Pourquoi la France, la Russie, ou les USA sont-ils toujours plus intéressants que la Chine ?

L’aérophilie est la passion des plus lourds que l’air, des aéronefs ; c’est celle qui nous réunis les un(e)s les autres sur Avions Légendaires. Et bien souvent nous avons commencé par nous passionnés pour les vieux avions, ceux de la Seconde Guerre mondiale bien sûr, mais aussi de la Première Guerre mondiale ou encore de la guerre froide. Mais alors que se passe t-il si un pays produit aujourd’hui des aéronefs tout en ayant jamais réussi à développer le moindre aéronef marquant durant ces périodes ? Et si finalement c’est ça la différence entre l’amour de l’aviation et l’intérêt pour l’aéronautique ?

La passion de l’aviation est souvent à chercher dans notre enfance ou dans notre adolescence, dans des joies aussi simples que de lever la tête pour voir passer telle ou telle machine autant que dans l’assemblage minutieux des maquettes. Des actions qui nous ont permis, à différents degrés de rêver et de forger cette passion commune.
Qui n’a pas vibré pour un Messerschmitt Bf 109, un Mitsubishi A6M Zero, un Morane-Saulnier MS.406, un North American P-51 Mustang, un Polikarpov I-16, ou encore un Supermarine Spitfire pour ne citer que de grands chasseurs de 39/45 ! Et puis vinrent les jets, les hélicoptères, ou même les planeurs autant de machines volantes qui nous ont donné envie de voler ou simplement de lire.

À titre personnel un de ces deux chasseurs américains fait partie de mon panthéon aéronautique tandis que l’autre pourrait parfaitement l’y rejoindre.

Alors oui hors de toutes contingences historiques parfois très lourdes nous nous sommes toutes et tous passionnés pour ces machines allemandes (y compris époque hitlérienne), américaines, belges, britanniques, canadiennes, françaises, italiennes, japonaises, soviétiques, ou encore tchécoslovaques. J’en oublie forcément. Car c’est bien souvent l’histoire de l’aviation qui a façonné notre passion pour l’aviation puis pour l’aéronautique.

Et c’est elle qui fait qu’aujourd’hui nous continuons de kiffer un Boeing F-15EX Eagle II, un Dassault Aviation Rafale, un Eurofighter EF-2000 Typhoon, ou encore un Sukhoi Su-35 Flanker-E. Car derrière ces avions dernier cri nous savons que se cache une aventure technologique, une épopée humaine, en un mot une histoire.

Et c’est là que vient mon interrogation, en fait issue d’une réflexion très personnelle qui se définit ainsi : j’arrive à adorer l’aviation américaine, britannique, française, ou encore russe mais les aéronautiques chinoises et sud-coréennes me laissent assez souvent de marbre. Elles sont intéressantes certes mais je n’arrive nullement à les trouver passionnantes, je les vois même comme un peu aseptisées. Il leur manque un truc à mon sens : une histoire.
J’ai pourtant un intérêt réel pour la culture de ces deux pays asiatiques mais en terme d’aéronautique les productions chinoises et sud-coréennes ne réussissent pas (encore) à créer chez moi un intérêt réel allant jusqu’à la passion.

C’est vrai que c’est esthétiquement réussi un KAI T-50 Golden Eagle mais cet avion sud-coréen ne suscite en moi qu’un intérêt très… limité.

D’où ce billet d’humeur qui n’est ni un coup de gueule ni un coup de cœur mais simplement une réflexion personnelle. Elle n’engage en rien la rédaction du site, que ce soit Gaëtan ou Marcel, c’est purement ma propre démarche.
Voilà.

Photos © Wikimédia Commons


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ARTICLE ÉDITÉ PAR
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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

12 réponses

  1. E gli aerei italiani ?
    Je vous pardonne (difficilement 🙂 ) l’absence des avions italiens dont certains sont parmi les plus intéressants de l’histoire de l’aviation.
    Ceci-dit c’est vrai que les productions orientales n’excitent pas grand monde, à part leurs chefs d’état. L’absence d’histoire, ou une histoire trop récente, et sans innovation qui permette de les sortir du lot. Et je ne parle pas de la longue série d’avions chinois qui, pendant une soixantaine d’années, n’ont été que des avions russes parlant mandarin.

