Ce type d’avion a dû donner quelques suées à pas mal de délinquants en cols blancs. Ce mardi 1er mars 2022 la Guardia di Finanza, équivalent italien de nos douanes françaises, a retiré du service ses huit derniers bimoteurs Piaggio P.166. Contrairement à une idée reçue ils n’étaient pas en service depuis si longtemps que cela, les premiers ayant rejoints ses rangs au printemps 1988 soit plus de trente ans après le premier vol de l’avion. Ils sont actuellement remplacés par des Alenia ATR-42MP beaucoup plus imposants.

Avec son aile haute en mouette, ses turbopropulseurs à hélices propulsives, et son train d’atterrissage très bas le Piaggio P.166 est un avion qui ne peut pas laisser indifférent. Personnellement je l’ai toujours trouvé très sympathique. Par contre la délinquance financière et les adeptes de la pollution marine ne devaient pas en dire autant : le P.166 les traquait pour le compte de la Guardia di Finanza. Sur les deux P.166DL3 de transport léger et d’entraînement avancé et les dix P.166SEM de reconnaissance tous temps et de lutte anti-pollution marine il ne restait acquis entre 1988 pour les premiers et 1991-1995 pour les seconds il ne restait que huit avions. Il s’agissait de P.166SEM modernisés en 2010 au standard P.166DP1 et spécialisés désormais dans la lutte contre les trafics et l’évasion financière. Au radar de recherche placé dès le départ sous le nez de l’avion était venu s’ajouter un duo caméra thermique – FLIR installé sous voilure. Les capacités de recherches de l’avion avaient été décuplées par cet équipement.

Malheureusement pour les douaniers transalpins le P.166 vieillissait. Et les déboires récents de l’avionneur Piaggio ajoutaient de véritables incertitudes quant à la pérennité de l’emploi de ces bimoteurs. Aussi la décision fut t-elle prise en 2020 de les retirer du service début mars 2022. C’est aujourd’hui fait.
Dans quelques semaines la Guardia di Finanza recevra son deuxième Leonardo P-72, sur un total de trois avions commandés. Ceux-ci doivent alléger la charge de travail des ATR-42MP suite au retrait du service du P.166DP1.

Le FLIR est bien visible sous l’aile de ce P.166 tout comme le radar sous son nez. Les serials de la Guardia di Finanza se reconnaissent aux lettres GF qui précèdent la cocarde italienne.

Avion symbolique du retour de l’industrie aéronautique italienne d’après-guerre le Piaggio P.166 est aujourd’hui totalement sur le déclin. La plus part de ceux en dotation dans les services officiels transalpins prennent le chemin de la retraite. Mais pas de la casse puisque quatre d’entre eux vont être prochainement livré à un état d’Afrique sub-saharienne pour lequel les autorités de Rome gardent encore secrète l’identité.
Ce vieux serviteur n’a donc pas fini de rendre de précieux services.

Photos © Keypublishing

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom