Quand on vous dit que cet avion ne cesse de se bonifier avec le temps, nous n’exagérons en rien. Ce vendredi 25 novembre 2022 des commandos français ont sauté depuis un bimoteur de patrouille maritime Dassault-Breguet ATL-2 Atlantique en exercice au-dessus de la Méditerranée. Les chuteurs opérationnels de la Marine Nationale ont ensuite atterri sur le pont d’envol du porte-avions Charles de Gaulle. C’est une première en France.

Les commandos-Marine ont quitté l’ATL-2 Atlantique…

Comme souvent avec les exercices et missions entourant les chuteurs opérationnels et nageurs de combat de la Marine Nationale celui-ci a été entouré de pas mal de secret. Tout juste sait-on qu’au moins trois, voire peut-être quatre, membres des forces spéciales se trouvaient à bord de l’avion turbopropulsé quand il a décollé de Bretagne pour rejoindre la Méditerranée et le Charles de Gaulle. Arrivé à la verticale du porte-avions français les commandos-marines ont sauté en chute libre avant d’ouvrir leurs voiles.
Quelques minutes plus tard ils «appontaient» sur le navire.

Une telle opération, médiatisée de surcroit, permet de vérifier l’excellence de nos forces spéciales tout autant que la très grande polyvalence de l’ATL-2 Atlantique. On le connaissait chasseur de sous-marins soviétiques, on le retrouva il y a quelques années traqueur de djihadistes, on le découvre désormais avion de transport tactique pour les forces spéciales. Ou plutôt outil de pénétration et d’infiltration.
Bien sûr des inconnues subsistent autour de la mission, comme le fait de savoir si réellement c’est une première en France ou bien une première devant les appareils photos de la com’ du ministère des Armées ? Ensuite est-ce qu’une telle mission n’est envisageable qu’en plein jour ou également de nuit ? Ou bien de savoir si l’ATL-2 Atlantique est plus commode pour les commandos-Marine qu’un sous-marin nucléaire d’attaque en plongée. Autant de questions qui ne trouveront sans doute pas de réponses formelles avant plusieurs semaines ou mois.

… et ils ont rejoints le Charles de Gaulle.

En tous cas la prouesse est là et permet d’entrevoir une plus grande flexibilité d’emploi pour les forces spéciales française autant que pour l’avion de Patmar de la Marine Nationale. Reste à savoir si cet acquis se retrouvera dans le dérivé militaire du futur Dassault Aviation Falcon 10X qui doit à terme remplacer les ATL-2 Atlantique.
Affaire donc à suivre.

Photos © Marine Nationale.

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10 COMMENTAIRES

  1. Bonsoir,
    Déjà merci pour le travail bénévole que vous fournissez sur cet agréable site .
    Ma question va peut etre paraître idiote mais les commandos marines n’ont pu sauter que par la soute ventrale de l’avion ou il y a une autre possibilité pour sauter équipé aussi lourdement de cet avion ?
    Merci d’avance et bonne soirée

    • Aucune question idiote. Malheureusement sur ce point le ministère des Armées reste très vague donc il m’est impossible de vous répondre avec certitude. Après mon avis est que oui l’option de la soute à armement semble la plus logique.

    • Le site opex360 à fait un article sur le sujet le 27 novembre.
      Apparemment, les largages depuis un ATL2 se pratiquent depuis un certain temps. Là c’est la première fois qu’ils appontent. Jusqu’ici ils finissaient dans l’eau près d’un bateau qui les récupérait.
      L’article comporte une vidéo. On distingue clairement les chuteurs sauter depuis la soute.

  2. Merci beaucoup pour vos articles. Je me pose une question, et de l A400 en version maritime.
    J’avoue que par esthétique j’aurais aimé une sorte d Atlantic 3 version dassault, genre turbopropulseurs du futur long rayon d’action appontable avec des bases aeronavales dans le pacifique, bref des gros fantasmes
    amitiés

  3. A tous, sur le compte twitter de la MN du 30/11/22,
    cf => https://twitter.com/EtatMajorFR/status/1597880603394813952.
    On voit 1 sequence filmée d’1 mise en place de FS sur un aerodrome (il était en France! où ça? normalement les Breguet sont basés à Lorient) et ils ont été largués via la soute ventrale, on voit de façon très courte 5 voiles (points blanc) et un peu plus loin 4 voiles bien nettes. J’ai vu ailleurs 1 photo de 4 FS arrivés sur le pont d’envol du CDG.
    De France à la mer ionienne à la vitesse du Breguet, on a le temps de faire 1 bonne sieste! avant la 1ere d’arriver comme 1 fleur sur le pont d’envol. Il faut être très très bon pour arriver sur 1 bateau avec tous ces vents tourbillonnants, antennes de tous types, etc…. Un grand Bravo à tous ceux qui ont participé à cet exploit. Ils ne sont pas légion les pays qui maitrisent cette technique de vol sous voile!!!!

    • Rien n est impossible mais sauter depuis la soute ventrale serait la solution la plus complexe.
      Ils ont bien saute depuis la porte arrière a l’aide d un outillage dédié pour cette activité. La porte arrière est connecté à une zone non pressurisé et isolée donc de la tranche tactique. Les chuteurs peuvent se préparer dans la tranche tactique avant de passer en haute altitude où ils transitent alors en zone non pressurisé. Il existe, si je ne me trompe pas deux autres issues sinon, mais la, il faut y aller. … Non non, la porte arrière c’est très bien :).

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