Peu d’avions de transport sont aussi aisément reconnaissable que le Lockheed C-130 Hercules, avec son aile haute, son empennage si caractéristique, et son nez proéminent doté d’un radar. Pourtant qui se souvient encore qu’à l’origine l’avion-cargo américain ne possédait pas cet équipement à l’avant ? Les personnels de l’US Air Force ont ensuite appelé ces vieux C-130A des «roman nose», c’est à dire nez romain. Petit retour en arrière sur l’histoire méconnu d’un avion archi-connu.

Un C-130A roman nose dans sa livrée typique des années 1980.

Soyons très clair, les Lockheed C-130A Hercules avec le nez romain ne volent quasiment plus de nos jours. Non pas que des avions de cette série aient disparu des cieux du monde entier mais plutôt qu’ils ont subi une sorte de rhinoplastie… aéronautique. Pour faire simple la quasi totalité des C-130A encore en état de vol le sont avec le fameux radar de nez Sperry AN/APN-59. Du coup la seule manière de les reconnaître aurait pu être de se repérer aux turbopropulseurs Allison T56-A-1 de 3250 chevaux entraînant chacun une hélice tripale d’origine mais bien souvent ils ont eux aussi été déposés et remplacés par des T56-A-9 de 3750 chevaux dotés de quatre pales.
C’est vraiment pas de bol !

D’autant qu’en fait la dernière transformation d’un Lockheed C-130A Hercules d’origine en version modernisée dans l’US Air Force remonte à à peine plus de trente ans. C’est en effet en avril 1988 que l’avion porteur du numéro de série 54-1634 et entré en service en 1957 au sein du 61st Troop Carrier Squadron gagna son radar et ses nouveaux turbopropulseurs.
En cette fin d’années 1980 il appartenait au 180th Tactical Airlift Squadron, une unité de la garde nationale du Missouri stationné à Rosecrans ANGB.
Bon en même temps au milieu de la décennie suivante tous les Lockheed C-130A Hercules furent retirés du service dans l’aviation américaine.

Et pourtant ces avions étaient loin d’être usés jusqu’à la corde, et ce même s’ils avaient volé durant trois décennies et demi. De l’Europe occidentale au Vietnam les premières versions du célèbre avion-cargo américain n’ont pas vraiment chômé.
Mais dès le début des années 1980 les nez romains ont été cantonné aux vols intérieurs, ne quittant que très rarement les États-Unis.

Hélice tripale et nez romain, pas de doute c’est un Lockheed C-130A Hercules !

Il est d’ailleurs intéressant de voir que le roman nose n’a pas vraiment été un succès à l’export, à la différence de toutes les autres versions de l’Hercules tels les C-130B et C-130H ou encore l’actuel C-130J. Par contre aussitôt doté du radar de nez il s’est particulièrement bien vendu. C’est d’ailleurs comme cela que la majorité vole encore.
Car d’anciens nez romains sillonnent encore les voies aériennes de la planète sous immatriculations civiles ou plus rarement sous cocardes militaires. Ils font encore un carton comme bombardiers d’eau ou comme avions de dessertes commerciales de fret dans des zones reculées comme l’Alaska ou certains coins d’Afrique sub-saharienne.

Après transformations difficile de voir que cet Hercules civil est un ancien C-130A roman nose.

Voilà j’espère que maintenant vous en savez un peu plus sur cette sous-version très particulière du plus célèbre avion de transport militaire contemporain.

Photos © Wikimédia commons.

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7 COMMENTAIRES

  1. Il y a eu une version méconnu du hercules mais très très spéciale. Le C-130 YMC 130H.
    Dans un projet secret le but était de libérer les otages américains présents en Iran au début des années 1980. Le but consistait à faire atterrir et décoller un MC-130H en moins de 100m soit la longueur d’un terrain de football dans un stade à Téhéran.
    Ce dernier était fortement modifié pour accueillir une trentaine de fusées. Rétrofusées pour l’atterrissage et des JATO pour le décollage. Quelques appareils ont été construits et on passés des dizaines de test avec au moins un prototype détruit. L’appareil à par la suite été déclaré opérationnel mais il n’a jamais servi, les otages ayant été libérés de manière « conventionnel ».
    De plus cet appareil était équipé d’une crosse d’appontage afin de se poser sur un porte-avion US qui serait présent au large des côtes iraniennes le temps de cette opération.

    • Certes ! Le proto détruit avait pris feu par la faute des JATO de fuselage, si j’ai bonne mémoire.

      Sinon, dans le genre rare et peu commun, nous avons aussi le MC-130 E Sky Hook, qui grâce à ses appendices nasaux repliables, récupérait au besoin des agents infiltrés en territoire ennemi (ou des pilotes abattus, mais les hélicoptères Sandy puis C-SAR lui furent préférés).
      Les personnels à récupérer étaient harnachés à un câble tendu par un ballon que l’Hercules saisissait au passage, les faisant littéralement décoller du sol à la traine de l’appareil, pour être ensuite récupérés en vol par la soute arrière.
      Impressionnant mais assez simple au final, ce dispositif, initialement testé avec un B17, fut utilisé avec succès par la CIA en Antarctique pour récupérer les agents ayant inspecté une base soviétique abandonnée (en opérations militaires, je l’ignore par contre).
      http://d520.online.fr/images/divers/c130/wapj23_mc130_4.jpg

      Courte vidéo sur la genèse du projet avec plein d’images du MC-130E :
      https://www.youtube.com/watch?v=UsTIeZ03Hk8

      En tout cas un article intéressant qui permet de rebondir ;).

      • Oui je connaissais. Les C-130 hercules et Boeing 707 ont vraiment été les bonnes à tous faire vu le nombre incroyablement varié de leur version et sous-versions aussi farfelues soient certaines. Un petit sujet avec liste exhaustive Arnault ? 🙂

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