À l’instar des États-Unis le Brésil a de nouveau autorisé l’utilisation commerciale du tristement célèbre Boeing 737 Max. De ce fait la compagnie aérienne à bas coûts Gol en a profité pour lancer un premier vol régulier sur ce type d’avions de ligne ce mercredi 9 décembre 2020. Seul hic les passagers n’étaient nullement informés qu’ils volaient sur l’avion tant décrié. Un manque de transparence qui trahit une crainte réelle quant à la défiance des consommateurs vis à vis de l’aéronef.

Surtout ce vol G34041 était la première exploitation commerciale d’un Boeing 737 Max depuis vingt mois. Pour l’occasion le biréacteur mono-couloir était loin d’être plein : huit passagers alors que la capacité d’accueil des 737 Max 8 de Gol est de 186 passagers. Des privilégiés testant le retour en service de l’avion ? Même pas, et loin de là d’ailleurs !

Car ni le commandant de bord ni les personnels navigants commerciaux n’ont pensé à aviser ces huit passagers qu’ils volaient à bord du premier vol commercial d’un 737 Max depuis l’interdiction planétaire de ces avions en 2018. Et pour cause, au Brésil comme ailleurs dans le monde le scandale de cette machine a été largement relayé par les médias généralistes. La défiance vis à vis du mono-couloir de Boeing est donc encore très présente chez les Brésiliens.

Pour autant le vol G34041 s’est en lui-même déroulé sans encombre. Le Boeing 737 Max 8 a décollé à 13 heures 10 de l’aéroport de Sao Paulo pour se poser soixante-cinq minutes plus tard à celui de Rio de Janeiro. Les quelques passagers n’ont pas ressenti de perturbations particulières. En fait sans une présence journalistique importante à l’aéroport d’arrivée ils n’auraient sans doute jamais su qu’ils avaient réalisé ce premier vol commercial sur 737 Max.

Au final ce que l’on peut regretter c’est le total manque de transparence des dirigeants et employés de Gol quant à la nature de l’avion. Cette absence de transparence est aussi le signe d’une politique commerciale basée sur un défaut de confiance aux clients. Au final Gol ne joue pas avec la vie de ses passagers, elle ne les considère finalement que comme des clients ayant payé leur place et n’ayant comme seul droit que celui de la fermer et de se laisser transporter. C’est regrettable mais symptomatique d’une aviation commerciale à bas coût de plus en plus déshumanisée.

Photo © Wikimédia Commons.

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6 COMMENTAIRES

  1. Est-il possible de déterminer en observant un 737 max de l’extérieur qu’il s’agit bien d’un 737 max et non d’un
    737 d’une autre version?
    Sur votre photo on peut lire en dessous de la cabine BOEING 737 MAX mais il faut, d’après moi ,être proche de l’appareil pour pouvoir lire.
    Qu’en pensez-vous?

    • Bonjour Elde il faut savoir que par norme le modèle d’avion est inscrit sur l’avant de l’avion de manière à être visible par les passagers lors de leur embarquement. C’est une norme respectée par Airbus, Boeing, et la majorité des constructeurs plus mineurs.

    • @ELDE, en plus du nom du modèle visible à l’avant du fuselage il y a 2 signes caractéristiques d’un MAX facilement identifiables par rapport à un Boeing 737 d’ancienne génération. Ils sont visibles sur la photo d’illustration de l’article d’Arnaud :
      – Les « winglets » à l’extrémité des ailes : sur le Max ils sont en X (une ailette pointant vers le ciel, une autre vers le sol) alors que les anciens 737 n’en sont soit pas équipés (l’aile finie droite) soit ils ont une ailette montante vers le ciel dans le prolongement de l’aile seulement
      – L’arrière de la nacelle est crénelé pour limiter le bruit en sortie des moteurs

      Visibles seulement de face moteur à l’arrêt, les aubes de soufflantes sont en composite avec un bord d’attaque métallique alors qu’elles sont métalliques à 100% sur les anciennes générations.

      • Les winglets en Y sont aussi montés sur 737 800 avec un retrofit. Je m’en suis aperçu il y a quelques mois (Janvier 2020) lorsqu’un ami m’a envoyé une photo de l’aile de son vol Ethiopian airlines, avec le winglet en Y et oú -lui ne se doutant de rien- j’ai pensé avant vérifications qu’il s’agissait d’un énorme scandale, et qu’Ethiopian faisait revoler ses Max sans autorisation..

  2. Étrange débat. A partir du moment où l’avion a reçu des autorisations en bonne et due forme, quelle devrait être la politique de communication des compagnies ? Une annonce du commandant de bord du style : « Bonjour vous avez pris place à bord d’un avion dont deux crash successifs ayant fait plus de 300 morts ont conduit à son interdiction de vol pendant deux ans mais rassurez-vous, tout va bien désormais« …

    Soit l’avion est fiable et on l’autorise, soit il est pas fiable et on n’autorise pas. Mais la politique « d’informer les passagers » ne résout pas grand chose.

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