C’est un bout de terre émergée dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Surtsey est une île volcanique de l’archipel des Vestmann, en Atlantique nord, rattachée à la toute proche Islande. Celle-ci est totalement interdite d’accès, hormis quelques très rares scientifiques qui s’y font déposer par les hélicoptères de la Landhelgisgæslan. Son unique avion de surveillance a aussi pour rôle de la survoler de temps en temps ; focus donc sur une zone méconnue et mystérieuse.

Cinq à six fois par mois, jamais à date fixe, le Bombardier Dash 8 MPA de la Landhelgisgæslan décolle de sa base proche de Reykjavik afin de rendre à la verticale de Surtsey. Ses capteurs permettent de repérer si une activité humaine y a été détectée en dehors des quelques géologues, ornithologues, et vulcanologues autorisés à y poser le pied. Y poser le pied, pas y dormir. Aucun campement n’est prévu sur l’île islandaise où l’activité scientifique doit être la moins visible possible. Surtsey est un véritable laboratoire d’expérimentation à ciel ouvert.

Enfin ouvert dans une certaine limite puisque son survol n’est même pas toléré en dehors des aéronefs d’état islandais. Outre le Dash 8 MPA déjà cité la Landhelgisgæslan envoie parfois sur zone un hélicoptère Eurocopter EC225 Super Puma Mk-2 afin d’y déposer les scientifiques. La rotation a lieu le matin pour l’arrivée et en fin de journée pour le retour.
En fait si l’île principale de l’archipel Vestmann n’est distante que d’une quinzaine de kilomètres de la façade méridionale de l’Islande il faut compter le triple pour atteindre Surtsey. Dans tous les cas c’est donc un saut de puce pour les équipages des hélicoptères des garde-côtes islandais.
En outre la zone est réputée plutôt calme et à l’abri des grandes tempêtes qui frappent souvent les côtes nord et ouest de cet état insulaire.

Mais pourquoi les Islandais mettent-ils tant d’entraves autour de Surtsey ? Tout simplement parce que c’est une des terres émergées les plus récentes de notre planète. C’est donc un véritable laboratoire «vivant» pour comprendre l’arrivée d’une biodiversité sur une terre totalement nouvelle. L’île permet aussi de comprendre les effets du dérèglement climatique dû à l’impact humain sur les terres inhabitées.
Surtsey est une île volcanique d’à peine 141 hectares de superficie pour une altitude maximale de 155 mètres au niveau de l’Austurbunki, le volcan qui lui a donné naissance. Et celle-ci a eu lieu il y a finalement très peu de temps. Surtsey est littéralement sortie des eaux entre novembre 1963 et juin 1967. Cela eut lieu suite à une série d’éruptions volcaniques sous-marines devenues petit à petit aériennes.

Jusqu’en 2008 et son classement au patrimoine mondiale de l’UNESCO l’île pouvait être survolée ponctuellement par des hélicoptères privés amenant de riches touristes au-dessus d’elle. C’est depuis lors strictement interdit. Surtsey est un sanctuaire. Même les avions de ligne n’ont pas le droit de la survoler, y compris à haute altitude.
Vous comprendrez ainsi un peu mieux la chance dont jouissent les femmes et les hommes de la Landhelgisgæslan. Eux peuvent la survoler, et même de temps en temps s’y poser.

Surtout les missions autour de cette île peuvent modifier la perception que l’on peut avoir du rôle des équipages de l’avion et des hélicoptères de la garde-côtière islandaise. Ce ne sont pas seulement des champions du sauvetage maritime hauturier, ce sont aussi de précieux auxiliaires pour la sauvegarde de l’environnement et pour la compréhension scientifique.

Photo © Mark Camenzuli.

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