C’est autant aujourd’hui un outil de travail qu’un objet de loisirs pour des millions d’Européens. Et comme souvent dans ces cas là des débordements existent, souvent sans trop de conséquences mais parfois aussi très graves. Nous allons vous proposer un florilège de quelques incivilités commises par les propriétaires de drones en Europe et relevés au cours de l’été dans la presse européenne. Certaines sont assez amusantes car elles se sont bien terminés, d’autres le sont beaucoup moins et révèlent une véritable immaturité de la part de ces télé-pilotes du dimanche.

Tout a commencé jeudi 4 juillet 2019 en Grèce quand on jeune homme de 24 ans n’a rien trouvé de plus drôle que de vouloir tester son drone au-dessus d’un petit port de pêche proche de son domicile. Il l’avait acheté sur internet et provenait d’un fabricant chinois totalement inconnu. Et bien sûr ce nouveau télé-pilote ignorait tout de l’art de manœuvrer un tel engin. Après avoir compris comme volait l’aéronef il s’est hasardé à survoler un peu la mer, ayant fixé une caméra type Go-Pro sous son drone. Il voulait faire de belles images. Sauf qu’un vent de travers est tombé sur son engin et l’a rabattu sur… une vedette de la police. Le choc a semble t-il été fort puisque le pare-brise de l’embarcation a volé en éclat tandis que le drone était fracassé. Heureusement plus de peurs que de mal, aucun policier n’avait été blessé. Le jeune homme en a été quitte pour devoir payer la réparation du bateau, son assurance ne couvrant pas ce genre de dégradation. Maladresse ou incivilité ? Sans doute un peu des deux en fait.

Alors forcément l’idée d’adjoindre une telle caméra à un drone donne des idées tantôt cocasses tantôt affligeantes et dégradantes à certains. Dans le premier cas cela eut lieu quelques jours seulement après l’incident en Grèce, cette fois plus au nord : en Belgique.
C’est le lundi 8 juillet 2019 qu’un père de famille, amateur à la fois de drones et de cyclisme eut l’idée de voir passer la troisième étape du 106ème Tour de France qui passait alors près de son village après s’être élancé de la ville de Binche. Sauf que ce que ce télé-pilote amateur semblait ignorer c’est que les drones sont interdits aux abords de l’épreuve sportive, en dehors de ceux des organisateurs et de France Télévision qui possède les droits de retransmissions audiovisuels. À peine avait-il sorti son engin du coffre de sa voiture qu’il a vu arriver trois policiers belges accompagnés de deux gendarmes français pour un petit rappel de la réglementation en vigueur. Il n’avait même pas eu le temps de faire voler son drone.
Finalement ce passionné a regardé passer les cyclistes comme tout le monde autour de lui, en se massant le long de la route.

Fait beaucoup plus grave celui relevé le dimanche 21 juillet en Croatie. Un jeune touriste allemand de 19 ans féru de drones, il en possède quatre, a été surpris alors qu’il se servait de l’un d’eux pour assouvir ses fantasmes sexuels. En fait le post-ado en question était pisté depuis plusieurs jours par la police locale car des plaintes avaient été déposées par plusieurs vacanciers adeptes du naturisme. Un drone survolait tous les après-midi depuis cinq jours la crique où ceux-ci se réunissaient pour profiter des rayons du soleil en pleine quiétude. La zone était réputé pour la pratique du naturisme et dument indiqué par panneau, ce mode de vie étant bien présent en Croatie. Aussi en début d’après-midi les policiers locaux s’étaient disséminés autour de la dite crique et attendaient patiemment de voir le drone apparaitre. Les naturistes avaient été prévenus de l’opération. Et forcément l’engin est apparu et a brusquement chuté dans l’eau. Un des policiers croates avait, sur ordre, abattu l’aéronef avec son arme de service. Balle de pistolet contre quadricoptère, c’est forcément la première qui gagne. Les policiers n’ont pas mis longtemps pour retrouver l’indélicat télé-pilote. En perquisitionnant le logement qu’il louait avec plusieurs de ses amis ils ont mis la main sur une dizaine de courtes vidéos où on voyait des femmes nues survolées. Le voyeur a été condamné à quatre mois de prison ferme et immédiatement écroué. Ses vacances croates dureront plus longtemps que prévu.

