Face à la crise russo-ukrainienne sur le détroit de Kertch il était totalement inconcevable que les grandes puissances restent muettes. Et l’OTAN dans ce jeu diplomatique a décidé de mettre tout en œuvre pour en savoir le plus possible sur l’état des forces en question, utilisant de ce fait des moyens aériens américains pour se renseignement au maximum. C’est ainsi qu’au moins deux vols stratégiques ont eu lieu tant aux abords de la Crimée sous occupation russe que du territoire ukrainien. De ce fait un avion-espion et un drone HALE de l’US Air Force ont été engagés.

Quelques heures seulement après le violent arraisonnement des trois navires de la marine ukrainienne par les forces spéciales et les gardes-côtes russes un premier vol de reconnaissance était ordonné depuis le siège de l’OTAN à Bruxelles. Un drone de reconnaissance HALE (pour Haute Altitude Longue Endurance) de type Northrop-Grumman RQ-4D Global Hawk a survolé plusieurs sites militaires majeurs du territoire ukrainien, y compris une des principales bases aériennes du sud du pays.
Sur cette installation sont stationnés des avions qui pourraient permettre à Kiev une riposte armée contre la marine ou l’aviation russe.

Le lendemain, le lundi 26 novembre 2018, un second vol était ordonné, beaucoup plus sensible celui-ci. En effet un avion de reconnaissance stratégique Boeing RC-135V River Joint décollait de Souda Bay AB en Grèce afin de survoler la Crimée occupée (et annexée par la Russie depuis un peu plus de quatre ans) ainsi que la mer Noire. Il a permis ainsi d’identifier les éventuels navires de guerre russes dans la zone. Il s’agissait également d’écouter les communications russes en vue d’établir le niveau exact de l’escalade militaire dans cette crise.
Demeurant dans l’espace aérien international et opérant avec son transpondeur en fonctionnement l’équipage annonçait clairement la couleur : en mission pour le compte de l’OTAN ! À aucun moment d’ailleurs il n’a été inquiété par la chasse russe.

Ce type de mission peut heurter celles et ceux qui croient encore que l’aviation et la marine russes peuvent opérer en toute tranquillité en mer Noire. En fait il est clairement acquis que les puissances de l’OTAN ont besoin de tels renseignements pour que leurs leaders politiques puissent prendre les décisions idoines.
Aujourd’hui encore le Boeing RC-135V River Joint demeure une des meilleurs plateformes aéroportée de renseignement, malgré un âge de plus en plus avancé. Si la cellule vieillit on peut être sûr que l’avionique et les équipements demeurent eux au top ! Il en va aussi de l’image de marque des États-Unis et de l’organisation atlantiste dans le monde.
Bien entendu si l’OTAN a communiqué sur deux missions, on peut être sûr qu’il y en a eu d’autres, et qu’il y en aura d’autres encore dans un avenir certainement très proche.

Photo © Wikimédia commons.

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2 COMMENTAIRES

    • Vous n’ignorez sans doute pas que la Crimée est une démonstration flagrante de l’impérialisme moscovite et donc il n’est pas surprenant de voir l’OTAN s’intéresser aux actions de l’aviation et de la marine russe dans cette région ukrainienne sous occupation militaire.

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