La crise économique qui fait suite à la crise sanitaire mondiale met en péril Air France et sa jumelle néerlandaise KLM. Au point qu’il est désormais clairement annoncé par le gouvernement français une nationalisation temporaire, le temps de sortir de cette zone de turbulences. C’est la somme colossale de 10 milliards d’euros qu’il faut trouver au plus vite pour sauver ce groupe aéronautique. Il en va aussi en partie de la survie d’Airbus et de Boeing.

Avant toute chose il est important de rectifier une erreur souvent commise dans les médias : l’État français n’est nullement actionnaire d’Air France tout comme l’État néerlandais ne l’est pas concernant KLM. Ils sont tous deux actionnaires du groupe Air France – KLM. La nuance est très importante. Leurs parts sont respectivement de 14.13% et 14.02%, ce qui fait en outre de la France l’actionnaire majoritaire de ce groupe.
Et réduire Air France – KLM à ces deux seuls compagnies serait là aussi erroné. Certes elles sont les porte-étendards mais elles ne sont pas seules. Elles comptent également deux branches dédiées aux vols intérieurs et intra-européens : Air France Hop et KLM-Cityhopper. Il faut également ajouter la compagnie charter Martinair et le transporteur à bas coût Transavia. Et là vous avez réellement Air France – KLM.

Bien entendu Paris ne sera pas seule à mettre la main à la poche. Amsterdam le fera aussi. Mais chacun à son échelle. Il est évident que les puissances économiques françaises et néerlandaises ne sont pas comparables. Seulement voilà il faut dix milliards d’euros répartis à 80% pour Air France et Hop, et 20% pour KLM et le trio Cityhopper-Martinair-Transavia.
Et là encore tous les fonds ne seront pas fournis par les deux états.

À Bercy Bruno Le Maire, le ministre français des finances, cherche à impliquer les banques dans cette démarche de sauvegarde du groupe Air France – KLM. Selon plusieurs médias français environ les trois quarts du montage financier serait réglés entre Paris et Amsterdam, et il est vraisemblable qu’une issue sera trouvée au début de la semaine prochaine.
Le gouvernement français s’appuie notamment sur l’enveloppe de 20 milliards d’euros promise par le projet de loi de finances rectificative annoncé il y a 48 heures.

Les quelques jours à venir vont donc être décisifs. Il faut sauver Air France – KLM à la fois au niveau de l’emploi mais également de ses fournisseurs. Le groupe est en effet un des principaux clients d’Airbus et de Boeing. Une mise en péril des deux principales compagnies serait dangereuse pour les deux avionneurs. À titre d’exemple Air France a récemment passée commande pour soixante A220 fabriqués en Amérique du nord et qui doivent notamment permettre de remplacer les A318 et les plus anciens des A319. Une faillite d’Air France aurait forcément des répercussions chez le constructeur européen.
Affaire donc à suivre.

Photo © Olivier Cabaret.

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7 COMMENTAIRES

  1. Depuis quelques semaines on entend l’état français sortir le chéquier pour a peu près tout, des familles modestes aux grands groupes industriels en passant par les très nombreuses PME à coups de milliards. Qu’est-ce qu’on va payer comme impôts ces prochaines années !…

    • 🙂 Je me suis dit exactement la même chose. Et comme d’habitude certains vont en payer proportionnellement beaucoup moins ou plus que les autres … enfin ça c’est un autre débat.

      L’important c’est quand même de garder ces groupes et les emplois qui vont avec.

  2. Je m’interroge sur un point : Ces groupes / compagnies aériennes sont touchées par la très forte baisse du trafic aérien et donc de leurs revenues (comme pas mal de sociétés à vrais dire). Et comme toutes ces sociétés, les salaires et d’autres choses doivent être payés. Sur cela ok.
    Mais qu’en est il des avions ? En effet ils ne fonctionnent pas donc théoriquement ils ont besoins de beaucoup moins d’entretien non ?

    Il me semble me souvenir que un avion cloué coûte aussi très cher, mais je ne me souviens plus trop pourquoi ?! C’est seulement lié aux taxes d’aéroport ?

    • Un avion qui ne vole pas ne rapporte pas d’argent. Donc pas de bénéfices ou de rentrée d’argent pour la compagnie à chaque vol de ses avions. L’avion qui est acheté à crédit par les compagnies s’il ne vole pas, ne se rembourse pas lui même alors que les mensualités tombent encore.

    • @Gannon un avion cloué au sol coûte en effet très cher et ne rapporte rien m^me si on continue à la payer comme l’a écrit Dimitri.
      De plus Il vieillit même plus vite qu’en vol ce qui peut paraître paradoxal. Par exemple les joints s’ils ne sont pas lubrifiés régulièrement par la simple activation des systèmes hydrauliques se rétractent. Donc au bout de quelques temps de stockage quand l’avion sera remis en service, il fuira de partout. C’est pourquoi des techniciens doivent effectuer quasi quotidiennement la check list pré décollage avec test des volets, spoilers, etc… Et quand on voit aujourd’hui le nombre d’avions au sol, il y a du boulot !

    • « L’avion qui est acheté à crédit par les compagnies » : Je ne pensais pas que les avions étaient achetés à crédit par les compagnies.

      « Par exemple les joints s’ils ne sont pas lubrifiés régulièrement par la simple activation des systèmes hydrauliques se rétractent. » : Exacte, je n’avais pas pensé à ça. Les avions sont conçus pour voler, donc leurs pièces usent plus vites quand elles ne fonctionnent pas.

      Merci pour vos réponses.

  3. Il serait peut être l’occasion de faire du ménage chez Air France dans les frais des personnels volant et leur statut d’un autre âges,…

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