C’est en Italie que nous mène le prochain exemple, qui comme dans le cas belge de Binche relève plutôt de l’étourderie que de l’incivilité. Le jeudi 15 août un passionné de drone d’environ 50 ans voulait filmer la procession catholique des fêtes de Marie à l’occasion de l’Assomption dans son village proche de Turin. Il l’avait déjà fait en 2017 et en 2018 et trouvait que le drone avec la caméra Go-Pro donnaient un rendu intéressant. Le type n’avait rien d’un illuminé des drones mais plutôt d’un amateur éclairé. À l’heure pour voir passer les fidèles précédés d’une statue de la vierge Marie le télé-pilote n’avait juste pas remarqué les travaux alors en cours de réalisation sur la commune. Des câbles et des étais en bois sous-tendaient la façade d’un immeuble devant lequel passait la procession. Et lorsque le drone s’est approché il semble qu’un arc électrique se soit produit avec l’un de ces câbles (pourtant non électrifiés) qui a heurté la structure du drone. Lequel est tombé comme une brique, à un mètre cinquante seulement des pèlerins. Là encore plus de peurs que de mal, personne n’avait rien. L’électricité statique avait eu raison de l’engin, ni plus ni moins.

Et pour finir forcément un fait divers chez nous, en France. Il a été relevé ce samedi 24 août sur la commune de Tailly dans le département de la Côte d’Or. Un télé-pilote amateur d’une quarantaine d’année s’amusait à faire voler son drone au-dessus d’un champ quand pour une raison encore mal compris il l’a littéralement perdu. Il savait que son engin était tombé mais ignorait où. Et quelle ne fut pas sa surprise de voir arriver à côté de lui quatre gendarmes dans leur voiture.
Il faut dire qu’ils avaient été avisé quelques minutes plus tôt par leurs collègues du peloton autoroutier de Beaune qu’un drone de loisirs s’était écrasé sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute A6. C’est un automobiliste francilien de retour de vacances dans le sud qui avait avisé téléphoniquement les forces de l’ordre qu’il avait vu voltiger un drone à quelques mètres seulement au-dessus de l’Autoroute du Soleil. L’axe était très chargé en automobiles, s’agissant de la grande transhumance des aoûtiens. Les débris du drone avaient été récupéré par les gendarmes autoroutiers assistés d’un patrouilleur, l’indélicat télé-pilote ayant été conduit à la brigade de gendarmerie locale. On ignore actuellement encore si la présence du drone au-dessus de l’autoroute bondée, formellement interdite, était voulue ou non. L’homme encourt 6 mois de prison ferme et jusqu’à 15000 euros d’amende.

Ces cinq faits divers n’ont pas pour but de jeter la pierre sur les utilisateurs de drones, certains dans notre rédaction le sont eux-même mais plutôt pour relever l’absurdité de comportements totalement infantiles. Voire dans certains cas relevant de la délinquance. Le drone individuel est un formidable outil de travail et de loisirs, ne laissons pas quelques énergumènes jeter le doute sur lui. Et rappelons au maximum que comme pour toute activité aéronautique il y a des règles à respecter.

 

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5 COMMENTAIRES

  1. 5 incidents de se type dans toute l europe ça justifie cet article pourri mais de qui se moque t on ! Il ya plus de gens qui tombe dans leur baignoire que d accident de drone . C’est a cause de ce type de personnes qui ecrivent n importe quoi que l on se retrouve avec zero liberté ! Pauvre nouille on devrait plutôt interdire l écriture à certain

    • Chaud comme la braise, le Nox !! Vous dites interdire l’écriture à certains…et avoir zéro liberté. Va falloir choisir, camarade !! Sinon, il est vrai que les drones, dans les mains de clampins moyens, sont de vrais mini bombes. A titre perso, j’en ai un ( et j’ai aussi le brevet pilote privé  » TT  » ) que je maîtrise. ça ne m’a pas empêché d’avoir un problème avec… Le DJI Spark a perdu sa batterie en vol ( faiblesse de l’attache ) et il s’est transformé en bombardier ! pas de mal ni de casse, il avait atterri sur la neige dans mon jardin….

    • Pour faire simple j’avais le choix entre une vingtaine de faits divers européens mais comme l’accident de Barcarès est toujours l’objet d’investigations j’ai choisi de ne pas l’aborder. J’assume ce choix.

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