Génie absolu incompris et farfelu pour les uns, mégalomane opportuniste et raciste pour les autres ; l’homme d’affaire sud-africain Elon Musk ne laisse jamais personne indifférent. Son idée cette semaine de présenter sa Tesla Roadster qu’il annonce comme la première véritable voiture volante de l’histoire a quelque chose d’assez excitant. Car il réanime un concept né il y a près d’un siècle et tombé relativement en désuétude avec l’émergence (ratée) des taxis volants. Décortiquons un peu tout ça…
Les voitures volantes en France on connait bien. Entre la Citroën DS19 et la Peugeot 406 des films «Fantomas» et «Taxi 2», mais aussi la Zorglumobile si chère aux amateurs de la BD «Spirou et Fantasio» ce concept a réussi à entrer dans la tête de pas mal de monde. Les Américains ont aussi su s’en amuser avec notamment la cultissime De Lorean du film «Retour vers le futur II». Ça c’est au niveau fictif. Car dans la réalité la voiture volante ça existe.
Le concept est né entre la fin la seconde moitié des années 1920 et la première moitié des années 1930. À l’époque tous les visionnaires imaginent qu’en l’an 2000 les voitures volantes allaient être partout sur la planète. Euh comment dire… qu’ils se sont un peu planté. Juste un peu. Il faut dire que les concepteurs de voitures volantes ont toujours hésité : moitié voiture et moitié avion ou bien moitié voiture et moitié hélicoptère ?
Elon Musk, ou plutôt les ingénieurs de Tesla et leurs collègues de SpaceX ont choisi de ne pas choisir.
Car si voiture volante la Tesla Roadster se prétend en réalité elle tient actuellement plutôt de la voiture fusée. Ses deux réservoirs d’air comprimé, d’une contenance de 300 litres chacun, lui permettent de se propulser en hauteur, en gros de s’élever, et ensuite de revenir se poser à la vertical. Du SpaceX tout craché vous l’aurez compris.
La démonstration réalisée ce jeudi 15 octobre 2026 à McGregor dans la banlieue de Waco au Texas l’a très bien montrée. Et comme Elon Musk est un showman il a tout enveloppé de fumée blanche, qu’on aurait pu se croire dans un boite de nuit des années 1990. Malgré tout cela reste hyper impressionnant et plutôt bien ficelé.
On remarquera au passage que l’homme d’affaires a attendu que se tienne à Paris le Mondial de l’Auto pour faire sa démo.
À priori si vous avez 40 000 euros à perdre vous pouvez prétendre acquérir cette voiture, qui selon pas mal d’experts flirtera avec le demi-million quand elle sortira. Non pas qu’avec ce prix vous aurez une Tesla Roadster, faut pas rêver ! Les 40 000 euros en question c’est juste la mise de départ qui vous permettra d’entrer sur la liste d’attente de celles et ceux qui prétendent un jour rouler en voiture volante. Sauf qu’Elon Musk a oublié un tout petit, un infinitésimal même détail : la certification de type ! Car un engin motorisé qui vole cela s’appelle un aéronef.
Et que ce soit la Federal Aviation Administration aux États-Unis, Transport Canada au… Canada, autant que la Direction Générale de l’Aviation Civile chez nous en France je ne vois pas du tout leurs experts certifier cet engin de sitôt. Rappelez-vous les micmacs autour des taxis volants pour Paris 2024 et ses Jeux Olympiques et Paralympiques ; et au passage le scandale de la plateforme d’atterrissage sur la Seine.
On ne peut qu’espérer, pour ses employés , qu’Elon Musk fera mieux qu’Oleg Antonov avec son planeur porte-chars A-40 ou que Raoul Hafner avec son Rotabuggy. Eux deux avaient pourtant une grosse différence avec lui : c’était de véritables ingénieurs en aéronautique. Bon par contre niveau esthétique le Tesla Roadster est aussi laid que la voiture volante de Hafner.
Affaire (évidemment) à suivre.
Photo © Tesla
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Une réponse
Bonjour.
Voiture volante? Le terme est peut-être exagéré. Elle ne peut faire que des sauts de puce de quelques dizaines de secondes. Par contre pour l’esthétique, je ne suis pas de votre avis, comme quoi , les goûts et les couleurs…..