C’est une décision qui pourrait bien accélérer la mise à la retraite du petit hélicoptère d’origine française. Ce lundi 3 février 2020 en fin d’après-midi l’état-major de l’armée indienne a décidé d’interdire de vols les vingt-deux HAL Cheetah encore en sa possession. Cette décision fait suite à l’écrasement d’un appareil similaire survenu quelques heures auparavant dans le nord du pays. Fort heureusement l’accident n’a pas fait de victime.

En Inde le HAL Cheetah jouit d’une réputation hors du commun. Cet hélicoptère léger est en fait la version produite sous licence locale du célèbre Aérospatiale SA.315B Lama français. Là-bas il est considéré comme le meilleur appareil pour les missions en haute montagne, ce qui explique que malgré son retrait du service de l’Indian Air Force il le soit toujours dans l’Indian Army. Il faut dire qu’opérer dans les altitudes démentielles de la chaine de l’Himalaya ne lui a jamais fait peur, il a été conçu en ce sens.

Il aura donc fallu un accident pour interdire de vol cette petite flotte d’une vingtaine de machines. Le crash est survenu dans le très montagneux district d’Udhampur, dans l’état du Jammu-et-Cachemire où se cristallisent les risques permanents de conflit avec le Pakistan.
L’hélicoptère codé ZI930 réalisait un vol de reconnaissance et d’observation quand son pilote a annoncé par radio une perte totale de puissance sur la turbine Turboméca Artouste IIIB. Il a immédiatement tenté de se poser en urgence, se servant de l’auto-rotation. Son Cheetah a lourdement percuté le sol mais par miracle les deux membres d’équipage, le pilote et son observateur, sont sains et saufs. Ils ne souffrent que de légères contusions.

À peine les équipes de secours sur place l’état-major indien décidait de clouer temporairement au sol tous les Cheetah. Ce sont les vingt-deux machines qui sont concernés ainsi que les douze Lancer d’appui aérien rapproché et de lutte anti-terroriste. Leurs turbines doivent être inspectés ainsi que la transmission, le tour étant réalisé par des experts du ministère indien de la défense et par des personnels de chez HAL.

Il est à noter que les actuelles quatre HAL Chetaal ne sont eux pas concernés par ces interdictions de vol. Ces derniers sont en fait des Cheetah remotorisés à l’aide d’une turbine Safran TM333-2M2 dérivée de celle conçue pour l’hélicoptère indien HAL Dhruv.
Le HAL Chetak rénové est doté de cette même turbine.

L’hélicoptère Cheetah après son écrasement.

Une interdiction de vol trop longue des Cheetah et des Lancer mettrait en péril la défense indienne. Ces hélicoptères sont omniprésents le long de la ligne de contrôle indo-pakistanaise. Et leur remplacement bien qu’actée par la commande de Kamov Ka-226T auprès de la Russie ne devrait pas intervenir avant au plus tôt un an et demi. Les Lancer quant à eux doivent pouvoir tenir au moins jusqu’en 2024 et l’entrée en service du futur hélicoptère de combat et de reconnaissance armée LCH.
Il est d’ailleurs prévu que dix à douze Chetaah soient transformés en Chetaal après la livraison des Ka-226T afin de rester en service comme hélicoptères de sauvetages en haute montagne.

Photos © Indian Army.

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