C’est une des régions européennes les plus sensibles actuellement car fréquemment revendiquée par Moscou. Depuis que le dictateur russe Vladimir Poutine a décidé d’envahir l’Ukraine la Finlande a choisi de revoir sa politique de défense, visant notamment une adhésion rapide à l’alliance Atlantique. En parallèle son Ilmavoimaat intensifie les vols de ses McDonnell-Douglas F/A-18C/D Hornet au-dessus des territoires de Carélie du sud et de Carélie du nord, afin de contrer toute intrusion ennemie. Une posture qui est régulièrement dénoncée par les «médias» russes.

La Carélie est au cœur des relations russo-finlandaises depuis plus de 80 ans. Depuis vingt ans Moscou exige quasi systématiquement l’annexion des régions finlandaises de Carélie du nord et de Carélie du Sud pendant que Helsinki refuse et réclame la restitution de l’isthme de Carélie annexé en 1939. C’est un problème insoluble où chacun demeure campé sur ses positions. La Carélie a notamment été l’un des aspects des troublantes relations diplomatiques entre les deux capitales durant la guerre froide. Sauf qu’avec l’arrivée au pouvoir de l’autocrate Vladimir Poutine tout a changé. Désormais Moscou considère Helsinki non plus comme un voisin mais comme un potentiel agresseur. Et elle exige la remise immédiate de la Carélie du nord et de la Carélie du sud à moins que la Finlande ne concède à les démilitariser. Ça ne vous rappelle rien tout ça ?

La Finlande a donc décidé d’entrer dans l’OTAN afin de disposer du parapluie nucléaire incarné par les États-Unis, la France, et la Grande Bretagne. Sauf qu’en attendant elle demeure toujours seule face aux menaces russes. Même accélérée une adhésion prend du temps. Et ses pilotes de chasse ne peuvent donc pas (encore) compter sur l’aide d’une mission dite NATO Air Policing comme il en existe auprès des états baltes ou de l’Islande.
Alors depuis février 2022 le gros des vols de patrouilles réalisé par les McDonnell-Douglas F/A-18C/D Hornet de l’Ilmavoimaat se fait à proximité de la frontière entre Finlande et Russie. Les deux Carélie sont donc devenus le terrain de jeu favori des pilotes de cette petite aviation.
Pour autant ils ne sont pas totalement seuls, la semaine dernière ils ont pu opérer aux côtés d’une patrouille de General Dynamics F-16MLU Fighting Falcon belges déployés dans le cadre de Baltic Air Policing. Ils s’exercent également assez régulièrement avec leurs voisins norvégiens et suédois qui partagent avec eux une certaine crainte de l’encombrant voisin russe.

Depuis février 2022 donc la Carélie du nord et la Carélie du sud représentent la moitié des vols de la chasse finlandaise. Elle a déjà raccompagné dans l’espace aérien international plusieurs Ilyushin Il-20M Coot-A d’espionnage aéroporté frappés des marquages de nationalité russe. Évidemment ces avions opéraient au-dessus de la frontière finlandaise sans plan de vol ni transpondeur. Les vieilles habitudes ont la dent dure.

Jusqu’à l’entrée dans l’OTAN les pilotes finlandais sont donc seuls. Pour autant ils ont pas mal de travail, ne serait-ce qu’en préventif.

Photos © ministère finlandais de la défense.

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