Bien que la signature du contrat remonte à un an et que celle-ci était devenue un secret de Polichinelle, aucune officialisation n’avait été réalisée. Et enfin ce jeudi 21 mai 2020 le gouvernement égyptien et l’hélicoptériste italien Leonardo ont annoncé conjointement cette commande d’hélicoptères militaires pour une valeur de 871 millions d’euros. Elle concerne un total de trente-deux biturbines AW.149 et AW.189, pour la marine et la force aérienne égyptiennes. Ces deux modèles étaient en compétition face à des challengers américains, européens, et russes.

Tout avait commencé avec la marine égyptienne qui dans le courant de l’année 2018 avait annoncé son intention de se séparer de ses huit vieux monoturbines Aérospatiale SA.342 Gazelle. Dans le même temps elle avait déclaré vouloir se doter d’un hélicoptère de transport d’assaut permettant l’infiltration et l’exfiltration de commandos.
Le futur hélicoptère devait être à même de remplir les deux fonction tout en indiquant qu’elle ne souhaitait pas d’un hélicoptère trop volumineux. En faisant cela la marine égyptienne fermait la porte aux très bons Airbus Helicopters H225M Caracal européens, Kazan Mi-171 russes, ou encore Sikorsky S-70I Blackhawk américains.
Les machines alors en compétition, totalement officieuse est t-il utile de le rappeler, étaient les suivantes : l’Airbus Helicopters H175 européen, le Kazan Ansat russe, le Leonardo AW.149 italien, et enfin le Bell 412EPi américain. Alors même si le premier n’avait aucune chance étant purement un hélicoptère civil le choix de l’AW.149 italien en surprit plus d’un. Hormis quelques machines livrées à l’armée thaïlandaise jamais il n’attira les clients militaires.
C’est un total de vingt-quatre AW.149 qui porteront les couleurs de la marine égyptienne.

Concernant les huit Leonardo AW.189 vendus à la force aérienne égyptienne cette fois il n’y eut pas de compétition. L’hélicoptère biturbine fut acheté sans challenger en face de lui. Si six sont destinés à des missions de recherches et sauvetages en mer et d’évacuation sanitaire les deux autres seront aménagés en hélicoptères d’affaire. Ces deux machines assureront des missions de transport de hautes personnalités civiles et militaires. Dans cette dernière mission ils remplaceront les deux actuels Westland Command Mk-2 utilisés jusque là.

Leonardo AW.149. Un futur grand ?

Les premiers AW.149 et AW.189 égyptiens sont entendus pour fin 2020 début 2021. Ce pays africain devrait véritablement lancer la carrière militaire de ces deux machines jusque là relativement boudées.

Photos © Leonardo.

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5 COMMENTAIRES

  1. En janvier 2019, le Président Macron a fâché son homologue égyptien, depuis les produits d’origine française perdent tous les marchés étatiques de ce pays.

  2. Tout a fait. Macron, (et Hollande) après avoir vendu du matériel de défense pour des milliards d’euros à l’Égypte, a voulu jouer au héros en blâmant le général Sissi à propos des droits de l’Homme pour plaire aux organisation humanitaire.
    Résultat, ça n’a pas du tout plu au général Sissi qui le fait savoir de manière industrielle. Du jour au lendemain, fini les contrats avec Naval Group (FREMM et Gowind), adieu les espoirs d’Airbus Hélicopter et Dassault peut bientôt faire une croix sur les 12 Rafales en option. Les italiens et allemands ont pris la place de la France. Des milliards d’euros partis en fumée pour quelques mots. On appelle ça une erreur diplomatique.

  3. Mais d’où ils sortent l’argent pour acheter autant de matériel?
    A une époque il se disait que derrière, c’était l’Arabie Saoudite qui finançait.
    Ou bien ils mettent genre 10% de leur PIB dans l’armement?

    • En fait plus encore que les financements étrangers c’est la part du PIB alloué aux questions de défense qui est énorme en Égypte. Quand vous rognez sur les questions d’éducation, de culture, de santé publique, ou encore d’égalité femmes-hommes vous pouvez largement augmenter la défense et la sécurité intérieure.

  4. Le général Sissi n’est pas éternel. En plus il y a de fortes chances que des hélicoptères soient utilisés aussi pour mater la population civile de la part de son dictateur. Ce n’est pas grave de ne pas traiter avec un tel régime en plus d’un pays au bord de la faillite économique que seuls ses travailleurs à l’étranger et le biberon US maintient sous perfusion. Gros risque d’insolvabilité.

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