Plus les confinements de populations prennent fin et plus le risque d’une deuxième vague épidémiologique est crainte par les personnels de santé. Sauf que ces considérations ne semblent pas vraiment impacté l’IATA, la puissante International Air Transport Association. En effet elle vient d’édicter plusieurs règles de sécurité sanitaire mais sans y intégrer la distanciation sociale qu’elle considère comme contraire aux logiques économiques. Finalement le monde d’avant tente encore une fois de s’imposer sur le monde d’après.

En fait l’IATA accepte quelques-unes des mesures de barrières sanitaires comme le port d’un masque pour les passagers et les personnels navigants commerciaux, un nettoyage des cabines passagers plus fréquent et approfondi, ou encore la limitation des accès aux sanitaires aux vols longs-courriers. Pour autant selon l’IATA la distanciation sociale ne devra pas être adapté aux avions de ligne. Le transport aérien commercial deviendrait donc une sorte de zone de non-droit sanitaire.

Les citoyens lambdas sont tenus de respecter un ou deux mètres d’écarts lorsqu’ils sont dans la rue ou dans les lieux publics mais dès lors qu’ils deviendront des passagers d’avions de ligne cette règle ne s’appliquera plus. Il y a comme un grave non-sens de santé publique. Et l’IATA justifie une fois encore cela par la finance. En même temps qu’attendre d’autre d’elle qu’elle nous parle d’argent. L’IATA s’est construite sur l’économie mondialisée bien plus que sur la sécurité des passagers ou des personnels. Et une fois encore elle le prouve.

Selon ses dires la règle de distanciation sociale qui obligerait à condamner une rangée entière de siège dans la profondeur reviendrait à ne remplir les avions qu’à une moyenne de 62%. Or elle explique qu’en dessous de 77% elle estime un vol comme non rentable.
À aucun moment l’IATA n’a songé à lancer des négociations exceptionnelles afin de réduire par exemple les taxes aéroportuaires, le prix des carburants, ou encore les services à bord. Car cela permettrait d’augmenter la rentabilité d’un avion. Non au lieu de ça l’International Air Transport Association préfère menacer d’une augmentation des prix du billet d’avion. Une hausse de 43 à 52% du billet serait alors envisageable selon elle.

Malgré les libertés qu’elle se donne parfois la puissante IATA n’a rien d’un organisme officiel. Ce n’est qu’une association regroupant environ 300 compagnies aériennes et réalisant un fort travail de lobbying auprès des institutions officielles nationales et internationales.

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