Les parlementaires irlandais ont finalement jeter l’éponge. Après un peu plus de trois ans de débats et de consultations ils ont décidé de ne pas acheter d’avion de combat pour l’Irish Air Corps. Les raisons de cette décision sont multiples, liées à la fois aux contraintes budgétaires autant qu’à l’incertitude sur l’avenir de la frontière terrestre avec le Royaume-Uni. En contrepartie les sept actuels Pilatus PC-9M seront modernisés dans quelques mois.

Le choix entre un avion de facture européenne et un de facture américaine n’était pas le plus difficile. Les députés du Dáil Éireann avaient semble t-il réussi à convaincre leurs collègues sénateurs du Seanad Éireann de s’orienter vers une solution européenne. Sans jamais dévoiler s’il s’agissait d’avions neufs ou de seconde main. Pour autant les contraintes budgétaires imposées par Bruxelles excluent actuellement toute augmentation importante des budgets de défense. Ce qui risquait déjà de compliquer le dossier.
Mais surtout il semble bien que ce soit les consultations d’experts qui aient dévoilé les difficultés à mettre en œuvre cette réforme de l’Irish Air Corps. Pour de nombreux Irlandais la chose militaire est très éloignée des préoccupations du quotidien, ce pays cultivant un pacifisme teinté d’antimilitarisme très prononcé.

Surtout les militaires irlandais ont souligné que l’avenir de leurs missions tourne bien plus autour de la surveillance et de l’observation que du combat aérien. Pour la pure défense aérienne des accords de défense existent avec la France et la Royaume-Uni.
Et aujourd’hui c’est autour de la frontière terrestre avec l’Irlande du Nord, territoire britannique, que se cristallisent les questions et les doutes. Beaucoup d’Irlandais ne savent pas ce qui va changer après la sortie de leur voisin de l’Union Européenne. Indubitablement le tristement célèbre Brexit impacte totalement la défense irlandaise.
L’arrivée des deux premiers Pilatus PC-12NG de reconnaissance a d’ailleurs changé la donne, puisque les Reims FR172H ont récemment été retiré du service après quarante-sept ans de service.

Au final donc les pilotes irlandais continueront de voler sur leurs actuels Pilatus PC-9M de facture suisse, des avions adaptés aux missions d’appui aérien tactique. Mais ils ne possèderont donc toujours pas de jets armés. Le seul avion à réaction en service en Irlande est un biréacteur de transport léger Bombardier Learjet 45, le seul aéronef qui ne soit pas de facture européenne en service aujourd’hui dans les rangs de l’Irish Air Corps.
Les Supermarine Seafire LF Mk-III retirés du service en 1955 demeureront donc encore pour quelques années les derniers chasseurs à avoir volé sous cocarde irlandaise.

Photo © Irish Air Corps.

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3 COMMENTAIRES

  1. Voici un excellent exposé sur la défense de l’Irlande et le point de vue que « de nombreux Irlandais la chose militaire est très éloignée des préoccupations du quotidien, ce pays cultivant un pacifisme » Cette perception me semble partagée par les islandais et par une majorité de canadiens. Nous venons de réélire, le 21 octobre 2019, Justin Trudeau Premier ministre du Canada mais à la tête d’un gouvernement minoritaire, Et encore une fois peu de débats concernant la politique étrangère canadienne et encore moins sur les aspects de notre défense..Je comprends les préoccupations plus terre à terre de mes compatriotes. mais à titre de payeurs de taxes fédérales nous devons veiller que celles-ci soient également bien dépensées pour notre défense.

  2. Dommage, du Gripen, FA-50 Golden Eagle ou même du M-346 aurait été intéressant comme alternative peut cher pour un aviation de chasse neuve. Après rien ne les empêche de prendre de l’occasion, type F-16 de seconde main, voir du Kfir comme les colombiens. Des Kfir très potable d’ailleurs avec du python 4 et du Derby, gbu etc..

    • Sauf que comme écrit dans l’article l’Irlande privilégiait une solution européenne. Les F-16, FA-50, et autres Kfir d’occasions n’avaient donc aucune chance.

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