Exporter un avion de combat c’est bien souvent s’assurer que l’on va réduire les coûts de production, ça la Russie l’a bien compris. Et la preuve avec son chasseur furtif que désormais elle n’hésite plus à proposer à l’export. Même si à priori la Chine n’est pas concernée par cette opération commerciale des nations bien plus mineures comme l’Algérie ou l’Égypte pourraient se laisser séduire. À condition bien sûr que leurs finances suivent, l’avion est actuellement annoncé entre 45 et 50 millions de dollars US la pièce.

On a vraiment l’impression que Moscou tente de placer son Sukhoi Su-57E Felon exactement comme Washington le fait avec le Lockheed-Martin F-35 Lightning II. C’est à dire dans son cas en jouant avant tout sur la sphère d’influence héritée de l’ère soviétique…
Reste à savoir si cela va marcher.

Car si indubitablement le Sukhoi Su-57 est une réponse ambitieuse à la tentative d’hégémonie tout reste à démontrer par l’avion russe. D’un côté on a une propagande d’état qui le présente comme l’avion de combat le plus évolué jamais mis au point dans l’histoire et de l’autre on a des médias spécialisés (comme nous) qui préfèrent attendre de le voir en action avant de se prononcer. Et ce n’est pas avec le pseudo déploiement syrien qu’on va réussir à se faire une idée claire sur l’avion. En fait le Su-57 risque d’avoir encore plus de mal à démontrer ses capacités que son homologue américain car pour l’instant il ne vole pas réellement de manière opérationnelle. Cela ne devrait pas intervenir en Russie avant plusieurs années.

Alors bien sûr Vladimir Poutine fait désormais les yeux doux à son (nouvel) allié Recep Erdogan, mais la Turquie n’est pas le seul pays qui pourrait bientôt investir dans le dernier né des avions de Sukhoi. Car désormais à Moscou on ne cache plus son intention de vendre l’avion furtif dans sa sphère d’influence. Les quatre pays dont le nom reviennent le plus sont l’Algérie, l’Égypte, le Kazakhstan, et le Venezuela. Si pour les trois premiers il ne devrait pas y avoir de gros soucis diplomatiques c’est une autre affaire pour le pays sud-américain. Le Venezuela est encore aujourd’hui dans le collimateur des Américains pour ses restrictions liées aux libertés individuelles.
Reste à savoir si l’Algérie, l’Égypte, et le Kazakhstan auront (malgré les richesses de leurs sous-sols respectifs) les finances assez solides pour investir dans ce type d’avions. En Algérie par exemple les Su-57 permettraient de remplacer les actuels Mikoyan-Gurevitch MiG-25 hors d’âge.

Les années 2020-2021 seront donc essentielles pour Sukhoi dans son intention de vendre à l’étranger son chasseur furtif. Au final sera t-il un succès aussi considérable à l’export que son concurrent américain ? Seul l’avenir nous le dira.

Photo © ministère russe de la défense.

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5 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud, merci pour vos articles ça fait vraiment plaisir de lire des infos de qualités sur l’actu de l’aviation militaire, je voulais vous demander par ailleurs si vous (ou quelqu’un d’autre qui lit ce commentaire) connaissiez des meetings en France dans le sud où l’on puisse observe des avions de chasse étrangers ? bon pour les mig et sukhoi j’imagine que c’est raté

    • Notre rédacteur en chef et webmaster Gaëtan publie chaque année entre les mois de février et de mars une liste des meetings aériens français et européens pour la saison à venir. Malheureusement je pense que là la saison 2019 est terminée, vous devrez attendre l’année prochaine. Donc surveillez bien nos publications vers la fin de l’hiver vous aurez sans doute les réponses à vos questions.
      Dans certains de ces meetings du sud de la France vous pouvez apercevoir des avions militaires étrangers, notamment de pays européens de l’arc méditerranéen.

  2. Bonjour,

    Etes-vous sûr du prix annoncé? C’est quasi le prix d’un F-15 E conçu il a une trentaine d’années…La Russie n’a-t-elle pas besoin de faire rentrer des devises plutôt que de subventionner des ventes à pertes, fusse pour des raisons politiques?
    si quelqu’un a des infos, merci d’avance.

    • C’est le prix export annoncé par le ministère russe de la défense en rouble et actualisé en dollars US. J’aurai pu l’actualiser en euros c’est vrai mais nos lecteurs canadiens n’auraient pas été aidés. Mais j’avoue que moi aussi je l’ai trouvé assez bas donc subventionné.

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