Le nom de Marioupol restera dans les mémoires au même titre que Coventry, Grozny, Hambourg, ou encore Hiroshima : ces villes qui furent les martyrs des bombardements aériens. Beaucoup attendait le décompte final des victimes du théâtre de Marioupol frappés le mercredi 16 mars 2022 par l’aviation russe, il est désormais connu. Trois cents civils innocents, majoritairement des enfants et des femmes, sont tombés sous les bombes ennemies. Il est impossible de demeurer de marbre face à la barbarie des troupes russes, qu’elles soient au sol ou dans les cockpit de leurs avions de combat.

Dès le mercredi 16 mars au soir les organisations non gouvernementales présentes en Ukraine tiraient le signal d’alarme sur ce bombardement. La présence d’avions d’attaque Sukhoi Su-34 Fullback avait clairement été confirmée, y compris par des journalistes occidentaux. Au moins deux bombes avaient frappés le théâtre de Marioupol tandis qu’une troisième touchait le complexe sportif Neptune. Les deux sites étaient clairement identifiés comme des objectifs civils. La garde nationale ukrainienne avait même écrit en très grandes lettres au sol le mot «enfants» en cyrillique de part et d’autres du théâtre.
Les équipages des forces aériennes russes ne pouvaient pas ignorer que ces deux bâtiments étaient des abris anti-aériens de fortune pour la population de Marioupol.

On sait désormais, neuf jours après ce bombardement aérien, qu’il a causé la mort d’au moins 300 civils innocents. Human Right Watch, présente sur zone, rapporte que le théâtre accueillait entre 500 et 800 personnes.
À la différence d’autres sites de la ville le théâtre et le centre sportif ne disposaient d’aucun pièce d’artillerie ou de blindés à proximité, les autorités municipales avaient voulu en faire un sanctuaire. C’était donc une cible de choix pour des aviateurs russes qui ne brillent décidément plus par leur courage mais par leur extrême lâcheté.

Comment Moscou peut t-elle justifiée le bombardement d’un complexe sportif et d’un théâtre ? Dans les premières heures du raid aérien la propagande russe a juste reconnu que ses Su-34 Fullback avaient frappé un objectif prioritaire abritant la fameuse brigade Azov. Étonnamment cela avait déjà été leur ligne de défense après le raid aérien contre un hôpital pédiatrique tout proche. À croire que les forces russes voient les hommes de la brigade Azov partout, même dans un théâtre et dans une piscine. Cette formation paramilitaire abritant dans ses rangs des membres de l’ultradroite ukrainienne proches des mouvements néo-nazis est l’excuse par laquelle le dictateur Vladimir Poutine est passé pour justifier son invasion de l’Ukraine. Les journaux américains et européens ainsi que les ONG estiment en fait que la part de combattants se réclamant de l’idéologie hitlérienne au sein de cette unité ne dépasse pas les 15%. C’est évidemment déjà bien trop, un seul pourcent serait déjà inacceptable mais ça ne justifie en rien les exactions des forces russes contre les populations locales.
Aujourd’hui Moscou déclare même que ce sont ces mêmes membres de la brigade Azov qui ont fait exploser des bombes à l’intérieur du théâtre pour tuer femmes et enfants.

Cependant le timing de la propagande d’état ukrainienne est parfait. Le bilan humain, vérifié par plusieurs ONG, intervient au lendemain d’un sommet extraordinaire de l’OTAN sur la question russo-ukrainienne. Beaucoup insistent sur le fait que le président Volodimyr Zelinski connaissait le nombre de victimes depuis au moins 24 à 36 heures.
Ce petit arrangement dans le temps n’est cependant rien en comparaison de ce crime de guerre qu’est le bombardement du théâtre de Marioupol.

Photo © Keypublishing.

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12 COMMENTAIRES

      • C’est juste que je crois qu’il faut regarder les choses avec un peu de recul, même si c’est difficile étant donné ce que subissent les ukrainiens en ce moment.
        Ne doutez pas que je soit solidaire avec eux mais il faut essayer de rester neutre et factuel pour tenter de comprendre ce qui se passe.
        J’apprécie vraiment la qualité de ce site mais je trouve dommage qu’il soit parfois teinté d’un certain extrémisme, je le dis sincèrement, les pilotes russes ne sont certainement pas à la recherche de femmes et d’enfants à massacrer, ils ont bien évidemment une conscience eux aussi en tant que pilotes formés.

    • Et sinon le fait que Poutine fait reculer ses troupes face aux forces ukrainiennes, que la Russie ait perdu Irpin et soit en train de baisser sa culotte à Kyiv tu en penses quoi monsieur le brouteur africain ?

  1. Comment peut-on comparer cela à Hiroshima ??? Il faut avoir un cerveau malade.
    Certes la guerre comporte des morts MAIS j’aimerai que vous vous penchiez sur le bombardement de la ville de Dresde où il n’y avait pas de troupe mais que des civils, des vieux, des blessés, des femmes avec leurs enfants ; étudiez le bombardement, l’utilisation de bombes incendiaires après le bombardement classique et ses conséquences atroces avec des gens collés au goudron surchauffé.
    Pour ce qui est des villes nippones vous allez surement nous ressortir la nessécité de comparer les deux différents types de bombes nucléaires (oups, vous ne le saviez surement pas !) pour le plus grand bien de l’humanité alors que les japonais proposaient une redition aux forces occidentales…
    Vos prpos sont immondes.

    • Bonjour.

      Mon cerveau va très bien, merci de vous en être inquiétée. Quand à ce que les propos de cet article vous semblent immondes vous devriez plutôt vous insurger face aux massacres commis par les Russes et leurs supplétifs tchétchènes contre les populations civiles ukrainienne. Après peut-être avez-vous la condamnation à géométrie variable madame, ça vous regarde.
      En tous cas merci pour votre commentaire je l’ai trouvé charmant.

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