Beaucoup plus discrets que les avions de combat Dassault Aviation Rafale ou que ceux de reconnaissance Atlantique 2 les AWACS de l’Armée de l’Air sont pourtant bien présents dans les cieux irakiens depuis maintenant trois ans. En témoigne le seuil des 1000 heures de vol passées en missions opérationnelles pour les Boeing E-3F engagés par l’Armée de l’Air pour contrôler l’action des différents aéronefs de la coalition. Une mission très exigeante que la France est la seule aux côtés du Royaume Uni a réalisé, en plus bien entendu des États-Unis.

Car gérer les opérations aériennes d’un champ de bataille aussi vaste que l’autoproclamé État Islamique n’a rien d’une sinécure. En vol, les sous-officiers et officiers se trouvant à bord des Boeing E-3F français doivent non seulement assurer le contrôle aérien avancé, comme ils le feraient au-dessus de l’hexagone, mais en outre ils doivent assurer une mission bien plus contraignante et stressante : relayer le commandement opérationnel en conduisant les opérations aériennes, et même le cas échéant en assurant une planification dans l’instant.

C’est un peu banal à expliquer mais le fait que seuls les Britanniques et les Français puissent assurer cette mission, en dehors des omniprésents Américains, démontre bien que le contrôle aérien avancé et le relais de commandement sont deux fonctions devenues des spécialités des personnels de l’Armée de l’Air engagés en opérations extérieures. Il faut se souvenir que notre aviation vole tout de même sur Boeing E-3F depuis le début des années 1990. Elle a donc acquise une expérience certaine notamment au-dessus de l’ex-Yougoslavie, de l’Afghanistan, ou encore de divers pays africains. Expérience qui aujourd’hui lui permet de coordonner les opérations de plusieurs nations différentes dans la guerre contre Daech au-dessus de l’Irak et de la Syrie.

Lorsque le Boeing E-3F rentrera en France dans quelques semaines ses équipages et mécanos pourront avoir la satisfaction de la mission bien accomplie. Et ce même si celle-ci se fait souvent très loin du crépitement des flashs. Rappelons que sans ces militaires de l’ombre jamais aucun avion de combat ne pourrait participer à une telle guerre aérienne !

Photo © Armée de l’Air.

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6 COMMENTAIRES

  1. Les autres pays européens disposent également de cette capacité radar aéroporté puisqu’ils se « partagent » 18 AWACS basés en Allemagne, dans le cadre de l’OTAN.

    Concernant les capacités françaises citons également les trois Hawkeye de l’aéronavale. D’ailleurs, le porte-avion étant en arrêt technique, l’un de ces appareils ne pourrait-il pas prêter mains forte à l’armée de l’air dans le cadre de Chammal ou de Barkhane, au même titre que le font régulièrement les Rafale M ?

    • Comme vous dites François ces pays se partagent des moyens mis en place par l’OTAN, et notoirement réputés moins évolués que les AWACS britanniques et français. Quand au déploiement de Hawkeye français j’ai aucune info là-dessus.

    • La France a fait rénover le système de détection de ses quatre AWACS entre 2014 et 2016, et a commandé une rénovation de l’avionique pour 2022, qui devrait les faire durer jusqu’à 2035 au moins. Un remplacement n’est donc pas à l’ordre du jour.
      Je pense qu’AIRBUS aurait intérêt à envisager un remplaçant des AWACS, et pourrait ainsi réitérer la réussite commerciale et technologique des A330-MRTT. Il lui faudrait pour cela s’allier avec un équipementier aéronautique pour la fourniture des radars et senseurs. Et pourquoi pas notre champion nationale Thales ?!

      • Francois, sans indiscrétion, professionellement êtes-vous dans le domaine aéronautique pour connaître et être au courant d’autant d’informations ou êtes-vous « seulement » un passionné comme nous autres, car chacune de vos interventions m’épate.

        • Je ne travaille malheureusement pas dans le domaine aéronautique. J’en profite pour un petit rectificatif les AWACS de l’OTAN basés en Allemagne étaient 18 à l’origine mais ne sont plus que 16 actuellement.

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