L’information a été discrètement rendue publique au cours de la semaine dernière par le ministère des armées. D’ici quelques semaines les deux drones Schiebel S-100 Camcopter appartenant à la Marine Nationale seront officiellement versés au sein de la Flottille 36F. Pour autant celle-ci ne sera pas exclusivement tournée vers les aéronefs sans pilote puisqu’elle continuera en parallèle à voler de classiques hélicoptères. Cette évolution permettra d’entrevoir le futur des voilures tournantes télé-pilotés dans l’aéronavale française.

Cela fait maintenant huit ans que la Marine Nationale utilise, surtout à des fins d’essais et de validations, le drone S-100 Camcopter. Conçu et réalisé en Autriche par l’industriel Schiebel ce mini-hélicoptère sans pilote n’est pas en service qu’en France. D’autres exemplaires volent également en Australie, en Inde, ou encore en Tunisie. Il est présenté comme la meilleure alternative actuelle au Northrop-Grumman MQ-8B Fire Scout américain.

Cette future section drone s’installera donc logiquement sur la Base d’Aviation Navale de Hyères Le Palyvestre où est déjà stationnée la Flottille 36F. Pour autant cette dernière continuera de voler principalement sur l’hélicoptère de soutien opérationnel Eurocopter AS.565SA Panther, sa monture depuis 1995. La flottille devrait conserver cette dualité entre hélicoptères pilotés et non pilotés durant quelques années, avant la possible transformation voire la renaissance d’une autre spécifiquement dédiée aux drones.

L’ouverture de cette section drone dans une flottille de premier rang permet d’entrevoir de futurs déploiements à bord des trois porte-hélicoptères amphibies de la classe Mistral. Pour autant elle témoigne aussi du retard structurelle autant que politique de notre aéronavale dans le domaine des avions et hélicoptères sans pilote. La Marine Nationale qui a par ailleurs toujours su se mettre aux technologies les plus en pointe semble cette fois un peu à la ramasse. Cette section drone créée huit ans après l’arrivée du premier S-100 Camcopter ressemble finalement plus à un bricolage qu’à une réelle volonté de modernisation.

Bien sûr les marins français sont des gens pragmatiques et ouverts d’esprit. À n’en pas douter les équipages et les mécanos de la Flottille 36F sauront faire une place à leurs collègues qui «piloteront» depuis le plancher des vaches. Il n’en reste pas moins que voir côte à côte le puissant et élégant Panther et ce biscornu Camcopter risque d’en désarçonner plus d’un.

Photo © Marine Nationale.

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7 COMMENTAIRES

  1. En fait, ce qui ne paraît pas très défini, c’est la doctrine d’emploi.
    Tout devrait partir de là. Donc on peut imaginer que si ça avance si lentement, c’est que l’usage des drones embarqués vs les hélicos n’est pas encore clair pour notre marine.

  2. Le VSR700 d »AH est en phase de test (moteur & automatisation). Il est basé sur le Cabri G2.
    Il a déjà fait des tests avec un bateau de la MN. C’est donc normalement pour bientôt.

  3. Retard oui, mais doctrine d’emploi claire. Mutualiser les flottilles d’HLO embarqués avec les drones a du sens.
    Les USA, bien en avance, ont déjà créé les flottilles mixtes : Poséidon et avion patmar P8A d’un coté, voilure tournante avec SEA KNIGHT et FIRE SCOUT aussi. On y gagne en apport opérationnel mutuel, utilisation dans les espaces aériens communs,
    VSR 700 : Attendons de voir si ce potentiel crash programme aboutit…
    S100 CAMPCOPTER : Biscornu ??? pas du tout, 600 exemplaire vendus, plus de 30 marines mondiales équipées.
    Un système mature et performant dans sa catégorie (200 kg). La marine souhaite un drone bi charge, d’où le choix (imposé par la DGA) du VSR 700.

    • Qu’appelez-vous Sea Knight dans le domaine des voilures tournantes, car pour moi ce sont des hélicoptères d’ancienne génération retirés du service depuis quelques années. Pourriez vous m’éclairer ?

  4. Puisque que le site web mer et marine qui montrait les 1ers essais du VSR700 a été retiré, je vous donne une autre page web où on en parle dans la section « partenariat avec Airbus ». Pour la marine nationale il faut passer d’un moteur essence à un moteur diesel et gérer tout l’automatisme (decollage/atterissage sur une plateforme qui remue de façon permanente et désordonnée)
    https://www.challenges.fr/entreprise/aeronautique/guimbal-fait-planer-son-petit-helico_663557

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