Lockheed-Martin échoue (de peu) à tenir ses engagements en matière de productivité. Au samedi 31 décembre 2022 l’avionneur américain avait assemblé cent quarante-et-un exemplaires de son chasseur de 5e génération. Un nombre qui concerne les trois versions du F-35 Lightning II et implique aussi bien des avions destinés au marché intérieur qu’à l’exportation. La production en 2021 avait été très (mais alors très) légèrement supérieure.

En effet celle-ci s’était élevée à cent quarante-deux avions. Un avion de moins en 2022 par rapport à 2021 ce n’est pas la mer à boire. Sauf que les chiffres prévisionnels avaient annoncé que cent quarante-huit exemplaires seraient assemblés. Il en manque donc six à ce titre et sept dans la réalité. Comme souvent les causes sont multiples.
Bien entendu la crise des microprocesseurs qui se joue actuellement autour de Taïwan et impacte notre quotidien de consommateurs a aussi sa part de responsabilité. Mais elle n’est pas seule. Les répercussions sur le cours financier des matières premières industrielles, les métaux et matériaux composites, de l’invasion russe de l’Ukraine ont également la leur.
Et puis il y a une cause moins structurelle, surtout plus difficile à anticiper : l’accident.

Le jeudi 15 décembre 2022 un F-35B Lightning II a raté son atterrissage lors d’un vol d’essais au Texas. Les enquêteurs américains n’ayant pas encore rendu publique leurs rapports la production a été mise temporairement à l’arrêt, pour la fin de l’année civile 2022. Mis bout à bout tous ces éléments dessinent un début d’explication autour de cette baisse de productivité. Bien entendu des facteurs financiers entrent également en ligne de compte.
Histoire d’assombrir encore un peu plus le tableau l’US Government Accountability Office a annoncé que le prix moyen de l’heure de vols sur F-35 Lightning II demeurait toujours très élevé. Il tourne autour de 42000 dollars US s’agissant là d’un prix moyen réalisé en expertisant l’exploitation de quarante-neuf appareils des versions F-35A, F-35B, et bien évidemment F-35C.

Pourtant tout n’a pas été négatif pour Lockheed-Martin et pour son chasseur furtif durant l’année écoulée. Ils ont engrangé deux commandes fermes depuis des pays européens, l’Allemagne au début du printemps et la Suisse à la fin de l’été. Quelques jours plus tard la République Tchèque signifiait, sans pour autant signer de contrat, que le F-35A Lightning II sera son futur avion de combat. Et enfin peu avant Noël c’est le Canada qui indiquait que lui aussi cédait aux sirènes de ce chasseur. Dans le même temps l’Espagne se rapproche à son tour d’un contrat assez petit pour la version F-35B.
Néanmoins il faut signaler l’Autriche, qui moyennant une communication bancale et hasardeuse, a fait savoir qu’elle renonçait à lui.

On pourrait être tenté de se dire que les errements de Lockheed-Martin feraient le bonheur de ses concurrents, Dassault Aviation et le consortium Eurofighter en tête. Et on aurait tort. Car chacun à son échelle peut parfaitement être confronté aux mêmes difficultés dans les semaines ou mois à venir. Les malheurs de l’un ne font pas toujours le bonheur des autres, surtout dans le domaine industriel.

Photo © US Air Force

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3 COMMENTAIRES

  1. Enfin!
    La Presse Canadienne annonce cet avant-midi que: « la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, a confirmé lundi que le Canada choisissait finalement l’avion de chasse F-35 de Lockheed Martin pour remplacer ses CF-18 vieillissants (88 appareils pour 19 milliards de $ »
    Je vous invite à lire l’article du journal Le Solei pour de plus amples détails https://www.lesoleil.com/2023/01/09/la-ministre-de-la-defense-confirme-que-le-canada-acquiert-des-f-35-841ef055837643adf3881006ecfab7fb

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