Les drones sont désormais partout dans les forces aériennes et aéronavales, la garde côtière des États-Unis n’y faisant pas exception. Focus aujourd’hui sur le Boeing MQ-27 ScanEagle en service depuis maintenant quelques mois au sein de l’US Coast Guard pour des missions de surveillance maritime et d’observation à distance de sécurité. Un outil utilisé actuellement à bord d’une classe de cotre, l’une des plus récente, mais qui doit à terme se généraliser. Et récemment deux de ces avions sans pilote ont même été employés dans le cadre d’une mission au profit des Nations Unies.

Fruit des réflexions nées du programme Deepwater, qui a également donné naissance à l’avion de surveillance et de sauvetage Airbus Defense & Space HC-144A Ocean Sentry, l’usage de drone embarqué n’était pourtant pas une évidence pour les coasties. En effet si ceux-ci sont réputés pour avoir achetés en tous temps les aéronefs les plus adaptés à leurs missions on peut aussi dire qu’ils ont un peu trainer des pieds pour se convertir aux avions sans pilote. Il faut dire que de nombreux experts de l’US Coast Guard ne croyaient pas en ces machines qu’ils pensaient inadaptées à leurs cotres.
Pourtant après bien des atermoiements et quelques hésitations sur le futur ils se sont décidé à acheter le Boeing MQ-27 ScanEagle, un drone d’observation développé par le bureau d’étude InSitu spécialisé dans ce type de machine.

Ce cliché permet de mieux appréhender la taille du Boeing MQ-27 ScanEagle.

Et comme sur les navires de l’US Navy ces avions sans pilote sont lancés depuis une rampe qui les catapulte dans les airs. Après leur mission les MQ-27 ScanEagle sont récupérés par un système de grappin à basse altitude au-dessus de la plage arrière du navire.
Actuellement ce sont le cotres de classe Legend, des navires de nouvelle génération en service depuis 2008 et disposant d’une signature radar réduite, qui mettent en œuvre ces drones. Il faut d’ailleurs savoir qu’au sein de la nomenclature de l’US Coast Guard ils sont autant connus comme MQ-27 ScanEagle, leur désignation officielle aux États-Unis que comme SUAS. Cette initiale signifie Small Unmanned Aircraft System, soit aéronef sans pilote de petite taille en français.

Il y a quelques jours, entre fin août et début octobre 2019, l’USCGC Stratton a embarqué ses deux Boeing MQ-27 ScanEagle et son hélicoptère multi-rôle Eurocopter MH-65D Dolphin à destination de la Mer Jaune. Le cotre américain était bien loin de sa zone de patrouille habituelle, plutôt dans le Pacifique à proximité des côtes californiennes. Il faut dire qu’il opérait pour le compte de l’Organisation des Nations Unies, afin de veiller aux respects de plusieurs résolutions visant la Corée du nord dans cette région maritime. En gros il surveillait la zone pour renseigner New York sur un éventuel nouveau tir de missile balistique nord-coréen. Les agissements de la marine de cette petite dictature marxiste étaient également scrutées.
Et dans ces deux rôles les 22 heures d’autonomie de patrouille du ScanEagle sont une véritable bénédiction, même si cela implique plusieurs rotations de télépilotes à bord. Les images glanées par le drone étaient transmises en temps réel vers le navire puis par satellites vers l’ONU ou le Pentagone. À aucun moment le navire américain n’est entré dans les eaux chinoises ou nord-coréennes, demeurant à chaque fois dans les eaux internationales afin d’éviter tout risque d’incident diplomatique.

Récupération après mission d’un des deux ScanEagle de l’USCGC Stratton.

Difficilement détectable au radar, très silencieux, et capable de voler à près de 20 000 pieds le MQ-27 ScanEagle est un outil de premier choix pour l’USCGC Stratton et les autres bâtiments de la classe Legend. Ce n’est d’ailleurs pas anodin que ce soit ces gros cotres qui aient été choisi comme première embarcation pour les drones. Ils sont en première ligne dans une guerre totale menée par la garde côtière américaine : la lutte anti-stupéfiants. Et là encore les drones peuvent réaliser des merveilles, en pistant les go-fast, ces vedettes hors-bord transportant de la drogue à grande vitesse entre les pays producteurs et les pays «clients» comme les États-Unis.
Mais surtout les SUAS sont dotés d’une série de capteurs leur permettant de repérer les petits sous-marins de construction artisanale utilisés désormais par les cartels pour transporter la cocaïne dans la plus grande discrétion. Ce système de repérage, unique pour un drone de cette taille, a été développé par Boeing à la demande expresse des coasties.
Il est dérivé de celui équipant les Northrop-Grumman MQ-4C Triton de l’US Navy. Les informations à son sujet sont évidemment classées top-secret, on le comprend.

En 2015 l’équipage de l’USCGC Stratton intercepte un submersible léger de transport de cocaïne.

En cette fin d’année 2019 donc l’US Coast Guard a totalement franchi le pas. Elle s’est adaptée aux avions sans pilote. Et visiblement cela a l’air de lui réussir. Pas sûr que les marchands de mort apprécient beaucoup cette conversion…

Photos © US Coast Guard.

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