Ils sont parmi les avions de transport les moins médiatisés de l’aviation américaine. Ce mardi 21 juillet 2020 l’état-major de l’US Air Force a annoncé un vaste chantier de refonte de ses dix actuels Lockheed LC-130H Skibird. Beaucoup espéraient aux États-Unis que ces avions de soutien aux missions polaires soient rapidement remplacés par des avions basés sur le C-130J Super Hercules. Ils ont forcément été déçu.

Actuellement ce sont donc dix avions-cargos Lockheed LC-130H Skibird qui volent au sein de l’US Air Force. Ils appartiennent tous à la même unité : le 139th Airlift Squadron. Celui-ci dépend du 109th Airlift Wing qui appartient lui-même à l’US Air National Guard de l’état de New York. Or ce 139th AS est une unité particulièrement active au sein de la garde nationale américaine, ses pilotes et mécanos ne comptent pas leurs heures.

La spécialité de l’unité rend ces dix LC-130H Skibird très fragiles : le soutien opérationnel aux opérations polaires. Ce sont des opérations aussi différentes que le ravitaillement de postes avancés en Alaska, le support à des exercices ou manœuvres bipartites au Canada, ou encore (le plus fréquemment) des vols au profit des scientifiques et universitaires américains présents en Arctique et en Antarctique. Et à chaque fois les avions doivent se poser sur les fameux skis qui leur ont donné leur célèbre nom.

Dans l’intimité du poste de pilotage d’un LC-130H Skibird.

Aussi ce chantier de modernisation était attendu. Ou plutôt il était craint. En effet le 109th Airlift Wing espérait plutôt l’apparition d’un nouvel avion dérivé du Lockheed-Martin C-130J Super Hercules. Ses membres devront donc encore attendre.
Ce chantier va concerner trois axes : avionique, train d’atterrissage, et voilure-motorisation. C’est l’avionneur Lockheed-Martin qui a été choisi comme maître d’œuvre par le Pentagone.

Niveau avionique un nouveau GPS et un système anti-collisions TCAS seront montés dans l’avion tandis que son radar météorologique sera déposé et totalement revu à zéro. La visibilité des informations sera améliorée par de nouveaux écrans dans le poste de pilotage. La chaîne de communication sera elle-aussi revue et corrigée.
En ce qui concerne le train d’atterrissage ce sont bien évidemment les skis qui sont concernés. Ils vont être remplacés par des modèles neufs sur lequel l’adhérence a été retravaillée. Le nouveau modèle est annoncé légèrement moins lourd et plus aérodynamique, permettant ainsi de gagner en consommation de carburant.
Les volets vont être dotés d’un nouveau système anti-givre tandis que les turbopropulseurs seront déposés eux-aussi et repris de zéro. Chacun sera doté d’une hélice NP2000 à huit pales. Cet équipement est déjà en place depuis l’an dernier sur les trois modèles les plus récents, appelés LC-130H-3. Il sera élargi aux sept LC-130H-2, dont les trois ex-LC-130R ayant auparavant appartenu à l’US Navy.
Ce chantier doit permettre selon le Pentagone de conserver les avions au moins jusqu’à la fin de la décennie.

Même au milieu de nul part la mécanique fait des miracles sur ces avions ô combien rustiques.

L’immobilisation de chaque Lockheed LC-130H Skibird est estimé à environ quatre semaines. Afin de ne pas trop gréver le travail des femmes et des hommes du 139th Airlift Squadron le chantier va concerner la moitié des avions sur ce seul mois d’août 2020. L’été est en effet la période creuse de l’unité.

Photos © 109th Airlift Wing.

 

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