Est-ce un effet de la récente catastrophe aérienne à l’atterrissage ? Désormais un certain désamour semble exister entre les clients de l’aviation commerciale en Russie et l’avion de ligne de nouvelle génération Sukhoi Superjet 100. C’est notamment dans le domaine des affaires que cela se traduit le plus avec quelques grandes entreprises russes qui désormais déconseillent formellement à ses collaborateurs de voler sur ce biréacteur court-moyen-courrier. Pour autant comme souvent en Russie peu osent critiquer ouvertement un avion sur lequel le pouvoir en place a placé tant d’espoirs.

Après de premières annulations de la part de compagnies aériennes russes c’est donc aujourd’hui aux clients de mettre la pression sur Sukhoi et le transport aérien de ce pays. Le premier (et un des rares) à avoir osé publiquement parler en négatif de l’avion est le géant du web Yandex. Cette entreprise qui a développé le principal moteur de recherches en langue russe a clairement déconseillé à ses 2000 employés mais également à de nombreux collaborateurs de voyager à bord de cet avion tant que les conclusions sur l’enquête de l’accident ne seront pas connus.

D’autres entreprises importantes russes mais également de simples agences de voyages tournent désormais le dos à l’avion. Les voyagistes tentent en général, lorsque cela est possible, d’orienter leurs clients sur des vols réalisés par des avions de facture occidentale. Airbus et Boeing sont prioritairement choisis de ce fait par les touristes ou femmes et hommes d’affaires russes.

Plusieurs médias indépendants russes relativisent cependant ce propos en indiquant que le désamour local vis à vis du Sukhoi Superjet 100 existait déjà avant l’incendie mortel. Mais il s’est nettement accentué après, à tel point qu’actuellement les clients hauts de gamme et très hauts de gamme refusent catégoriquement de voler sur cet avion. Beaucoup préfèrent même déserter les lignes intérieures de l’Aeroflot au profit de compagnies d’avions-taxis plutôt que de monter de nouveau à bord de ces biréacteurs de nouvelle génération.

À quelques semaines (jours même…) de l’ouverture du Salon du Bourget c’est une nouvelle épine dans le pied de l’avionneur Sukhoi. Plus que jamais on est en droit de se demander si l’avion s’en relèvera. Une chose est sûr cela pourrait faire les affaires de l’Airbus A220. Enfin à condition que les compagnies russes aient la liberté de l’acheter.

Photo © BBC.

 

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5 COMMENTAIRES

  1. Nous sommes vraiment dans l’aspect psy du transport aérien. Et ce ne sont pas des décisions politiques quelque’elles soient qui changeront les comportements.
    Seule une commission d’enquête reconnue comme indépendante par les clients et qui donnera une version crédible du problème, puis des solutions validés par des spécialiste pourront commencer à inverser la tendance;
    Ça sera long.

    • Quel rapport existe t-il en fait entre un chasseur multirôle américain et un avion de ligne russe ? Car moi je n’en vois aucun. Sans doute saurez-vous m’éclairer monsieur ou madame ?

  2. La rapport c’est que ce sont deux fleurons de l’industrie aéronautique, mais il y a un pays où on peut criquer, à tords où à raison, ouvertement et l’autre on peut critiquer mais en silence.

    Pas de quoi s’énerver sur ce que dit baboulinet, enfin sauf si on est un gros fan du F35.

  3. Ce qui est critiqué ici n’est pas tant l’avion, que le système russe tout entier, vérolé depuis la nuit des temps, et où tout à toujours été enterré, quel que soit l’accident, le drame. Les russes le savent les premiers: Le résultat de l’enquête, si il y en a un, est pipé d’avance.

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