Ce n’est pas encore le retour à la normale pour l’aviation civile afghane. Ce lundi 13 septembre 2021 un premier avion de ligne s’est posé sur l’aéroport de Kaboul depuis la prise de pouvoir par les talibans. Pas forcément de quoi s’extasier puisque l’avion en provenance du Pakistan ne comptait qu’une dizaine de passagers dont plusieurs journalistes. En fait ce vol risque bien de préfigurer l’avenir du transport aérien civil de ce pays désormais sous la coupe de fondamentalistes obscurantistes.

Quand l’Airbus A320 de Pakistan International Airlines s’est posé ce lundi matin à 10 heures 30, heure locale, il réalisait le premier vol commercial régulier à destination de l’Afghanistan depuis la chute du pays. En provenance de la capitale pakistanaise Islamabad le biréacteur mono-couloir n’accueillait à son bord qu’entre dix et quinze passagers. Le nombre exact n’a pas été révélé. Au moins trois journalistes, dont un correspondant de l’Agence France Presse se trouvaient parmi eux.

D’autres avions civiles voisinaient bien avec l’Airbus pakistanais, des avions qataris, mais ceux ci ne réalisent aucun vol commercial régulier. Ils assurent l’évacuation des derniers ressortissants occidentaux et de quelques rares intellectuels afghans ayant eu des sauf-conduits de la part des États-Unis ou de pays de l’Union Européenne. Depuis le départ des avions militaires occidentaux ce sont là les seules possibilités de quitter efficacement l’Afghanistan talibane. En outre Ariana Airlines, la compagnie nationale afghane a bien repris quelques vols mais uniquement intérieurs, et avec des autorisations données au compte-goutte par les nouveaux maîtres du pays. L’administration talibane voit d’un très mauvais œil les déplacements de populations.

Pakistan International Airlines, Qatar Airways, et bientôt sans doute une ou deux compagnies chinoises : le trafic international vers l’Afghanistan va fondre comme neige au soleil avec l’arrivée au pouvoir des talibans. Moins d’un mois après leur entrée dans Kaboul le chaos laisse peu à peu la place à quelque chose qui se veut organisé mais n’est finalement que bricolé. L’aéroport de la capitale afghane a la capacité d’accueillir une centaine de vols internationaux par jour. Les Afghans auront de la chance s’ils réussissent à atteindre 5 ou 7% de celle-ci.
Même si l’administration talibane annonce avoir dans ses rangs des contrôleurs aériens efficace il semble en fait que ces personnes, des hommes, soient en réalité ceux qui travaillaient là auparavant.

Photo © Keypublishing

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