En ce tout début janvier 2023 le transporteur national polonais a retiré du service le dernier de ses douze Bombardier Dash 8-400. Pour LOT Polish Airlines il s’agit là du top départ d’un plus vaste plan visant à se défausser de l’ensemble de sa flotte régionale et court-courrier. Quarante biréacteurs de construction brésilienne doivent également à terme la quitter, remplacés par des avions plus modernes. Alors qu’il y a encore peu on donnait l’Embraer E2 grandissime favori il semble bien que les choses aient réellement changé depuis quelques semaines.

Les avions qui seront sur le départ entre cette année et le début 2025 sont six Embraer E170, onze E175, huit E190, et quinze E195. Le contrat de remplacement se concentre sur cinquante à soixante avions de nouvelle génération, selon toutes vraisemblance des Embraer E2. Sauf que les relations entre la compagnie aérienne polonaise et l’avionneur brésilien ne sont plus forcément au beau fixe.

Mais surtout LOT Polish Airlines a décidé d’offrir une chance à l’avionneur européen Airbus et à son A220 nord-américain. Une compétition officielle oppose donc cet avion à l’Embraer E2, son principal concurrent sur le marché international, pour un chèque à la clef aux alentours de deux milliards d’euros. Et Airbus pourrait bien jouer un coup de maître s’il réussit à chiper le contrat à son concurrent sud-américain jusque là fort bien implanté en Pologne. Surtout l’A220 pourrait jouer le rôle de cheval de Troie dans une compagnie aérienne évoluant exclusivement sur biréacteurs Boeing pour ses vols moyens et longs courriers. Les successives difficultés des 737 Max puis des Dreamliner 787 ont grandement entravé le développement économique de LOT Polish Airlines et un A220 très efficace pourrait entraîner le début de la fin pour Boeing chez ce transporteur.

Surtout une victoire de l’Airbus A220 sur l’Embraer E2 auprès de LOT Polish Airlines ressemblerait fortement à un bis repetita. Il y a quelques jours en effet Croatia Airlines a également préféré l’avion euro-canadien à son concurrent brésilien.
Affaire à suivre.

Photo © Wikimédia Commons.

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