéronefs de combat tellement restrictif qu’il ne laisse pas beaucoup de doutes sur l’origine du futur vainqueur : il sera selon toutes vraisemblances russe. L’Indian Navy vient d’annoncer son intention d’acquérir un lot de cinquante-sept avions de combat multirôles embarqués destinés à servir à bord de son futur porte-avions INS Vikrant. Cependant il n’y a quasiment aucune chance de voir un avion américain ou français en sortir vainqueur.

Et pour cause l’INS Vikrant ne dispose pas d’une catapulte. Cet équipement est absolument nécessaire à l’emploi d’avions comme le Boeing F/A-18E&F Super Hornet, le Dassault Aviation Rafale M, ou encore le Lockheed-Martin F-35C Lightning II. Le programme MRCBF, pour Multi Role Carrier Borne Fighters, semble donc bien réservé aux avionneurs russes. En effet actuellement sur le marché seuls les avionneurs russes présentent de tels avions : le MiG-29K et le Su-33.

Bien sûr il y a aussi le cas du Shenyang J-15 chinois, mais aux vues des relations diplomatiques conflictuelles entre Pékin et New Delhi, il y a peu de chances que cette option se transforme en commande ferme.

Alors certes l’Indian Navy possède déjà une quarantaine de Fulcrum embarqués qui servent notamment à bord du porte-avions INS Vikramaditya. Ce bâtiment est en fait l’ancien Bakou, lancé en 1987 par la marine soviétique et ensuite passé par la marine russe sous le nom d’Amiral Gorshkov. Cependant les MiG-29K ont montré leurs limites : ils volent uniquement de jour. De ce fait le Su-33 pourrait voir sa chaîne de production relancée.

En Inde certains insistent sur le fait que l’INS Vikrant pourrait parfaitement être modifié afin d’accueillir une catapulte, ce qui ouvrirait le programme MRCBF au Rafale M et permettrait une mutualisation des moyens aériens. Une option qui cependant coûterait une fortune aux contribuables indiens.

Photo © Wikimédia Commons

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19 COMMENTAIRES

  1. Arnaud, est-ce vraiment sur à 100% que le Rafale M est hors jeux pour le MRCBF à cause du PA STOBAR ?

    D’après plusieurs sources fiables , les ingénieurs Dassault ont effectué des analyses (qui ne valent pas un essai réel bien sur) montrant que le Rafale M est compatible avec les PA dotés de tremplin. Je n’ai pas trouvé de détail sur les compromis à faire sur le carburant et l’armement embarqué par rapport à une configuration catapulte.

    Quand on voit le nombre d’avions d’armes différents en service dans l’armée indienne, ce serait logique pour la marine indienne d’avoir des Rafales M. Surtout qu’elle n’est pas satisfaite par les Mig-29K comme tu le précises. Quand à l’IAF, elle se plaint régulièrement de la dispo de ses SU-30 MKI…

    Une nouvelle opportunité pour Dassault en Inde ?

  2. Heu… LE su33 n’est plus produit depuis quelque temps déjà. Les russes n’ont que le Mig29k à proposer. Sauf qu’ils n’en veulent pas.

    Et autant les avions russes ne peuvent opérer à partir de porte avions CATOBAR, que les avion prévus pour des PA CATOBAR, sous réserve de quelques limitations (qui sont les mêmes que celles des avions prévu pour les STOBAR) sont limités à principalement à leur ratio poussée masse et vitesse de décollage, peuvent en effet décoller depuis un tremplin…

    S’il y a bien un avion qui ne verra jamais la couleur d’un PA indien, c’est bien le SU-33.

    • Une petite question : que ne comprenez-vous pas dans la phrase « le Su-33 pourrait voir sa chaîne de production relancée » ? Bien sûr qu’elle est actuellement stoppé et que donc le Su-33 n’est plus produit mais les récentes déclarations des responsables de l’avionneur pourraient bien montrer qu’elle pourrait être réactivée.
      Parfois je me dis que certains ne lisent que les titres et pas les articles en entier.

  3. Un avion CATOBAR n’est pas forcément incapable de faire du STOBAR, des simulations ont été réalisées par Dassault pour savoir à quelle masse un Rafale peut décoller en STOBAR sur un PA tel que le Vikrant. Il me semble qu’il y a même des tests réels en ce qui concerne le F-18 mais je ne connais pas les chiffres. N’oublions pas que la longueur disponible pour le décollage est environ 180m.
    Ce qui compte aussi c’est la capacité BAR de ces 2 avions. J’aurais pu mentionner le Gripen,le F-35C ou le F-35B mais le 1er n’est qu’un projet sur papier et les 2 autres ne sont pas totalement opérationnels et leurs coûts d’acquisition et d’utilisation sont loin d’être fixés et connus.
    D’autre part, je vois mal les Indiens remplacer des Tejas par des Su-33, la masse unitaire va plus que doubler là.

