Indubitablement la crise sanitaire va avoir mis en lumière un peu partout en Europe, et sans doute dans le monde, les liens qui existent entre les mondes de la défense et de la santé. En Autriche comme ailleurs les militaires ont été largement mis à contribution pour lutter contre la pandémie, et ce fut notamment le cas de l’Österreichische Luftstreitkräfte. La force aérienne autrichienne a su s’adapter aux besoins à l’aide de ses moyens de transport. Désormais elle compte les développer pour pouvoir peser à l’avenir au niveau européen.

Alors certes l’Österreichische Luftstreitkräfte n’est pas l’Armée de l’Air, la Luftwaffe, ou encore la Royal Air Force. Ce qui signifie qu’elle n’a pas une tradition d’interventionnisme à titre sanitaire et/ou humanitaire. C’est même une force aérienne jusque là plutôt réputée pour rester «dans son coin» et ne s’occuper que de ses affaires intérieures. Ça pourrait bien changer si on en croit les récentes révélations de la presse locale.

À une petite envergure bien sûr l’Autriche compte disposer de moyens aériens de prise en charges des patients atteints de virus et ou de bactéries. Et c’est là un retour d’expérience de l’épidémie de coronavirus Covid19. De ce fait au moins trois aéronefs, deux hélicoptères d’assaut et un avion-cargo devraient être adaptés à une rapide transformation en cas de besoin. Il s’agit de Sikorsky S-70A Blackhawk et d’un Lockheed C-130K Hercules.

Le Lockheed C-130K Hercules est le plus gros avion militaire en service en Autriche en 2020.

Durant les jours les plus durs de la crise sanitaires les premiers pouvaient assurer l’évacuation de deux patients médicalisés ou d’un seul en cas d’oxygénothérapie et de soins intensifs. Le second avait été adapté, avec l’aide de conseillers allemands et italiens, au transport de trois patients en réanimation ou quatre conscients.
La relative petite taille de l’Autriche fait que cet avion était en fait utile pour des évacuations de ressortissants autrichiens malades à l’étranger ou bien pour la prise en charge de patients de pays voisins.

Si l’Österreichische Luftstreitkräfte a surtout œuvré dans l’urgence de la situation elle réfléchit donc désormais à des moyens plus pérennes. Son Hercules et ses deux Blackhawk dévolus à cette mission pourraient donc intervenir à l’avenir seuls ou ensembles, et aussi bien pour les besoins stricto-sensu autrichiens ou plus largement au niveau de l’Union Européenne. C’est pourquoi les médecins militaires autrichiens vont développer des partenariats avec leurs collègues européens afin de gagner en expérience.

À bord d’un Hercules autrichien on est encore loin du standard Morphée d’un A330MRTT Phénix français.

Cet exemple autrichien n’est qu’un parmi tant d’autres. Il semble que désormais la majorité des pays européens réfléchissent à une plus grande mutualisation des moyens militaires dans le cadre de la lutte contre d’éventuelles nouvelles pandémies.
Si l’avion est dans un premier temps sans aucune doute possible un vecteur de propagation des maladies il peut aussi rapidement se révéler être un précieux outil de guerre contre celles-ci.

Photos © Bundesheer.

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