Ce jeudi 14 janvier 2021 il y a rotation entre la Koninklijke Luchtmacht et la Composante Air. Une fois tous les quatre mois les Pays-Bas puis la Belgique sont en charge de la défense aérienne du Benelux. Une mutualisation des moyens aériens qui remonte au traité du 17 juin 2008 même si elle n’est entrée en vigueur que huit ans plus tard. Les plus optimistes y voient déjà un embryon de défense aérienne européenne.

Et donc ce jeudi ce sont les General Dynamics F-16AM Fighting Falcon belges qui viennent remplacer pour quatre mois les Lockheed-Martin F-35A Lightning II néerlandais. À eux donc désormais, jusqu’à la mi-mai de protéger les espaces aériens souverains de Belgique, du Luxembourg, et des Pays-Bas. Car le Benelux c’est ça depuis le 5 septembre 1944 : un accord tripartite à vocation aussi bien économique, qu’éducative, ou encore culturelle. Et donc depuis l’accord de 2008 le Benelux inclut un aspect militaire.

En l’absence d’une aviation de chasse au sein des forces grandes-ducales ce sont donc à leurs homologues belges et néerlandaises d’assurer ce rôle. Les trois pays membres n’ayant aucun moyen de détection aéroportée c’est donc à leurs alliées de leur apporter cette assistance : l’OTAN dans la majorité des cas mais également l’Armée de l’Air et de l’Espace ou encore la Royal Air Force. Une flotte d’AWACS ça a un coût certain. Pour ce qui est du besoin de ravitaillement en vol c’est ici à la charge de la Koninklijke Luchtmacht. Son unique McDonnell-Douglas KDC-10 assure très bien ce rôle.

La fonction première de cette défense aérienne tripartite est donc la même que si elle ne concernait qu’un seul territoire national : empêcher toute intrusion d’aéronef hostile mais également apporter aide et assistance aux avions et hélicoptères en difficultés.
La comparaison entre l’organisation Benelux et le NORAD se heurte cependant à une barrière : l’étendue du territoire en question. Belgique, Luxembourg, et Pays-Bas réunis on est très loin du Canada et des États-Unis, Alaska compris. Le Benelux ne représente qu’un plus de 74600 km², c’est à dire environ la même chose que la région Occitanie.

Pour le reste les avions de combat sont en alerte H24 avec des équipages pouvant prendre les airs en moins de quinze minutes avec armement bon de guerre. Il est fréquent que depuis 2016 les pilotes belges et néerlandais assurent des missions aux côtés de leurs collègues britanniques et français. La dimension du péril terroriste est venue s’ajouter à la défense aérienne classique, la Belgique notamment ayant eu plusieurs attentats dont le tristement célèbre du 22 mars 2016. À la mi-mai 2021 les pilotes néerlandais reprendront la charge.

Photo © Koninklijke Luchtmacht.

 

 

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