Cet avion est un superlatif volant, de par sa longévité autant que sa polyvalence. Ce mardi 17 décembre 2019 le Pentagone a octroyé à l’équipementier Raytheon un contrat de 195 millions d’euros permettant de rénover le radar ASARS-2A des vingt-six avions de reconnaissance stratégique Lockheed U-2S en service dans l’US Air Force. Le programme doit permettre de maintenir ces avions au moins encore une quinzaine d’années. On ne compte plus les programmes de modernisation que cet avion a connu en soixante-deux ans de carrière.

Le radar ASARS-2A (pour Advanced Synthetic Aperture Radar System 2-A) est le cœur de cet avion espion. Ce radar à synthèse d’ouverture peut repérer de jour comme de nuit, par beau autant que par mauvais temps n’importe quel objectif depuis une altitude de croisière de 70000 pieds. C’est à dire qu’il vole à 23100 mètres du sol et peut identifier des objets à peine plus gros qu’un smartphone. Pour mémoire l’ASARS-2 a été développé entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 par la firme Hughes. De son côté l’ASARS-2A date de 2001-2002.
Cette année ce radar a atteint les 9000 missions opérationnels.

Si le contrat concerne les vingt-six Lockheed U-2S encore en dotation dans l’US Air Force il n’englobe pas les quatre TU-2S utilisés pour l’entraînement avancé et la transformation opérationnelle. Ces avions ne sont en effet pas destinés à être engagés en opérations au-dessus de territoires ennemis.

Car que cela soit durant la guerre froide autant que depuis l’effondrement de l’Union Soviétique les Lockheed U-2 n’ont jamais cessé d’être engagés par l’aviation américaine. Et depuis l’annexion militaire du territoire ukrainien de Crimée par les forces russes les vénérables avions de reconnaissance stratégique font leur grand come-back. On les a vu cet année en Angleterre. Et ailleurs…

Pilote de Lockheed U-2S dans son cockpit. Remarquez la tenue de vol si particulière pour cet avion.

Du coup il est plus que nécessaire de rénover à zéro les radars ASARS-2A de chaque avion. Un chantier qui doit permettre de les déposer et de les remonter une fois toutes les vérifications réalisées en usines. De quoi permettre de conserver ces avions d’un autre âge au moins jusqu’en 2030-2035. Certains aux États-Unis n’hésitent plus à avancer qu’en 2050 ils seront encore là. D’ailleurs les travaux doivent s’étaler entre janvier 2020 et décembre 2024, signe qu’ils sont pris très au sérieux par le Pentagone qui a décidé de prendre son temps pour moderniser ses si précieux Lockheed U-2S.

Photos © US Air Force.

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5 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud. Encore une preuve avec cet article que les américains sont très bons dans l’art de faire durer certaines de leurs légendaires machines volantes : B-52, CH-47, U-2, F-15. Je doute sincèrement que notre Rafale, malgré qu’il s’agisse sans chauvinisme d’un ou du meilleur avion de chasse omnirôle du monde, soit encore présent dans notre fantastique armée de l’air à l’horizon des années 2070… Sinon, je profite de cet espace d’échanges pour reposer ma question déjà formulée dans celui correspondant à votre précédent article sur le U-2 : pourquoi utiliser un tel avion et un tel radar à notre époque plutôt qu’un satellite militaire déjà en orbite qui ne coûte désormais plus rien en carburant ni en pièces et qui n’a pas besoin d’être piloté ? N’existe t’il pas de satellite militaire assez perfectionné pour faire la même chose avec les mêmes performances qu’un radar à synthèse d’ouverture utilisé à 23000 mètres d’altitude ?

    Petite parenthèse pour terminer mon commentaire : avez-vous vu et dans le cas positif avez-vous apprécié le film Starfighter de Miguel Alexandre sorti en 2015 ? Le pitch comme les gens branchés disent est le suivant pour ceux que le sujet intéresse : Au début des années soixante, l’Armée de l’Air allemande fait l’acquisition de plusieurs centaines de Starfighter, un avion de chasse américain des plus modernes et perfectionnés. Mais, étrangement, ces avions s’écrasent les uns après les autres. Et le gouvernement masque systématiquement les raisons de ces accidents au public, évoquant le plus souvent une défaillance humaine. Un très bon film pour ma part (c’est une sorte de documentaire scénarisé en fait).

    • Bonjour,
      Un satellite dans le meilleurs des cas sera 10 fois plus haut (et donc plus loin) qu’un U2, et encore, une orbite @ 230km d’altitude ne peut être tenue que très peu de temps, car même si on considère être dans l’espace à partir de 100km d’altitude, il y a encore un peut d’atmosphère qui relentit et donc fini par faire tomber tout satellite qui orbite si bas.
      De plus un satellite vas faire un passage éclair au mieux une fois par heure.
      Alors qu’un U2 vas pouvoir rester longtemps sur zone (plus l’orbite est basse plus un satellite vas vite, le geostationnaire est atteint @ 36000 km d’altitude).
      Pour comparaison la station iss doit régulièrement allumer ses moteurs pour remonter et compenser le frottement atmosphérique alors qu’elle orbite entre 330 et 420 km d’altitude en 92,69 minutes (Wikipedia).

      • A mon avis l’intérêt de prendre un U-2 plutôt qu’un satellite militaire dans cette situation est donc uniquement le fait d’avoir la possibilité de filmer la zone au lieu de simplement la photographier.

      • Un satellite est soumis aux lois de Kepler donc peu maniable alors qu’un avion piloté réagit au plus vite aux circonstances du moment. Ses points faibles étant, entre autres, l’autonomie du matos et la fatigue du pilote mais le drone le supplantera un jour ou l’autre.

  2. quel avion!!!! magnifique!!!! il serait interressant de savoir de quand date la fabrication des avions modernisés si cette info est accessible au commun des mortels…

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