La décision a été annoncée ce lundi 26 juillet 2021 par le Président des États-Unis Joe Biden lui-même. D’ici la fin de l’année l’Amérique aura retiré d’Irak le plus gros de ses troupes ; celles qui actuellement combattent le terrorisme islamiste dans le pays. Pour l’US Air Force ce sera à la fois une période de grande activité autant qu’un tournant dans son histoire. Elle est présente dans la région depuis dix-huit ans, sans discontinu.

Qui dit retrait massif des troupes américaines d’Irak dit forcément pont aérien. Il faudra en effet évacuer les combattants et les personnels de soutien autant que le matériel. L’US Air Force dans les airs et le Military Sealift Command sur les mers seront donc essentiels à cette mission. Un véritable ballet d’avions de transport tactique et stratégique va s’organiser entre l’Irak et les États-Unis. Une partie des femmes et hommes et du matériel rejoindront sans doute d’autres installations ultramarines américaine, notamment en Asie et en Europe. C-5B/M Galaxy, C-17A Globemaster III, C-130H Hercules, et C-130J Super Hercules seront donc de la partie, ainsi que sans doute des KC-10A Extender.

Le retrait au 31 décembre 2021 concerne également les aéronefs de combat. Exit donc les missions d’appui tactique et d’attaque en profondeur réalisées quasi quotidiennement par les F-15E Strike Eagle, les F-16C/D Fighting Falcon, et les F-35A Lightning II. Il en sera sans doute de même des drones de combat qui réalisent souvent les missions plus confidentielles.

Pour autant Joe Biden a bien insisté sur le fait que ce retrait ne concerne que le théâtre d’opération irakien. Ça a été la teneur de son échange avec le premier ministre irakien, monsieur Mustafa Al-Kadhimi.
Il faut comprendre par là qu’aux vues de l’instabilité en Syrie ses forces continueront de pilonner les positions des organisations djihadistes comme Al-Qaïda et Daech dans ce pays. L’absence notable de relations diplomatiques entre Washington et Damas, en raison de la violence institutionnalisée par le dictateur syrien Bachar El-Assad, fait que Joe Biden ne peut pas promettre un tel retrait pour ce pays.

Au final donc le gros des actions au-dessus de la Syrie à partir du 1er janvier 2022 ne concernera plus l’Irak. Les aéronefs américains pourront continuer à employer l’espace aérien de Bagdad mais y frapper qui que ce soit.
Ce retrait pose aussi des questions sur la pérennité de la présence en Irak des deux principaux alliés des États-Unis : la France et la Grande Bretagne. Mais c’est là un tout autre sujet.

Photo © US Air Force

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2 COMMENTAIRES

  1. C’est vrai : en Afghanistan comme en Irak, les appareilss cédé aux autorités locales sont mal choisis et mal entretenu. Donc ils ne volent pas.
    Il y a eu récemment un bras de fer entre les US et L’Irak pour des pièces de F16.
    La.Russie va t-elle fournir des avions d’attaque, la.France va t-elle vendre des Rafales ?
    C’est une plaque tournante des problèmes et l’air y aura plus que sa part

    • Peu de risques actuellement de voir les Irakiens voler sur du matériel russe, les relations entre Moscou et Bagdad ne sont pas au beau fixe. Poutine reproche toujours aux Irakiens une trop grande proximité avec ses ennemis américains et européens. Quand au Rafale en Irak on sait qu’il y est désiré mais rien ne laisse dire que Dassault Aviation l’envisagerait aujourd’hui.

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