Cent ans c’est vraiment un bel âge pour une force aérienne. Alors que l’US Air Force a célébré son 75 ans anniversaire en septembre dernier et que l’Armée de l’Air et de l’Espace n’a (que) 88 ans l’Aeronautica Militare va fêter dans 85 jours son centième anniversaire. Pour l’occasion l’Italie a décidé de mettre les petits plats dans les grands et surtout de ne rien cacher de son histoire, pas même les heures sombres de l’ère Mussolini. Elle compte également montrer qu’elle demeure en pointe en Europe.

N’oublions pas que lorsqu’elle est instituée le 28 mars 1923 par le roi Victor Emmanuel III elle s’appelle Regia Aeronautica et non Aeronautica Militare. Elle ne possède pas encore la cocarde tricolore italienne que l’on connait actuellement mais l’emblème de la maison de Savoie à laquelle appartient le souverain italien. Six ans plus tard pourtant la jeune Regia Aeronautica change d’emblème et adopte les trois faisceaux rappelant le régime fasciste placé sous les ordres du nouveau maître de Rome, le dictateur Benito Mussolini.
À partir d’octobre 1943 pourtant l’Italie a deux forces aériennes. Si la Regia Aeronautica demeure totalement fidèle au fascisme l’Aviazione Cobelligerante Italiana prend totalement fait et cause pour les Alliés avec des équipements 100% d’origine américaine et britannique. À la fin de la Seconde Guerre mondiale les deux forces aériennes sont obligées de fusionner afin de donner naissance à l’Aeronautica Militare.

Elle se compose donc alors d’aéronefs mélangeant les moyens de l’Aviazione Cobelligerante Italiana et ceux de la Regia Aeronautica, des moyens alliés et des moyens provenant de l’Axe. Peu à peu pourtant ces derniers seront effacés au profit d’une flotte très américanisée. Mais surtout l’Aeronautica Militare a su dès les années 1950, comme alors l’Armée de l’Air ou la Royal Air Force, se doter de moyens de conception et de construction indigènes assurant ainsi un maintien de l’activité industrielle aéronautique italienne.
Et sur ce point l’Aeronautica Militare comme l’Armée de l’Air et de l’Espace conserve aujourd’hui encore cette valeur.

L’Aeronautica Militare célèbre aussi son passé lié à l’hydraviation de l’entre-deux-guerres.

À Aermacchi, Piaggio, ou encore SIAI-Marchetti ont peu à peu succédé Alenia et AgustaWestland et aujourd’hui même Leonardo. Mais bien entendu des constructeurs étrangers comme Boeing, Dassault Aviation, ou encore Lockheed-Martin sont également très présents dans l’Aeronautica Militare de 2023.

D’ici au 28 mars prochain nous aurons l’occasion de revenir quelques fois sur ce centenaire de l’aviation militaire italienne, une force aérienne voisine et pourtant si différente de ce que nous connaissons en France.

Photo et illustration © Aeronautica Militare

 

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4 COMMENTAIRES

  1. Bonsoir Arnaud, plus précisément la « Regia aeronautica » est dissoute en 1943 et laisse la place à l’Aviation Nationale Républicaine de la république de Salo’ de Mussolini libéré par un commando allemand de la prison où il a été emprisonné (avec une fuite en Fieseler Störch ) et de l’autre côté l’aviation co-bélligérante avec les alliés.
    En 1946 la République Italienne est proclamée et donc est créé l’AMI,Aeronautica Militare.

    Encore meilleurs voeux ou auguri di buon anno 🙂
    .

  2. Je pense que l’Aeronautica Militare va célébrer ces 100 ans par quelques meeting. Si dans les mois à venir vous avez des infos concernant ces célébrations, ca serait sympa de nous en faire part. C’est souvent de très beau meeting.

    Merci

  3. Buongiorno,
    l’Aeronautica Militare a détaillé le programme de ses festivités sur son site Internet : https://www.aeronautica.difesa.it/
    Au programme notamment, un grand meeting aérien sur la base aérienne de Pratica di Mare les 17 et 18 juin 2023 avec la participation des Frecce Tricolori (bien évidemment !) et de plusieurs dizaines d’avions historiques.
    Bonne année à tous.

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