L’information a été révélée ce lundi 27 mai 2019 par la ministre des armée elle-même. En visite chez Airbus Helicopters à Marignane madame Florence Parly a officialisé le baptême de l’Airbus Helicopters H160M dans les rangs des armées française sous le patronyme de Guépard. Par ailleurs (surtout en fait !!!) elle a annoncé que le programme d’acquisition de ces machines sera anticipé à 2021 afin de permettre les premières livraisons en unité d’ici 2026. Cet hélicoptère doit à terme équiper l’Armée de l’Air, l’Armée de Terre, et la Marine Nationale.

La bête, vue de face.

Pour mémoire nous savons depuis maintenant deux ans que le H160M avait remporté le programme HIL, pour Hélicoptère Interarmées Léger. Il devra ainsi pouvoir permettre le remplacement de machines très différentes les unes des autres. Cela va des Aérospatiale SA.342 Gazelle de l’ALAT aux Eurocopter AS-555 Fennec de l’Armée de l’Air, cela même qui assurent les missions MASA. Mais c’est surtout dans la Marine Nationale que le choc va être énorme, le H160M Guépard remplacera rien moins que trois modèles d’hélicoptères différents : Alouette III, Dauphin, et Panther.

Alors pour remplir toutes ces missions si différentes les unes des autres l’Airbus Helicopters H160M Guépard sera assurément une des machines les plus polyvalentes de sa génération. Selon son constructeur il sera également rapide et particulièrement discret. La présentation faite à la ministre des armées laisse entrevoir un hélicoptère ultramoderne : FLIR, contremesures électroniques, et double treuil mécanique. L’armement laisse lui aussi entrevoir des capacités hors du commun avec ses mitrailleuses gundoors stabilisées, mais aussi en option une mitrailleuse en nacelle latérale, ou encore le missile ANL de facture anglo-française.
On sent nettement l’influence du système HForce dans la définition de cet hélicoptère européen.

Initialement donc le H160M devait être commandé par le ministère des armées à Airbus Helicopters entre fin 2022 et début 2023, il le sera dans le courant de l’année 2021. Ainsi les premiers Guépard arriveront en unité en 2026 en lieu et place de 2028. Une manière de répondre à l’obsolescence avérée de machines comme l’Alouette III ou encore la Gazelle, très souvent mis à contribution et qui commencent à très sérieusement accusés le poids des ans. Il faut savoir que le programme HIL est inscrit dans la loi de programmation militaire 2019-2025 adoptée par le Parlement en juin 2018.

Pour Airbus Helicopters cette confirmation de Florence Parly est une excellente nouvelle. Désormais l’hélicoptériste peut proposer son aéronef avec l’estampille « forces françaises ». Un véritable plus quand on sait qu’à terme ce sont donc 169 exemplaires du H160M Guépard qui voleront sous la cocarde tricolore, dont 49 pour la seule Marine Nationale.
Cette machine sera présentée au prochain Salon du Bourget.

Une architecture ancrée dans le 21ème siècle, et pas uniquement en raison de son nouveau Fenestron.

Pour nombre de passionnés d’aviation c’est forcément une très bonne nouvelle, la France n’avait pas investi dans un hélicoptère militaire réellement récent depuis des années. Très honnêtement je trouve que cet Airbus Helicopters H160M Guépard a vraiment de la gueule ! Les designers et ingénieurs ont fait du beau boulot : chapeau bas mesdames et messieurs.

Photos © Airbus Helicopters.

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10 COMMENTAIRES

  1. On sent vraiment le lien de parenté avec les hélicoptères dauphin. A défaut d’avoir un surnom dans le civil, du côté militaire cette tradition se poursuit. A noter que Airbus va prendre à sa charge 10% du surcoût de cette commande en avance soit 10% de 150 m€, soit grossomodo un hélicoptère cadeau. En contrepartie Airbus Hélicoptère bénéficiera de la « pub » faite par l’image armée française pour vendre cette nouvelle machine.

  2. Merci de l’info Dimitri, en effet ce cadeau promotionnel pourrait être une plus-value non négligeable pour grossir le carnet de commandes export à la veille du salon du Bourget, qui justement est tout proche. Hasard du calendrier ? J’en doute 🙂 …

    Sinon, une grande parenté niveau lignes avec la génération Dauphin / Panther, en effet. C’est beau, galbé, racé, et d’une polyvalence annoncée qui promet de belles choses (outre le fait de remplacer plusieurs types de machines dans 2 armes différentes, à l’instar du Rafale). Bref, en ce qui me concerne je me réjouis de le voir arriver sous nos couleurs un peu plus tôt que prévu.

    • Basiquement oui, dans l’Armée de Terre il sera sur le champ de bataille le trait d’union entre l' »hélico d’attaque pure (Tigre) et l’hélico lourd de transport de matériel et personnel (Caïman), tout en remplaçant l’intégralité des hélicos légers de servitude. Il saura donc en théorie tout faire, même si -à mon sens- le côté appui / gunship (H-Force avec pod) est plutôt là pour le côté commercial de la présentation. C’est surtout dans la Marine avec le missile ANL qu’on le verra avec de l’armement externe.

    • Le Guépard n’est absolument pas prévu pour remplacer le Puma, dans ce rôle il y a les Cougar et Caïman. Le Guépard remplacera les hélicoptères cités dans l’article, et c’est déjà pas mal.

      • Je suis d’accord avec vous Arnaud, mais disons pour tempérer que lors de la mise à la retraite des Puma puis Cougar (qui arrivera inéluctablement), le fait que ce Guépard (biturbine mi-lourd) soit bien plus gros et capable en capacité de charge / troupes que les hélicos légers qu’il remplacera, fait qu’il pourrait également suppléer les « lourds » Caïman en tant que transport de personnel -même si cela ne sera pas son rôle premier, nous sommes bien d’accord.
        Un exemple heureux de rationalisation, le premier vrai hélico polyvalent de nos forces armées, en somme.

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