L’inconvénient quand on a le territoire le plus grande de la Terre c’est que quand on a besoin de ses avions à l’autre bout c’est un poil galère de s’en servir. C’est sans doute pour cela que Moscou a choisi de déplacer les Tupolev Tu-22M3 Backfire-C de la 326ème division d’aviation de bombardement lourd au plus près de l’OTAN. Mais attention Vladimir Poutine continue de clamer qu’il ne cherche pas l’incident avec les Alliés. Toujours est-il que ses bombardiers stratégiques ont bougé de presque 3000 kilomètres à l’ouest.
Ce jeudi 27 novembre 2025 la Flygvapnet, l’aviation militaire suédoise, indiquait avoir intercepté dans son ADIZ deux bombardiers stratégiques Tupolev Tu-22M3 Backfire-C escortés par des chasseurs de supériorité aérienne Sukhoi Su-35 Flanker-E. Ces vieux reliquats de la guerre froide avaient été détectés sortant de l’espace aérien souverain russe au niveau de la très stratégique péninsule de Kola dans le nord-ouest du pays. Les avions russes faisaient ce que font systématiquement des avions russes quand ils volent au plus près de l’espace aérien de l’alliance Atlantique et de l’Union Européenne : de la provoc’. Mais si les pilotes de chasse russes sont réputés pour avoir un sang froid tout ce qu’il y a de plus contestable il en est autrement de leurs homologues suédois. Eux n’ont fait que reconduire les intrus hors de la dite ADIZ. Quatre Saab JAS 39C Gripen ont suffit pour régler le souci diplomatique. Aucun accrochage n’a fort heureusement été constaté.
Ce fait divers est la résultante d’une information qui nous est parvenue par plusieurs canaux depuis une dizaine de jours maintenant : la 326ème division d’aviation de bombardement lourd a changé de base. Entendez par là que cette célèbre et prestigieuse unité, dont les hauts faits d’armes remontent à 39/45, a quitté son précédent nid de Belaïa dans le sud de la Sibérie pour un nouveau à Olenia donc dans la péninsule de Kola. Déploiement temporaire ou réel déménagement ? Bah techniquement plutôt la seconde solution. En effet outre la quinzaine de bombardiers stratégiques les mouvements d’aéronefs entre les deux bases depuis début novembre ont concerné de nombreux avions de transport militaire Ilyushin Il-76 Candid et même quelques Antonov An-124 Condor. Ça fait tout de même une sacrée logistique s’il ne s’agit là que d’une opération de quelques semaines ou même de quelques mois.
La 326ème division d’aviation de bombardement lourd n’est pas n’importe quelle unité de bombardiers stratégiques en Russie. Elle est souvent pointée du doigt pour ses frappes de missiles de croisière contre l’Ukraine souveraine. Et là du coup on comprend mieux le choix d’Olenia distante de seulement 1600 kilomètres de la frontière russo-ukrainienne par rapport à Belaïa qui se situe à 4500 kilomètres de celle-ci. Même en Russie le carburéacteur ça a un coût. Sans compter la fatigue des équipages.
N’empêche que le Kremlin a tout de même choisi une base qui se situe à moins de 250 kilomètres de la Finlande, et donc à la fois de l’OTAN et l’Union Européenne. Et ça de quelque manière qu’on retourne la question c’est clairement de la provoc’. Ah oui petit détail sur l’incident d’ADIZ de jeudi dernier : aucun transpondeur russe ne fonctionnait. Panne généralisée ou volonté délibérée ? Chacun se fera son idée.
Affaire à suivre.
Photo © ministère russe de la défense
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Une réponse
1600 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine…
Les Ukrainiens ont frappés des cibles moins proches que ça. Ils leur en reste combien des TU-22M3?