Officiellement il s’agit de coopérer avec la Corée du Sud. Le porte-avions américain USS Ronald Reagan est arrivé ce dimanche 5 juin 2022 en Mer du Japon, quittant ainsi la Mer des Philippines où il voguait depuis quelques jours. Un déploiement qui coïncide étrangement avec un regain de tensions vis-à-vis de la dictature nord-coréenne. Pour mémoire près d’une centaine d’aéronefs se trouve à bord du bâtiment de guerre de l’US Navy.

La décision avait bien été prise en amont. L’US Navy devait réaliser une série de manœuvres navales et aériennes avec la Republic of Korea Navy. Ces exercices auraient dû passer totalement inaperçus tant ils sont communs dans cette région de la zone Asie Pacifique. La Corée du Nord en a décidé autrement.
Ce même dimanche elle a décidé de tirer, de manière expérimentale certes mais bien réelle, une salve de huit missiles balistiques. Les armes en question sont retombés à l’est des côtes nord-coréennes, en pleine Mer du Japon. Séoul et Tokyo ont immédiatement considéré cela comme une énième provocation du dictateur de Pyongyang. À Washington DC décision a été prise d’ordonner à l’USS Ronald Reagan de se rapprocher de la zone de tirs des missiles nord-coréens. Les manœuvres américano-coréennes ont donc pris un aspect très différent de ce qu’elles auraient dû être.

L’AWACS embarqué représente un outil essentiel dans ce genre de crise militaro-diplomatique.

Désormais la Corée du Nord se trouve donc avec au large de ses côtes, dans les eaux internationales, un des plus récents porte-avions américain. À son bord se trouve des chasseurs multi-rôles Boeing F/A-18E/F Super Hornet appartenant aux escadrons VFA-27 Royal Maces, VFA-102 Diamondbacks, VFA-115 Eagles, et VFA-195 Dambusters ainsi que des avions de guerre électronique Boeing EA-18G Growler de l’escadron VAQ-141 Shadowhawks. Ils sont appuyés par les avions de guet aérien radar Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye de l’escadron VAW-125 Tiger Tailes et de ceux de transport tactique Grumman C-2A(R) Greyhound du VRC-30 Providers.
Les hélicoptères de combat maritime Sikorsky MH-60R Seahawk et de soutien opérationnel Sikorsky MH-60S Knighthawk des escadrons HSM-77 Saberhawks et HSC-12 Golden Falcons complètent cette flottille aérienne.

Les équipages des F/A-18E/F Super Hornet de l’USS Ronald Reagan n’ont pas grand-chose à craindre de la chasse nord-coréenne globalement jugée très inférieure.

Bien entendu il n’est absolument pas question que l’US Navy lance le moindre raid aérien contre la Corée du Nord. Il ne s’agit là après tout que d’une énième provocation de Pyongyang. En fait il s’agit surtout pour l’administration Biden de montrer qu’elle prend au sérieux les menaces pour ses alliés de la région. L’USS Ronald Reagan revêt donc ici l’un des rôles principaux des porte-avions américains : un outil diplomatique. C’est une diplomatie musclée, reconnaissons le. Super Hornet et Growler permettent d’augmenter sensiblement cette pression diplomatique.
Par contre en réponse aux huit missiles balistiques lancés par les Nord-Coréens hier les Sud-Coréens ont répondu ce matin avec huit missiles sol-sol MGM-140 ATACMS tirés par la Republic of Korea Army. Ils ont détruit des cibles en Mer du Japon, officiellement toujours dans le cadre des exercices bilatéraux avec les Américains.

Photos © US Navy.

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