Le Québec est réputé pour bien des attraits naturels, mais certainement pas comme destination prisée des alpinistes à la recherche de sensations fortes. Il y a bien les monts Chic-Chocs en Gaspésie, davantage réputés pour l’héliski et la longue randonnée. Dans ce massif, règne le sommet le plus élevé du Québec habité, soit le Mont Jacques-Cartier (1276 mètres). Il faut plutôt regarder vers le Nouveau-Québec, dans la région des monts Torngat au Nunavik, pour trouver le plus haute montagne québécoise. Il s’agit du Mont D’iberville (1652 mètres) qui chevauche la frontière Québec / Labrador. Accessible uniquement par la voie des airs, ce mont n’est fréquenté que par une poignée d’aventuriers. Le périple pour s’y rendre comporte un premier vol de 1500km entre Montréal et Kuujjuaq sur les ailes de Air Inuit, puis un second de 300km sur avion de brousse ou hélicoptère. Il faut aller encore plus loin pour admirer le plus haut sommet du Canada. Situé au Yukon, le Mont Logan (5959 mètres) surpasse le Mont Blanc (4806 mètres) à titre indicatif.
On ne peut donc qualifier les Québécois de peuple montagnard. Le montagnard québécois dont il est question ici est né à Mirabel au nord de Montréal, sous les auspices des ingénieurs et techniciens oeuvrant pour Bell Textron Canada. La conception et l’assemblage de tous les hélicoptères civils de Bell sont effectués à Mirabel depuis la fin des années 1980. En mai dernier, Bell Textron Canada célébrait la livraison de son 6000ème appareil. Parmi les modèles d’hélicoptères sortant des chaînes d’assemblage à Mirabel, le Bell 429 Global Ranger est celui que l’on peut qualifier de véritable montagnard. Lancé en 2009, plus de 500 exemplaires du Bell 429 volent à ce jour un peu partout dans le monde.


Le Bell 429 perce même en Europe où l’hélicoptère Airbus H-145 clame sa suprématie dans le domaine des secours en haute montagne. Dorénavant, Airbus H-145 et Bell 429 se croisent dans les Alpes, les Pyrénées, les Carpates et les Alpes scandinaves. En Suisse, Air Zermatt aligne déjà trois appareils Bell 429 en configuration HEMS (Helicopter Emergency Medical Service). En novembre dernier, Air Transport Europe, opérant en Slovénie et en Tchéquie, annonçait l’achat d’un cinquième appareil Bell 429 HEMS qui portent secours dans les Carpates. Dans les Pyrénées orientales, vous risquez aussi d’apercevoir un Bell 429 HEMS aux couleurs de Heliand, basé dans la Principauté d’Andorre. Des appareils Bell 429 effectuent aussi des missions de recherche et de sauvetage sous les couleurs de forces policières européennes, dont la Polismyndigheten en Suède qui aligne une dizaine de ces hélicoptères québécois. Ceux-ci participent notamment aux secours dans les Alpes scandinaves. Parions que le Bell 429 n’a pas fini de faire de nouveaux adeptes en Europe où environ 20% de sa production est actuellement écoulée.


Le Québec peut se certes se contenter d’hélicoptères moins performants en haute altitude, mais on peut tout de même y voir voler des Bell 429, notamment sous livrée de la Garde côtière canadienne. Le versatile montagnard a également le pied marin ! J’aurais même pu croiser un Bell 429 HEMS lors de mes randonnées dans les Monts Santa Catalina en Arizona l’hiver passé ! Tout comme moi, le Bell 429 ne craint ni le froid, ni la chaleur !

Mon billet d’humeur d’aujourd’hui a mijoté dans ma tête lors d’une petite randonnée solitaire sous les sapinages enneigés couvrant les flancs du « redoutable » Mont Bélair. Celui-ci « domine » le paysage du haut de ses 485 mètres d’altitude, un peu au nord de l’Aéroport international de Québec. Les ours étant déjà en hibernation avec l’arrivée hâtive de l’hiver, le plus grand risque à gérer lors de cette « expédition » fut les Mésanges qui m’assaillirent lorsque je tendit des graines de tournesol dans ma main. Inutile de dire que mon instinct de survie en forêt était à un niveau d’alerte minimal. Dans de telles circonstances, notre esprit peut errer librement et les sujets s’y bousculent pêle-mêle. Mes joyeuses années de jeunesse chez les Scouts qui m’ont attribué l’Ours comme totem. Tout un honneur sachant que c’est une figure totémique très respectée chez les Amérindiens ! Mes sorties de pêche sur glace avec mon père, qui est parti vers les étoiles l’an passé. Mon baptême de l’air à ses côtés, à bord d’un appareil CC-106 Yukon. Mon plus beau vol à vie réalisé sur l’île de Kauai. Mais aussi des projets de randonnées plein la tête dans les montagnes Rocheuses canadiennes lors d’une prochaine escapade dans l’Ouest canadien. Là où j’espère que les secours héliportés seront au rendez-vous en cas de besoin ! En terminant, je lève mon chapeau de randonneur à tous ces hommes, ces femmes et ces machines qui sauvent des vies en montagne, dans des conditions rarement faciles.

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3 réponses
Très belle photo d’un hélitreuillage face au Cervin…
Salut Marcel et les Passionnés,
Article toujours éclectique où je découvre tout à la fois la géographie de ton beau pays et ton « Bell » hélico, le fameux « Montagnard Québécois », Saint-Bernard de Mirabel ! Mais aussi grâce à ta dérivation, et finalement, c’est ce qui m’a le plus ému, la lecture de ton article sur la passé aéronautique de ton père et l’hommage que tu lui as rendu. Je n’avais pas eu l’occasion de lire cet article le 29 juin 2024, « Opération Hawk: Le pont aérien d’une guerre oubliée » – https://www.avionslegendaires.net/2024/06/actu/operation-hawk-le-pont-aerien-dune-guerre-oubliee/; et oui ça arrive de zapper un article de mon site préféré, même au rédacteur passionné que je suis, mais je vous rassure, c’est très très rare !
Une question Marcel : es-tu aussi pilote d’avion ?
Passionnément,
Jeune, j’hésitais entre devenir pilote de brousse ou biologiste. J’ai choisi la biologie en me disant qu’éventuellement j’irais suivre des cours de pilotage. La vie en a décidé autrement: carrière prenante, enfants, voyages et autres priorités ont fait en sorte que je n’ai pas encore réalisé ce rêve.