Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est toujours pas gagné pour le petit biréacteur nord-américain de la gamme de l’avionneur européen. Durant une semaine, du lundi 5 au lundi 12 novembre 2018 inclus, Airbus a présenté officiellement l’A220-300 dans plusieurs pays asiatiques dont la Chine. L’objectif clairement assumé du constructeur est de tenter de peser sur ce marché puisque désormais il est aux manettes de cet avion de ligne jadis canadien. Il faut dire que l’A220 n’est pas exactement pour l’instant ce que l’on pourrait qualifier de succès commercial.

Nous n’allons pas revenir sur l’aventure du rachat de feus les Bombardiers CSeries par Airbus afin qu’ils deviennent A220-100 et A220-300, puisque l’avionneur européen détient 50.01% des ses parts. Cependant malgré cela et surtout malgré la puissance commerciale et financière d’Airbus les ventes ne décollent toujours pas.
La preuve aucune des grandes compagnies aériennes européennes ne l’utilise actuellement. Que ce soit Air France, British Airways, ou encore Iberia pour ne citer qu’elles les commandes et donc la confiance ne semblent pas au rendez-vous. Pis si le groupe Lufthansa en utilise bien ce n’est pas sous couleurs allemands mais helvétiques, c’est la compagnie Swiss International qui les fait voler.

Du coup pourquoi ne pas envisager le marché asiatique, considéré généralement comme le plus porteur. C’est sous la livrée d’Air Baltic et sous immatriculation lettonne que l’avion a été présenté aux professionnels mais aussi au public. Son périple lui aura fait traversé tout le continent, d’extrême orient vers l’Asie mineure.
Première étape, sûrement la plus importante : du lundi 5 au vendredi 9 novembre inclus le biréacteur était présenté au salon aéronautique de Zhuhai, le plus important de Chine. Là l’avion devait affronter directement la concurrence internationale mais aussi bénéficier de l’aura incontestable de son désormais constructeur Airbus. Là il a pu montrer sa force aux dirigeants des compagnies aériennes, autant qu’au public chinois toujours aussi accro aux nouveautés. Même si feu le CS300 n’en est pas vraiment une…

Le samedi 10 novembre l’A220-300 a redécollé en direction de la Thaïlande et le lendemain dimanche 11 novembre pour le Népal. À chaque fois le biréacteur a été présenté aux autorités de l’aviation civile autant qu’aux décideurs commerciaux.
Et pour clore ce tour asiatique ce lundi 12 novembre 2018 l’avion était attendu dans le plus européen des pays de ce continent : la Turquie. Airbus semble espérer beaucoup aussi de ce pays clairement taillé pour l’A220, notamment au niveau de ses lignes intérieures.
Enfin ce mardi 13 novembre l’Airbus A220-300 devrait rejoindre la Lettonie où il pourra reprendre son activité commerciale habituelle pour le compte d’Air Baltic.

Restera désormais à savoir si cette tournée aura porté ou non ses fruits. L’Airbus A220 va t-il engranger de nouveaux contrats. Depuis le début de son aventure, à l’époque de Bombardier, le carnet de commandes atteint désormais les 400 avions, dont certains volent déjà.

Photo © Wikimédia commons.

 

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4 COMMENTAIRES

  1. Ne serait-ce pas un problème de concurrence interne face aux A319 et A320 voir ATR 72 ? Car déjà le petit A318 n’était vraiment pas un succès. Dernière commande en 2015 et seulement 80 exemplaires d’assemblés.

  2. Bonjour,

    Le A318 a toujours eu un problème d’efficacité aero du à un fuselage trop court par rapport à son diametre. C’est une des raisons pour lesquelle le A318neon’est pas envisagé.

    Le A220 reprend dans le catalogue la place qu’aurait eu le 318neo s’il avait existé…

  3. Les avantages du partenariat avec Airbus tardent à se concrétiser… Heureusement Bombardier avait rempli le carnet de commande du CSeries pour occuper la chaîne d’assemblage pour quelques années. Laissons la chance à Airbus de faire ses preuves dans un nouveau segment de marché qui lui est encore peu familier.

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