À une époque où l’on parle de plus en plus de circuits courts et de consommation raisonnée ce type de pont aérien peut surprendre, voire choquer. Chaque année au cours de la troisième semaine de novembre des avions-cargos sont spécialement affrétés des quatre coins du globe afin de venir charger depuis l’aéroport de Lyon des caisses de Beaujolais Nouveau. La raison est simple : que l’on soit à Los Angeles, Tokyo, ou encore Valparaiso chacun veut pouvoir goûter ce vin jeune au même moment qu’à Paris. Des tonnes de carburéacteurs sont brûlées pour transporter une boisson de saison.

Les deux principales destinations de cette activité aérienne pas comme les autres sont depuis la fin des années 1970 les deux mêmes pays : les États-Unis et le Japon. Ce dernier est même le premier importateur mondial de Beaujolais Nouveau avec un peu plus de 18% du volume global exporté, suivi donc par l’Amérique qui représente 15%. Et les récentes taxes voulues par Donald Trump à hauteur de 25% sur le vin français n’y ont rien fait, les avions-cargos immatriculés aux États-Unis ont toujours autant décollé des aéroports lyonnais. Les Américains continuent d’acheter et de boire ce vin jeune, à peine arrivé à maturité.

Mais l’exemple le plus frappant c’est Nippon Cargo Airlines. La compagnie aérienne spécialisée japonaise aligne pour l’occasion trois Boeing 747-8F, alors même qu’en temps normale elle ne dessert nullement la France. Mais le Beaujolais Nouveau, ou plutôt la passion des Japonais pour lui, est à ce prix là ! Les transporteurs aériens américains FedEx et UPS en font de même, avec respectivement des Boeing 777F et des McDonnell-Douglas MD-11F pour le premier, et des Boeing 747-8F pour le second. Les quelques jours qui précèdent le fameux troisième jeudi de novembre sont synonymes d’accroissement du trafic aérien de fret en France.
Et tout ça est au prix de ces bouteilles de vin de 75 centilitres, d’un goût parfois assez douteux. Mais bon la mode du Beaujolais Nouveau ne se dément pas, les volumes de ventes en attestent.

Avion-cargo Boeing 747-8F aux couleurs du transporteur américain UPS.

Alors en France, mais aussi dans les pays importateurs, des voix commencent à s’élever autour de ce merchandising assez peu écoresponsable. À l’heure où le transport aérien est si souvent montré du doigt pour son supposé manque de respect de l’environnement et sa pollution pour le coup avéré on peut se demander s’il est encore bien utile de faire autant de transport aérien pour ce qui finalement n’est qu’un vin de table ou au pis un apéritif saisonnier.

Nous vous rappelons que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer donc avec modération.

Photos © Wikimédia Commons.

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10 COMMENTAIRES

  1. Genial, on exporte, on continue a apprecier les produits francais, meme surtaxés. Va t’on permettre aux ayatollahs verts de saccager ce marche, et de mettre en jachere des centaines d’hectares de vignes sans parler des viticulteurs ?
    Aujourdhui plus de la moitie des fleurs qui arrivent tous les matins des Pays Bas le font par la route …. avons nous vraiment gagne au niveau empreinte carbone ?

    • C’est top votre commentaire, rien ou quasiment rien sur l’aéronautique. Par contre chacun(e) ici aura bien compris la haine que vous avez vis à vis des militant(e)s écologistes. Premier et dernier avertissement : pas de trollage politique.

  2. Quelle chance d’habiter à proximité pour voir ces « monstres »…
    Des 747F, 777F, AN124, etc…
    Rares mais impressionnants, et quel bruit!!
    (Quand ont est passionné par ce genre de melodie;)
    Quelques Rafale et M2000 de temps a autres mais ont est bien vers Lyon!

    • Alors très honnêtement l’Antonov An-124 surprend à ce niveau là. Il est beaucoup moins bruyant qu’on ne pourrait l’attendre, rien à voir avec l’Ilyushin Il-76 qui lui est contemporain.

    • A St-Exupéry on a surtout le droit à 95% aux ennuyeux A320, 737 et CRJ. Un A330 de Air Transat et Air Canada de temps en temps comme le 767. Mais le plus gros reste le 777 d’Emirates et son vol quotidien. Un jour j’étais en terrasse chez un ami habitant à proximité (~1,5km), on s’entendait à peine parler quand il a mis plein gaz à ses deux GE-90 ! J’ai adoré.

  3. Le pire que j’ai testé c’est un 727, l’ancien jet privé d’Andre Agassi, décollant de Lyon-Bron. Même fenêtres fermés et avec le son de la télévision on l’entendait quand même.

    • Je ne savais pas a qui était ce 727… merci;)
      (Qu’il est beau!!!)

      Oui 95% du temps ce sont des courts/moyens courriers mais quand Paris ou Genève sont en difficultés, ce n’est pas rare de voir des A340/B747 et autres.
      Il y a régulièrement des C-17 us et qatar, des avions plus exotiques tel que les Hawk des reds arrows, un V-22.

      Mes seuls regrets sont Concorde etA380
      (Concorde qui aurait magnifié cet aéroport, surtout a la place du Tristar)

      Ça reste quand même une très belle plateforme!

      • Oui mais ce 727 est en fin de vie. Mis en service en 1967 chez la Pan Am. En 2016 il était à vendre 700 000 $ car plus aux normes. Sa remise aux normes coûterait dans les 500 000 $. D’ailleurs ce jour là, j’ai suivi son vol sur FlightRadar24, il a fait Lyon-Genêve, un vol de 100km ou 15 minutes… Sinon à Lyon-Bron il y a aussi les 737 d’affaire de ABS jets qui se posent parfois.

  4. Il vaux mieux voir des avions transporter des bouteilles de vin que des bombes ! N’oublions pas que la race humaine s’est servi du commerce, depuis la nuit des temps, pour faire communiquer les différents groupes qui la composent; Alors il s’agit plutôt d’un problème de carburant dont l’amélioration ou son remplacement par une autre énergie s’impose.Et que l’aviation serve encore longtemps à relier les hommes,comme le souhaitait Antoine de Saint Exupéry!

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