Sont-ce les prémices d’une invasion partielle ou totale de l’Ukraine par la Russie ? Depuis plusieurs semaines maintenant Moscou masse des centaines de véhicules et des milliers de combattants aux frontières avec son voisin ukrainien. En parallèle avions et hélicoptères militaires enchaînent les «exercices» allant parfois jusqu’à violer l’espace aérien souverain de Kiev. Une situation qui met l’OTAN et l’Union Européenne à cran.

En fait en dehors de la Biélorussie et d’une petite dizaine de pays (répartis entre l’Afrique sub-saharienne et le Caucase) personne ne soutient Moscou dans ses aventureuses manœuvres le long de la frontière ukrainienne. À Bruxelles les dirigeants de l’alliance Atlantique et de l’Union Européenne ne cachent plus leur exaspération vis-à-vis de ce qui ressemble de plus en plus à une future guerre menée contre l’Ukraine. Et ensuite quoi ? Une annexion comme celle qui touche la Crimée depuis mars 2014 n’est plus exclue par les Alliés.

L’armée et le force aérienne ukrainienne pourraient en effet être balayées en quelques heures si Moscou décidait d’envoyer massivement ses forces contre elles. Et les dernières manœuvres menées par l’aviation russes montrent clairement des avions de transport militaire s’exerçant à une guerre de haute intensité. Jusque là rien d’étonnant c’est très à la mode dans la plus part des forces aériennes. Sauf que les avions sont stationnés temporairement à quelques dizaines de kilomètres de l’Ukraine. Antonov An-12 Cub, An-26 Curl, et An-72 Coaler s’entraînent à décoller et à se poser depuis des pistes sommaires enneigées ou verglacées. C’est une des spécialités russes depuis l’ère soviétique.

L’increvable Antonov An-12 Cub demeure au cœur des opérations aériennes russes.

Dans le même temps des mouvements de troupes au sol ont été largement aperçus, avec véhicules de transport et blindés. L’ensemble était appuyé par des survols d’hélicoptères Mil Mi-24 Hind et Mi-28 Havoc d’attaque au sol et d’appui rapproché et Mi-8 Hip de transport d’assaut. Assez étrangement aucun hélicoptère de combat Kamov Ka-52 Hokum-B n’a été aperçu. Sont t-ils présents dans la région ou bien Moscou les garde t-ils de côté ? Nous le saurons sans doute tôt ou tard.

Biréacteur de transport tactique An-72 Coaler en action.

Ceux par contre qui sont omniprésents ce sont les centaines de fantassin spetsnaz, les forces spéciales russes. Des éléments ont été aperçus tout le long de la frontière ukrainienne et certains médias de Kiev font état d’infiltrations ennemies.
Il est par contre confirmé la présence au sein de ces troupes de drones légers de reconnaissance et de surveillance Orlan 10 et Takhion. Des équipements totalement adaptés à la guerre hivernale autant qu’aux progressions en zone urbaine.

Préparation d’un drone tactique léger Takhion par un commando russe.

Reste que les pressions diplomatiques et économiques pourraient bien calmer les ardeurs de Vladimir Poutine à soutenir les groupes séparatistes du Donbass. La Russie de ces années 2020 est totalement dépendante des investisseurs étrangers. Ils sont majoritairement américains, asiatiques, et européens. Des sociétés privées qui voient déjà d’un mauvais œil d’être affiliés à un pays soutenant le terrorisme et menaçant d’envahir ses voisins. Et le chantage moscovite sur ses réserves de gaz risque bien de ne pas peser bien lourd bien longtemps si les constructeurs automobiles étrangers venaient à décider de fermer le robinet russe. La guerre n’est plus en cette fin d’année 2021 qu’une simple question tactique mais également économique et financière.
L’OTAN et l’Union Européenne observent de très près ce qu’il se passe dans la région.

Photos © ministère russe de la défense.

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