Évidemment, il ne s’agit pas du célèbre vent provençal qui souffle sur la Ville de Québec. Il s’agit plutôt du porte-hélicoptères amphibie Mistral qui est à quai au port de Québec depuis lundi. L’imposant navire est accompagné de la frégate Surcouf. Davantage habitués aux escales des bateaux de croisières, la population de la ville accueille avec curiosité ces navires et marins de la Marine nationale française.


Bien que jouissant d’une bienveillante sympathie de la part des citoyens de l’ancienne capitale de la Nouvelle-France, la réaction de la population n’a rien à voir avec l’arrivée triomphale de la corvette La Capricieuse… il y a 170 ans de cela ! Suite à la Conquête de 1760, les échanges entre la France et son ancienne colonie d’Amérique du Nord sont presque inexistants. En 1849, la Grande-Bretagne abolit les lois interdisant aux navires français la navigation en eaux canadiennes. Puis, au début de l’année 1855, Français et Britanniques s’allient contre la Russie lors de la Guerre de Crimée. C’est dans ce contexte, que La Capricieuse est le premier navire français à revenir au Canada. L’élégante corvette remonte le fleuve Saint-Laurent alors que les cloches des églises riveraines saluent son passage. La Capricieuse arrive à Québec le 13 juillet devant une foule compacte qui envahit la terrasse et les quais de la capitale. La ville est décorée aux couleurs de la France et la population fraternise avec les 240 membres de l’équipage. Des parades et des bals populaires se succèdent. Vivant sous l’occupation britannique depuis si longtemps, les francophones de la colonie abandonnée n’ont pas oublié la mère patrie !

Excusez cette digression historique, et revenons au sujet principal. Cette fois-ci, les marins français du Mistral et du Surcouf ont plutôt eu droit à une douche froide… au sens propre. La météo des derniers jours est exécrable à Québec. Plutôt qu’un doux vent du printemps, c’est plutôt la pluie et le frisquet nordet qui souffle de l’estuaire. Inutile de dire que cela a quelque peu refroidi les badauds sur les quais. Mais que diable font ces navires et marins français à Québec ? En fait, ils participent à des exercices conjoints avec les Forces armées canadiennes. Avant d’arriver à Québec, ce sont 150 soldats canadiens du Royal 22e Régiment qui sont montés à bord du Mistral à Gaspé. Le lendemain, soldats canadiens et français participaient à des manœuvres complexes d’embarquement et de débarquement amphibie à Sept-Îles, sous un temps gris. Heureusement, ce matin le soleil brille à Québec afin de remonter le moral des troupes !

À Québec, les soldats français participent à divers exercices conjoints avec leurs collègues canadiens se déroulant sur le vaste base militaire de Valcartier, au nord de Québec où sont stationnées les hélicoptères du 430ème Escadron de l’Aviation royale canadienne. Lors d’exercices de grande envergure, des CH-147F Chinook sont également dépêchés à Valcartier. Cette opération, nommée Lion Mistral, est assez rare. Le dernier exercice franco-canadien de ce genre remonte à 2014 et avait également impliqué le Mistral. Malheureusement, je n’ai pas encore vu d’hélicoptères français survoler ma ville, mais je garde l’oeil ouvert !

Au Bar de l’escadrille, je lève mon verre de rhum pour saluer les marins français qui doivent se sentir un peu chez-eux, malgré la distance qui les sépare de la maison. Espérons que la Marine nationale française n’attendra pas un autre 170 ans avant de visiter à nouveau Québec !
En savoir plus sur avionslegendaires.net
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Une réponse
Les marins français doivent être dans leur élément, c’est tout gris. Ils doivent se croire à Brest.