C’est un gros ouf de soulagement qu’ont du poussé les employés et dirigeants de l’avionneur de Seattle. La Federal Aviation Administration vient de donner ce mercredi 18 novembre 2020 son feu vert à l’exploitation commerciale du Boeing 737 Max dans ses différentes versions. Pour autant il n’en est encore rien des autres autorités aéronautiques internationales, et notamment de la part de l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne. Les vols intérieurs américains vont pouvoir reprendre, une fois que les équipages auront terminé leur temps nécessaire de simulateurs de vols.

Pour mémoire le Boeing 737 Max était totalement interdit de vol depuis mars 2019, soit plus d’un an et demi. Une telle suspension des certificats de navigabilité c’est historique dans l’aviation commerciale, même le très décrié De Havilland DH.106 Comet britannique des années 1950-1960 n’était pas resté aussi longtemps inactif durant sa carrière.

L’annonce de la FAA permet donc aux 737 Max 7, 737 Max 8, et 737 Max 9 de reprendre leurs vols commerciaux aux États-Unis. L’inconnu demeure le 737 Max 10 dont le développement n’était pas terminé quand la suspension de certificat de navigabilité fut adoptée en mars de l’année dernière. Il devrait pouvoir débuter sa carrière commerciale d’ici quelques semaines.

Avant de pouvoir reprendre les commandes de leurs biréacteurs mono-couloirs les équipages américains vont devoir confirmer qu’ils ont suivi un cursus de formation sur un des nombreux simulateurs de vols déployés par Boeing dans le monde entier. Pilotes et copilotes doivent en effet s’enfermer une vingtaine d’heures dans ces grosses boites pour maîtriser au mieux la nouvelle mouture du logiciel MCAS. Il en va de leur sécurité et surtout de celle des passagers et personnels navigants commerciaux placés sous leur autorité.

Désormais donc Boeing a les yeux rivés sur l’Union Européenne et l’AESA qui doit elle aussi rendre un avis similaire à celui de la FAA pour permettre d’envisager un retour total à la normale. Le cas des autorités aéronautiques brésiliennes et canadiennes est moins tendu car celles-ci sont réputées très proches de leur homologue américaine. Le Canada pourrait même être le premier pays à emboiter le pas des États-Unis. Chinois, Japonais, et Russes eux attendront la décision européenne.
On peut envisager que d’ici janvier ou février 2021 le Boeing 737 Max soit revenu totalement à la normale sur l’ensemble des routes aériennes du globe.

Pour autant le mal est fait et l’image du Boeing 737 Max est sans doute définitivement ternie par les deux crashs mortels à l’origine de cette crise aéronautique. Les passagers auront t-ils encore confiance en cette machine ? Réponse sans doute dans les prochaines semaines.

Photo © Wikimédia Commons.

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4 COMMENTAIRES

  1. Depuis le scandale du 737 Max, le Canada a pris ses distances vis à vis la FAA. Le Canada est à compléter son propre examen et récemment indiqué son intention d’exiger des mesures additionelles. À suivre…

    • Au moins si le scandale du 737 Max permet à l’aviation civile canadienne d’obtenir enfin une vraie indépendance vis à vis de son homologue américaine on pourra considérer que globalement cela aura été un très grand pas en avant. Tout ce qui peut permettre aux administrations d’aviation civile d’exister sans être sous la tutelle d’un pays tiers est forcément bon à prendre.

  2. Voir le Boeing 737 Max8 ou 9 revoler est un évènement en soi…Le gros problème restera de redonner confiance aux passagers qui emprunteront cet appareil et là ce n’est pas gagné.. A tel point que Ryanair en Europe, envisage de rebaptiser l’aéronef de façon à ne pas effrayer ses clients…Je lisais ce matin la presse américaine et ai lu qu’American Airlines envisageait la même chose…Pire elle s’engage à faire passer sur un autre avion les clients qui refuseraient de voler dessus…C’est bien la preuve que Boeing a du chemin à faire avant que les passagers de son appareils lui fassent à nouveau confiance.

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