Cette fois encore Moscou va avoir du mal à expliquer au monde entier que c’est une mission de maintien de la paix, une opération humanitaire qu’elle mène en Ukraine. Ce mardi 8 mars 2022 des avions d’attaque russes Sukhoi Su-25 Frogfoot et Su-34 Fullback ont bombardé la ville de Soumy dans le nord-est du pays. Au moins vingt-et-un civils sont morts durant ces frappes. Cette ville accueille une des principales universités du pays, fréquentée par de nombreux étudiants étrangers dont plusieurs n’ont pas réussi à la fuir à ce jour.

Chaque jour amène son lot d’horreurs dans les actions de guerre menées par l’armée et l’aviation russe. Les cibles civiles sont désormais quotidiennes et totalement avérées. Sauf bien sûr par les médias d’état russe qui persistent à montrer une opération humanitaire visant à «dénazifier» l’Ukraine. Nous aurions pu vous parler de Kiev ou d’Irpin largement médiatisées nous avons préféré nous focaliser sur une ville désormais moins célèbre : Soumy.

Car celle qui est la capitale administrative de son propre oblast est désormais sous le feu de l’artillerie et des avions d’attaque russe. Plusieurs objectifs civils ont été attaqués par des tirs de roquettes et de missiles air-sol mais également par des bombes aériennes. Les Sukhoi Su-25 Frogfoot et Su-34 Fullback l’ont pilonné sans relâche durant une bonne partie de la journée. Et plusieurs munitions sont tombées sur l’université d’état de Soumy.
Si vous nous lisez depuis la France, la Belgique, ou le Canada ce nom ne vous dira sans doute rien. Il en sera différemment de nos lecteurs et lectrice d’Afrique sub-saharienne. Car Soumy accueille depuis les années 2000-2002 de nombreux étudiants africains qui y apprennent la médecine. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs ces dernières heures lancés des SOS via les réseaux sociaux Facebook, Twitter, et Tik-Tok.

Ces étudiants et étudiantes venus de Centrafrique, du Mali, de Tanzanie, ou encore d’Ouganda vivent désormais dans la terreur des bombardements russes. Une bombe, tirée selon toutes vraisemblances par un Su-25 Frogfoot, est d’ailleurs tombée au beau milieu du campus blessant grièvement trois personnes et en tuant une. On ignore la ou les nationalités des victimes. Car Soumy est une université riche de cinquante nationalités différentes.

On peut aisément se demander en quoi une fac est une cible stratégique de la Russie dans une mission de maintien de la paix. Par contre il est évident que si son intention est de semer la terreur parmi les populations ukrainiennes frapper un centre estudiantin est idéal. Par définition un temple du savoir n’est pas un lieu de d’affrontement, de débats oui, de guerre sûrement pas. Et vu du ciel une université ne ressemblera jamais à une base militaire ou à un casernement.

Le bilan humain actuel des bombardements de ce mardi à Soumy oscille entre vingt-et-un et vingt-six morts et plus de cent vingt blessés. Et ce uniquement parmi les civils le ministère de la défense d’Ukraine n’ayant pas communiqué de chiffre sur les combattants.

Photo © ministère russe de la défense.

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3 COMMENTAIRES

  1. La Russie fait la guerre comme elle l’a toujours fait, brutalement, en écrasant les populations locales ou en les faisant partir. L’aviation comme l’artillerie permet d’obtenir cet objectif sans avoir un affrontement direct des troupes.
    La finalité est de mettre un climat de peur pour installer une dictature derrière.
    C’est la stratégie depuis 1917,

  2. C’est là où on se dit qu’un A10c, c’est quand même bien pratique pour casser du chars russes. A méditer pour notre future et probable défense européenne…

  3. Les pilotes russes ne méritent plus qu’on les appelle des officiers, ce ne sont que des meurtriers. Ils ont perdu tout honneur dans cette guerre.
    Merci à Arnaud et Gaétan de nous tenir au courant de ce genre d’exactions.

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