Discrètement presque sans que personne ne semble s’y intéresser cela fait déjà trois mois que le puissant porte-avions américains navigue dans l’immensité océanique. L’USS Abraham Lincoln mène sa patrouille avec à son bord ses 90 avions et hélicoptères servis par un équipage de 5680 marins. Il assure en fait une mission que le Pentagone considère comme de souveraineté même si le bâtiment vogue largement dans les eaux internationales. Et c’est par tous les temps que ses aéronefs prennent les airs et appontent.

L’activité bat son plein sur le pont d’envol de l’USS Abraham Lincoln.

Les femmes et les hommes du bord ont donc passés les fêtes de fin d’année à bord de leur monstre d’acier. Le 25 décembre 2018 autant que le 1er janvier 2019 ils catapultaient leurs avions et hélicoptères dans les eaux agitées de l’Atlantique nord. Et le tout bien loin des zones de guerre du Proche et Moyen-Orient ou encore des tensions territoriales dans le Pacifique, ce qui explique le silence médiatique autour de cette mission. Jamais ce porte-avions ou ses aéronefs n’ont croisé de forces chinoises et quasiment jamais russes.
Du coup même aux États-Unis cette mission de l’USS Abraham Lincoln passe inaperçu !

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a foule sur le pont d’envol de l’USS Abraham Lincoln.

Pourtant quotidiennement les activités sur le pont d’envol s’enchaînent. Les Boeing F/A-18E/F Super Hornet et EA-18G Growler font entendre le vrombissement de leurs réacteurs tandis que les turbopropulseurs des Grumman C-2A Greyhound et E-2D Hawkeye tournent à plein régime. Les hélicoptères Sikorsky MH-60R/S Seahawk eux veillent en permanence à la sécurité à bord, comme en temps de guerre. Sauf qu’en face aucune forme de menace. Qui en même temps serait capable dans l’Atlantique nord de s’opposer à une telle force brute ?
Assurément personne de raisonnable et de réfléchi.

Le Grumman C-2A Greyhound, futur retraité de l’US Navy.

Car de jour comme de nuit l’US Navy s’assure que son porte-avions ne soit jamais seul. Malgré ses bientôt 30 ans de service, il a été accepté au service actif en novembre 1989, l’USS Abraham Lincoln demeure un des plus efficaces bâtiments de la classe Nimitz. Et pour cela il a besoin d’accompagnement… et de protection. Dans le premier cas c’est le rôle de l’USNS Leroy Grumman (oui oui du nom du créateur de Grumman) en charge du ravitaillement à la mer de ce navire, notamment en carburéacteur et en denrées périssables. Dans le second cas c’est l’affaire de plusieurs navires comme le puissamment armé croiseur lance-missiles USS Leyte Gulf mais aussi des destroyers USS Bainbridge et USS Gonzalez. Plus profondément, dans les eaux froides de l’Atlantique, le sous-marin nucléaire d’attaque USS Newport News veille lui aussi.
La frégate espagnole Mendez Nuñez complète cette flottille le temps que les navires américains soient à «proximité» des eaux européennes. Globalement donc l’USS Abraham Lincoln ne risque rien !

La frégate espagnole au plus près du porte-avions américain.

Mais alors pourquoi le Pentagone considère t-il cette mission comme étant de souveraineté ? En premier lieu il est bon de souligner qu’il ne s’agit nullement d’une agression quelconque vis à vis de ses alliés canadiens ou européens mais plutôt d’un message diplomatique fort envoyé à Moscou. Les aviations et marines russes ont en effet tendance depuis quelques années à réaliser des manœuvres navales et des vols aux limites de l’hostilité. Et désormais donc l’Amérique ne compte plus se laisser faire, elle déploie sa marine de guerre.
D’autant qu’en l’absence du Charles de Gaulle, seul porte-avions en service en Europe rappelons-le, habituellement déployés en Méditerranée aucun bâtiment allié de ce type ne vogue en Atlantique nord. La Royal Navy ne possède plus (ou pas encore, c’est au choix) de porte-avions opérationnel. Seule l’US Navy a donc la possibilité d’asseoir la puissance diplomatique et militaire de l’OTAN dans son pré carré.

Boeing EA-18G Growler, l’un des points forts actuellement des porte-avions de l’US Navy.

Loin de ces considérations géopolitiques et géostratégiques le quotidien des marins et pilotes américains se résume à surveiller l’océan et à s’entraîner au tir, tant de surface qu’anti-aérien. Et les hélicoptères embarqués sur les navires d’accompagnement ne sont pas en reste. Eux volent bien souvent au profit du soutien au porte-avions, assurant notamment des missions de liaisons.

Tir d’entraînement d’un missile surface-air RIM-116 depuis l’USS Abraham Lincoln.

L’USS Abraham Lincoln devrait demeurer en Atlantique nord jusqu’à la fin de l’hiver. Alors il regagnera son port-base de Norfolk sur la côte est américaine, et son équipage pourra goûter un repos bien mérité.
Sauf si l’actualité géopolitique en décide alors autrement !

Photos © US Navy.

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9 COMMENTAIRES

    • Les bâtiments espagnols et italiens ne sont pas à proprement parler des porte-avions mais des porte-aéronefs. C’est pour cela qu’ils embarquent des Harrier II et des avions classiques comme le Rafale ou le Super Hornet. 🙂

    • Car les Cavour et Juan Carlos ne sont pas des portes-avions à proprement parler, ce sont des portes-aéronefs, soit des BPC mistral avec 30 mètres en plus et tremplin. D’ailleurs ils n’emportent que 10 Harriers grand max.

  1. c est normal de confondre des porte avions avec des portes helicopteres d assaut qui sont autant equiper d helicopteres que d avion stol a decollage et atterissage verticale car les americains possese les deux comme la france avec les bpc mais nous on a pas de harrier et les porte helicopteres d assaut type LHA ou LHD et les porte avion ont de nouvelle nomination qui les differencie.CATOBAR pour les porte avion et STOBAR pour les BPC ou les LHA. ce qui les differencie c est le fait d avoir une catapulte et des brins d arret ou pas

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