C’est une guerre que les Français semblent oublier. Tandis qu’en France c’est l’époque des vacances d’été au Sahel les combats continuent, et ce mercredi 17 juillet 2019 des avions de combat Dassault Aviation Mirage 2000 ont frappé des cibles djihadistes dans la région de Gao. Il s’agissait de répondre à une embuscade montée par un groupe terroriste contre l’armée malienne. Deux munitions de précisions ont été tirées par les chasseurs français avant que des hélicoptères d’attaque ne viennent «terminer le travail».

Lorsque le quartier-général de la force Barkhane est avisé qu’un groupe de l’armée malienne est sérieusement accroché par des forces djihadistes la matinée se termine. Il est alors environ 11 heures 30. Immédiatement il est décidé de dérouter un drone de reconnaissance General Atomics MQ-9 Reaper de sa mission pour l’envoyer aux coordonnés indiquées par les forces alliées. Et moins de deux heures et demi plus tard les premières images arrivent en direct auprès des officiers français. On y voit des assaillants lourdement armés s’en prendre à un convoi humanitaire escorté par les militaires maliens.

Immédiatement l’ordre est donné à l’Armée de l’Air et l’Aviation Légère de l’Armée de Terre de se porter au secours des forces maliennes. Mais le territoire du cercle d’Ansongo où se déroule les combat est assez éloigné des emprises françaises. Le raid aérien sera donc avant tout confié à trois avions de combat : deux Mirage 2000C et un Mirage 2000D. Ces avions emportent tous des bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II. Cette arme très précise est particulièrement adaptée au théâtre d’opération sahélo-saharien avec sa charge de combat de 87 kilos. Un ravitailleur en vol Boeing C-135FR est également déployé à proximité avec pour mission de soutenir ces chasseurs-bombardiers au cas où ils devraient demeurer sur zone plus longtemps que prévu. Au-dessus de ces régions désertiques les jets français sont autorisés à voler en supersonique, l’urgence de la situation le permettant.
En parallèle deux hélicoptères Eurocopter Tigre appartenant à l’ALAT foncent eux-aussi sur zone.

Une fois arrivés sur place les avions français tirent deux GBU-12 qui rase littéralement les caches et les arbres autours desquels se sont réfugiés les terroristes islamistes après avoir  attaqué les militaires maliens. Ils sont alors à une trentaine de kilomètres du point d’accrochage. Sans le savoir c’est un des chefs djihadistes qui a conduit les aviateurs français jusqu’à ce site. Sa moto cross était en permanence sous la surveillance du MQ-9 Reaper.
Il ne restait plus qu’à ouvrir le feu.
Quand aux deux Tigre ils ont terminé la mission au moyen de leurs canons-mitrailleurs de calibre 30mm.

Une fois le silence fait deux hélicoptères d’assaut français, dont au moins un Eurocopter EC725 Caracal, ont déposé des commandos de nos forces spéciales. Ils ont relevé les dépouilles d’une dizaine de combattants ennemis. Mais surtout les soldats français ont découvert un important stocks d’armes, dont certaines assez lourdes, ainsi que des bidons de carburant et plusieurs motos cross.
Après avoir été répertorié et annoté tout ce «butin» a été détruit. Les personnels du COS pouvaient être récupérés par leurs hélicoptères. À 21 heures, moins de dix heures après l’accrochage initial l’opération était terminée.

Cette frappe aérienne est considérée comme d’opportunité par l’état-major de la force Barkhane. Elle n’était absolument pas prévu à l’avance, et démontre toute la polyvalence de nos militaires français engagés dans cette guerre contre le terrorisme islamiste. Pour mémoire les groupes djihadistes présents sur ce territoire aussi vaste que l’Union Européenne appartiennent aussi bien à Al-Qaïda qu’à l’organisation État Islamique.

Photo © Armée de l’Air.

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4 COMMENTAIRES

    • Les groupes djihadistes passent leur temps à rançonner les populations civiles, c’est comme ça qu’ils peuvent se payer leur armement et leurs équipements. C’est de cette manière que Daech avait monté son khalifat d’abord en Irak puis en Syrie. Les groupes terroristes agissent de la même manière au Sahel.

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