FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Bell 407
Constructeur : Bell Helicopter Textron Inc
Désignation : Bell 407
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : ARH-70 Arapaho
Mise en service : 1996
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère léger polyvalent

HISTOIRE

Bell 407 :
Le malchanceux héritier du Jet Ranger”

Depuis leur apparition généralisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale les hélicoptères ont su véritablement s’imposer autant dans les marchés civils que militaires. Ils ont même su en conquérir un sur lequel les aéronefs à voilure fixe, les avions donc, étaient globalement absents ou très faiblement représentés : le parapublique. Sous ce terme un peu barbare on regroupe les services de police, de sapeurs-pompiers, d’évacuation sanitaire médicalisée, ou encore de douanes. La mission parapublique est apparue avant tout en Amérique du nord et en Europe occidentale, c’est donc logique que ce soit dans les hélicoptéristes de ces deux régions du monde que les hélicoptères les plus adaptés soient les plus fréquents. L’un des exemples les plus typiques aujourd’hui est le Bell 407 américain.

C’est au salon du Bourget en juin 1993 que l’hélicoptériste américain Bell annonça qu’il avait l’intention de donner un successeur à son Bell 206L, la version à fuselage long du célèbre Jet Ranger. Dans un premier temps il fut connu sous la désignation de New Light Aircraft. Rapidement pourtant elle fut abandonnée au profit de Long Ranger Next Generation. Les premières ébauches laissaient clairement entrapercevoir un hélicoptère tirant beaucoup dans son esthétique du célèbre Bell 206 tout en intégrant des nouveautés technologiques.

Afin de valider leur concept les ingénieurs américains et canadien décidèrent de modifier un Bell 206L-3 en ajoutant à son fuselage des carénages en fibre de verre, et en alourdissant quelque peu la structure. Dans cette configuration des essais en vol furent menés entre avril et octobre 1994. Enfin en janvier 1995 Bell officialisa le lancement de la production du prototype. Le Long Ranger Next Generation devint le Bell 407.

Si extérieurement personne ne peut nier la parenté entre le Bell 206L et le Bell 407 ce second hélicoptère incorpore de véritables nouveautés. Les stabilisateurs de poutre furent redessinés, tout comme les patins d’atterrissage. Plus gros et mieux vitrés le fuselage et le poste de pilotage avaient eux-aussi été repensés. La motorisation demeurait la même que sur le Bell 206L-4, à savoir la turbine Allison 250-C30P de 650 chevaux détaré à 500 chevaux. Cependant sur ce nouveau Bell 407 elle entraînait un rotor principal à quatre pales et non plus deux. Le cockpit fut repensé pour intégrer des écrans LCD plus modernes que les cadrans du Bell 206L.
C’est dans cette configuration que le premier vol du Bell 407 intervint le 29 juin 1995.

De manière assez surprenante les autorités aéronautiques américaines et canadiennes ne mirent pas longtemps à certifié ce nouveau Bell 407 qui entra en service commercial dès février 1996. Et très vite l’appareil attira des clients civils américains. Les certifications européennes arrivèrent au printemps de la même année.
Sur le vieux continent le Bell 407 se heurtait à une concurrence encore plus âpre qu’en Amérique du nord. Agusta et Eurocopter ne voulaient rien laisser à ce nouvel appareil. Tant et si bien qu’en fait le Bell 407 se vendit dès le départ très peu sur le territoire européen.

Et dès 1999 l’appareil se vendit sur le marché nord-américain parapublique. Deux services d’évacuation sanitaire aéroporté firent l’acquisition de Bell 407 afin de remplacer leurs machines d’ancienne génération. Sur ce marché, comme sur celui des forces de l’ordre, le Bell 407 se heurtait à une concurrence locale sous la forme du MD Helicopter MD-600N apparu à la même époque.
Surtout au tournant du 20e siècle ce nouveau Bell 407 peinait à intéresser les militaires. Seuls deux exemplaires avaient été produits pour les besoins panaméens.

