En réponse aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 perpétrés aux États-Unis,  le Canada rejoint une coalition menée par les Américains pour traquer les Talibans et les membres d’Al-Qaeda en Afghanistan. Le Canada y dépêche initialement des forces spéciales et, à compter de 2003, y déploie des groupements tactiques au sein de la Force internationale d’assistance et de sécurité sous l’égide de l’OTAN.S’échelonnant de 2001 à 2014, le déploiement des Forces armées canadiennes en Afghanistan deviendra le plus meurtrier depuis la Guerre de Corée.Parmi les 159 morts déplorés par le Canada, 97 décès furent attribuables à des engins explosifs improvisés ou des mines terrestres.

Ce bilan eut été sûrement moins lourd si les militaires canadiens avaient disposé dès le début d’une flotte conséquente d’hélicoptères de transport tactique. Pourtant, l’Aviation royale canadienne (ARC) avait acquis dans les années 1970 des appareils Vertol CH-147 Chinook dont elle fut contrainte de se départir en 1991, suite à des coupes budgétaires. Ces appareils, encore en bon état, furent acquis par les Pays-Bas. L’ARC ne disposait donc que d’une flotte d’hélicoptères Bell CH-146 Griffon pour soutenir le déploiement des troupes terrestres en Afghanistan. Paradoxalement, les troupes néerlandaises également déployés en Afghanistan bénéficiaient de leurs hélicoptères Chinook acquis du Canada.

Bell CH-146 Griffon en Afghanistan

Face à l’alourdissement de ses pertes humaines en Afghanistan, le Canada décide en 2008 de renforcer sa flotte d’hélicoptères pour réduire les transports par route trop exposés aux attentats. Six appareils Boeing CH-147D Chinook, prélevés à cette fin dans la flotte de l’US Army, sont prêtés à l’ARC en 2009. Le 5 août 2010, à l’ouest de Kandahar, un de ces CH-147 Chinook canadiens fut atteint par des tirs d’armes légères au niveau des conduits d’alimentation en carburant ce qui déclencha un incendie à bord. Bien que l’appareil brûla entièrement, suite à l’atterrissage d’urgence, on ne déplora que huit blessés parmi les 23 occupants de l’appareil. Entretemps, le Canada avait commandé auprès de Boeing quinze hélicoptères CH-147F Chinook dont les premiers ne purent être livrés qu’à compter de 2013. Cette version plus récente du légendaire Chinook est notamment beaucoup mieux protégée contre le tir de missiles et d’armes légères.

Boeing CH-147D Chinook en Afghanistan

Bien que la saga des CH-117 Chinook de l’ARC soit relativement bien connue, un autre chapitre de la capacité héliporté canadienne en Afghanistan l’est beaucoup moins. Face aux délais de livraison des nouveaux Boeing CH-17F, l’ARC eut étonnamment recours à quatre hélicoptères Mil Mi-17 «Hip» en 2010. Arborant les cocardes à feuille d’érable, ces appareils de seconde main recevront même la désignation officieuse Mil CH-178 dans la nomenclature de l’ARC. Le Canada aligna également une demi-douzaine d’hélicoptères Mil Mi-8 civils de l’entreprise canadienne SkyLink Aviation déployés en Afghanistan.

Mil Mi-17 «Hip» au service du Canada en Afghanistan
Mil Mi-8 de l’entreprise SkyLink Aviation déployé en Afghanistan

Le Gouvernement du Canada ne se vanta jamais du recours à ces hélicoptères d’origine russe pour palier à une pénurie qu’il avait provoqué en réduisant les moyens financiers de l’ARC. D’ailleurs, le Mil CH-178 n’apparaît pas dans la liste officielle des anciens aéronefs de l’ARC. Certains avancent que cette «omission» viendrait du fait que ces hélicoptères furent brièvement loués, plutôt qu’achetés. C’est à se demander s’il s’agit d’un mythe ou de la réalité. Le Canada ne serait toutefois pas le seul pays de l’OTAN à avoir utilisé de rustiques hélicoptères russes en Afghanistan.

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2 COMMENTAIRES

  1. Ces CH-178 ressemblent d’ailleurs d’avantage à des Mi-171 plutôt qu’à des Mi-17 « classiques ». Encore un passionnant sujet sur l’aéronautique canadienne. Merci Marcel. 🙂

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