Voilà qui risque quelque peu de rafraichir les relations entre Ankara et Moscou. En marge de sa visite d’état à Kiev le président Recep Tayyip Erdogan a tenu à rappeler que son pays restait attaché au développement de l’avion de transport militaire Antonov An-188 dont il escomptait commander plusieurs exemplaires. Une bien mauvaise nouvelle pour Ilyushin et son best-seller Il-76 que la Russie espérait placer en Turquie. Une telle commande turque pourrait lancer à l’export cet avion dont le premier vol est attendu aux alentours de mi-2022.

En fait cet Antonov An 188 n’est pas à proprement parler un avion totalement nouveau. Il s’agit en fait d’une version quadriréacteur de l’avion-cargo à turbopropulseurs An-70. Sauf que le marché international est actuellement tenu par Airbus DS et Lockheed-Martin aux travers de leurs A400M Atlas et C-130J Super Hercules. Et du coup l’Antonov An 70 ne se vend pas. Pour remédier à cela l’Ukraine a eu l’idée de doter l’avion de quatre turboréacteurs.
Et là l’idée est bonne car en face il n’y a que l’Ilyushin Il-76 russe hérité de l’ère soviétique et le Xian Y-20 chinois qui peine lui aussi à se faire une place. Le Boeing C-17A Globemaster III américain ne peut pas lui faire d’ombre, sa production étant arrêtée depuis quatre ans et demi.

La Turquie souffle donc le chaud et le froid entre Moscou et Kiev actuellement, cherchant sans doute à obtenir une forme d’indépendance vis à vis des Américains et Européens. On peut cependant se demander combien d’Antonov An-188 sa force aérienne pourrait acquérir, sachant qu’elle possède déjà une dizaine d’A400M Atlas. Le quadriréacteur ukrainien semble surdimensionné pour permettre le remplacement des antédiluviens Lockheed C-130B/E Hercules turcs. Quinze de ces avions sont aujourd’hui encore en dotation et aucun C-130J/J-30 n’a pour l’instant été commandé par Ankara.

Antonov de son côté vient d’annoncer à l’occasion du salon Aviasvit XXI qui se tient à Kiev que le nouvel avion pourrait réaliser son premier vol durant le courant de l’été 2022. S’il sera normalement propulsé par quatre réacteurs Ivchenko-Progress D-436-148FM le constructeur annonce qu’une version «occidentalisée» verra bien le jour autour de réacteurs franco-américains CFM International Leap. Une manière comme une autre pour le célèbre constructeur de vouloir placer son avion auprès de pays membres de l’OTAN.
Une version civile est également à l’étude.

Photo © Antonov.

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