Aussi quand en février 2004 le programme d’hélicoptère de reconnaissance Boeing-Sikorsky RAH-66 Comanche fut abandonné par l’US Army beaucoup y virent une opportunité pour le Bell 407. Comme le Bell 206 avait en son temps donné naissance au superbe OH-58D Kiowa Warrior le Bell 407 allait pouvoir accoucher de l’ARH-70 Arapaho. Pour cela des éléments provenant des Bell 427 et Bell 430 lui furent greffés ainsi qu’une nouvelle motorisation.
Un prototype et trois hélicoptères de présérie furent d’ailleurs produits et testés par l’armée américaine. Malheureusement pour lui jamais l’ARH-70 Arapaho ne réussit à satisfaire le Pentagone. Le programme fut stoppé net vingt-sept mois après le premier vol de cette machine. Bell renonça à le développer ultérieurement, notamment pour l’export.

Cependant l’expérience de l’ARH-70 Arapaho permit à Bell de donner naissance aux Bell 407GT et Bell 407GX améliorés. Le premier était destiné aux missions de reconnaissances et d’appui tactique rapproché et le second aux opérations parapubliques et aux vols d’entraînement. Malgré cela les forces américaines boudaient encore l’appareil.
Le début des années 2010 ne changea pas la donne, sauf à l’export.

Plusieurs contrats d’exports furent signés pour des Bell 407GT avec les Émirats Arabes Unis, le Guatemala, la Jamaïque, le Mexique et le Salvador. Pourtant c’est l’Irak qui marqua littéralement les esprits en achetant quarante-six appareils en deux lots. Seize étaient des Bell 407GX et trente des Bell 407GT. Les premiers furent mis en service en 2011 comme hélicoptères d’entraînement et de liaisons et les seconds l’année suivante pour de l’appui tactique et de la lutte antiterroriste. L’un d’eux fut perdu en opération de guerre contre Daech en octobre 2014, causant la mort de ses deux membres d’équipage.

En 2010 toujours un accord industriel fut signé entre Bell et Northrop-Grumman autour du développement d’une version sans pilote du Bell 407. Conçu pour les besoins de l’US Navy le nouvel appareil reçut la désignation de MQ-8C Fire Scout II. Il reprenait une partie des éléments du MQ-8B Fire Scout plus petit.
L’US Navy passa commande pour quatre-vingt-seize de ces hélicoptères sans pilote dont les premiers exemplaires sont entrés en service en 2020. Northrop-Grumman a également décidé de les proposer à l’export aux pays alliés des États-Unis.

En 2020 le Bell 407 demeure seul sur le catalogue de son constructeur. En effet le Bell 206 n’est plus produit depuis 2017. Pour autant le succès militaire et parapublique n’est pas encore là, malgré un peu plus de 1200 exemplaires construits en près d’un quart de siècle. La majorité vole comme hélicoptère d’affaire et de tourisme. En octobre 2020 trois Bell 407GXi de reconnaissance tous-temps ont été livrés aux policiers polonais.
Pour l’anecdote le Bell 407 donna naissance au Bell 427 biturbine qui ne connut quasiment aucun succès et fut arrêté de production au bout de seulement treize années.

Après un Bell 206 omniprésent dans le monde le Bell 407 peine donc vraiment à s’implanter sur un marché où en plus il doit affronter des machines comme l’Airbus Helicopters H130 ou le Leonardo AW.119 Koala jugés globalement plus aboutis et innovantes. Malgré tout le Bell 407 connait le succès civil… en Amérique du nord.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Bell 407GT
Envergure : 10.67 m diamètre du rotor principal
Longueur : 12.70 m
Hauteur : 3.56 m
Motorisation : 1 turbine Rolls Royce 250-C47B
Puissance totale : 1 x 824 ch.
Armement : Nacelles mitrailleuses de calibres 12.7mm, roquettes standards Hydra de 70mm ou APKWS à guidage laser en paniers, missiles antichars AGM-114 Hellfire,ou encore poste stabilisé de cabine pour tireurs d'élites.
Charge utile : Possibilité d'accueillir entre quatre et six commandos armés.
Poids en charge : 2722 kg
Vitesse max. : 245 km/h à 2000 m
Plafond pratique : 5700 m
Distance max. : 600 Km en configuration lisse.
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Bell 407

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Bell 407

VIDÉO

Atterrissage d'un Bell 407 de police aux États-Unis.