  2. Toutes ces productions semblent anesthésiées, sans saveur. Peut-être parce qu’elles arrivent à un moment où le design des avions est dicté par des machines, des logiciels de dessin, sans réelle part d’humain….. Les production dites occidentales ont une histoire, un vécu… et même avec des design créés par ordinateur, on y trouve toujours une trame…

  3. De mon côté, je ressens en effet la même sensation, même si je n’y avais jamais pensé auparavant… Les avions asiatiques m’intéressent peu, mais je pense que cette tendance va s’estomper. En effet autrefois les chinois, japonais et sud coréens entre autres achetaient principalement des avions étrangers ou alors les construisaient sous licence… exemple F-2 japonais ou J-11 chinois. Cependant maintenant ces pays ont de plus en plus tendance à construire leurs propres avions, qui sont donc plus originaux et intéressants, avec comme exemple le KAI KF-21 Boramae sud-coréen. La nouvelle génération d’avions devrait donc changer la donne.

  4. Bonjour! Il faut dire, concernant les aéronefs chinois, qu’il est difficile de pouvoir accéder à des informations fiables à coup sûr devant la crainte de la propagande (selon moi il en va de même pour les chasseurs modernes de la Russie qui ont droit à une publicité sans fin de la part du Kremlin). De plus, peu d’aéronefs asiatiques se produisent en europe (ce n’ est pas seulement une question de logistique) et ils n’ont finalement que peu de visibilité de notre côté-ci du monde. Les médias n’aident pas en ne parlant presque que du F35 et du Rafale… Je trouverais intéressant d’avoir une plus grande visibilité sur les capacités aéronautique actuelles des uns et des autres.

  5. Je vais enfoncer le clou, l’aviation est d’abord un imaginaire et la passion se construit sur l’histoire. L’Eurofighter est à mes yeux anecdotique même s’il représente une doctrine forte. Quand on voit un Rafale on pense aux ailes delta, à l’entreprise Dassault. Derrière un Sukhoi ou un Mig, on voit des appareils taillés pour les besoins russes, des formes issues d’une doctrine. Derrière les appareils américains l’avancée des motoristes et l’intégration technologique et des révolutions incessantes avec de nouvelles doctrines.

    Quant au chinois, outre leurs copies nombreuses, leur façon de communiquer qui privilégie le parti et la destruction sur l’affect et la passion, les appareils ont été axés sur une recherche de revanche technologique. Et leur doctrine semble être avant tout basée sur le déni d’accès. Forcément ça ne fait pas rêver.

    Après peut être qu’on a tendance à surtout aimer ce qu’on a appris à aimer, et le tout technologique invisible aux yeux vient affaiblir le rêve.

    1. C’est vrai que le F-35 ne me fait pas rêver…
      Ceux que cet avion a très tôt fait rêver, ce sont le conseil d’administration et les actionnaires de Lockheed-Martin. Et quelques décideurs américains (très) près du tiroir-caisse, sans doute. Avec ce goût pour la surenchère permanente de l’Amérique impériale – si c’est plus gros et trop cher, c’est forcément meilleur, on en veut, et on en veut plus… On dirait un gamin dans une pâtisserie – les industriels américains ont fini par comprendre qu’ils pouvaient piquer un maximum de pognon au commanditaire, à savoir les USA et son budget « no limit » (et profiter ensuite sans trop se fatiguer du marché captif d’ « alliés » prêts à tout pour ne pas fâcher le maître). Il y a en effet de quoi rêver.

      1. Je suis en total désaccord. Le F35 me fait rêver, et j’aimerais même bien en voir avec la cocarde tricolore.
        Il s’inscrit d’ailleurs totalement dans une continuité américaine : moteur incroyable, intégration électronique extrême et encore une nouvelle rupture doctrinale.

        1. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord, ce site est fait (aussi) pour ça. Et je n’avais pas encore dit que je ne le trouve pas vraiment excitant non plus côté séduction esthétique (ce qui n’enlève rien, je le concède, à ses qualités, quelles qu’elles soient) … Voilà, c’est fait.
          D’un autre côté, vous me donnez raison : il s’agit bien d’une continuité américaine…

  6. Le problème de l’aviation chinoise jusqu’il y a peu c’était qu’elle produisait des avions d’origine soviétique puis russe dans un premier temps.
    Elle les a ensuite améliorés à sa sauce sans vraiment toucher à l’aspect extérieur.
    Si je ne me trompe pas, le premier avion sorti des bureaux d’études chinois est le Chengdu J-10. dont on voit l’inspiration. Une espèce d’eurofighter monomoteur avec l’aide de la Russie pour le moteur.
    L’arrivée du Chengdu J-20 montre une émancipation par rapport au F22 américain. Même si certaines lignes communes persistent. a moins que les lois de l’aérodynamique et de la course à la faiblesse de la signature radar ne les rapproche. Mais la « patte du savoir faire local s’affirme.
    On verra ce que nous dira l’avenir.
    En complément, je trouve que l’on peut avoir la même réflexion sur le design aérodynamique du KF-21 Boramae coréen et du TAI TF Kaan turc. L’inspiration aérodynamique des F22 et F35 est claire. Mais avec 30 ans de décalage.

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