    • Il est compatible comme le sont les chasseurs embarqués américains avec le Charles de Gaulle. En cas de déroutement suite à un facteur X ou Y oui un Rafale peut apponter et décoller d’un porte-avions équipé skyjump mais certainement pas y opérer au quotidien.

    • Voici le rapport Poussée/Poids des:
      Su-33: 0.83
      Rafale: 0.988
      FA-18 E/F: 0.94
      Donc si le très grand et très lourd Su-33 arrive à décoller via un tremplin alors qu’il a le plus faible rapport poussée/poids, je pense que les deux autres (plus puissants) y arriveront. Les tests n’ont jamais été vraiment fait, ou partiellement, parce que nous n’utilisons pas de rampe dans nos armées conjointes mais théoriquement le Rafale et le Super Hornet en sont capables.

      Contrairement à l’article, je crois au contraire que le Rafale et le F-18 SH ont plus de chance que les avions russes. D’une part parce que les indiens ne sont pas du tout satisfaits de ces avions russes mais aussi parce qu’ils sont absolument incompatible avec une catapulte. Coté Rafale et F-18 ils semble que le décollage rampe soit bel et bien possible, d’autres sites ont montré que c’était faisable. A noter que grace au premier contrat Rafale, c’est un point positif pour la version marine car cela permettra une forte économie sur la rationalisation des couts de maintenance et formation.

      A noter que le F18 et Su-33 sont bien plus grand que la Rafale, ce qui est un gros handicap sur un porte avion qui doit gérer la place sur le pont et dans le hangar. Chaque centimetre compte et quand on peut mettre 10 Rafale pour 7 Su-33 ça a un gros impact.

  4. N’oublions pas que leur objectif, à (très) long terme, c’est de disposer effectivement, de caro bar. Le lourd Su-33 fait-il vraiment mieux que le Rafale M ou le Super Horn et sur un tremplin? Ces derniers peuvent-ils le faire? Prenons les paris et rdv dans 10ans! 😉

    • Quasiment aucune chance (ou aucun risque ça dépend comment on se place) de voir des F-35B engagés dans ce contrat. Les Indiens ont bien insisté sur des avions embarqués « classiques » même s’ils sont sans catapulte.

    • Le F-35 n’a aucune chance, d’une part pour son prix très élevé (on a vu avec le contrat Rafale que les indiens ont été très regardant et insistant sur le prix), et d’une autre part parce que les indiens veulent un offset de 100%, ce que les américains ne feront jamais avec leur dernier joujou technologique.

  5. Bonjour Arnaud,

    Vous semblez oublier une chose très importante concernant l’appel d’offre indien, c’est qu’il concerne aussi l’IAC-II, qui sera doté….d’une catapulte !

    Alors quel est le projet le plus compliqué ?

    -Relancer la production du Su-33 et modifier totalement la structure de l’avion pour lui permettre d’opérer sur un CATOBAR ?
    -Acheter des Rafale compatibles aussi bien CATOBAR que STOBAR ? http://lefauteuildecolbert.blogspot.fr/2012/06/rafale-m-techniquement-operable-en.html
    -Ou des Super Hornet qui ont déjà été testés sur rampe et validés par l’US Navy ?

    Cordialement, Baptiste

  6. Bonjour ,

    Le Super Hornet et le Rafale ont subi des simulations de décollage sur rampe. L’ancien F-18 A/B Hornet avait lui été testé sur une rampe au sol, avec deux inclinaisons et une masse limitée. Néanmoins, ne pas oublier le F-35B. Celui ci semble peu probable au vu des relations USA/Inde (essais nucléaires) et la volonté d’indépendance de leur matériel des indiens. Il est difficile d’imaginer les indiens ayant rédigé leur RFI sans une idée derrière la tête…

  7. Sauf que passer du Tejas marine au Rafale, ça ne devrai pas être le même ordre de grandeur de prix. et puis ils demandent encore des transferts de technologie et éventuellement une production locale sous licence…

  8. Enfin des commentaires visibles ! Merci au webmaster
    @mustard: Le rapport poussée/poids n’est pas suffisant pour vérifier la capacité STOBAR, la donnée importante à mon avis est la vitesse de décollage de l’avion, cette vitesse est liée à sa vitesse de décrochage (à masse et géométrie données). Le Rafale est connu pour être l’avion marin qui apponte avec la vitesse la plus petite.

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