FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Bloch MB.155
Constructeur : Société des Avions Marcel Bloch
Désignation : MB.155
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1940
Pays d'origine : France
Catégorie : Chasseurs de la guerre 39-45
Rôle et missions : Chasseur monoplace, avion d'entraînement avancé.

HISTOIRE

Bloch MB.155 :
Un des meilleurs chasseurs français en 1940”

Le 11 juillet 1940 un décret signé par le maréchal Pétain entérinait la naissance de l’Armée de l’Air d’Armistice. En même temps la composante aérienne française telle qu’on la connaissait jusque là disparaissait, et avec elle son rattachement à l’état de droit. Cette nouvelle force aérienne allait devenir un des plus proches supplétifs de l’aviation allemande jusqu’à sa dissolution le 28 novembre 1942. Ses avions étaient aisément reconnaissables à leurs bandes de couleurs jaune orangée et rouge peint sur les capotages de moteurs et les empennages. Un des avions les plus emblématiques de cette force aérienne de l’Axe fut le chasseur monomoteur Bloch MB.155.

C’est au début de l’année 1939 que les responsables de la Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Ouest décidèrent de demander au bureau d’étude de Bloch de développer une version améliorée du chasseur MB.152. Depuis la politique de nationalisation du Front Populaire la SNCASO avait en effet la main sur les activités industrielles de Marcel Bloch et de sa société. Pourtant l’ingénieur continuait de concevoir ses avions comme bon lui semblait. Et cette version améliorée du MB.152 ne lui déplaisait pas. Dans le même temps les ingénieurs militaires du centre d’essais du matériel aérien s’étaient proposés comme aides dans ce programme.
Marcel Bloch lui attribua la désignation de MB.155.

Avec la montée en puissance du risque de conflit ouvert contre l’Allemagne hitlérienne la France avait un besoin croissant en avions de chasse. Les premières ébauches proposées par le bureau d’étude montraient que ce Bloch MB.155 devait beaucoup au MB.152 mais avec ça et là des améliorations notables. Le fameux patin de queue du train classique, jugé souvent désuet et assez fragile laissait place à une roulette orientable. De plus le capotage de moteur fut revu et corrigé, de manière à être plus aérodynamique. Le lifting concerna aussi le profil de voilure de l’avion. Enfin l’armement fut adapté avec la généralisation du canon de 20mm.
Pour autant les ingénieurs connurent quelques désagréments quand il eut s’agit de trouver un emplacement pour le principal réservoir de carburant de fuselage. Cela obligea à redessiner le cockpit et à le déplacer vers l’avant.
C’est dans cette configuration que le prototype vola en février 1940.

À l’époque la France était déjà engagée dans la Seconde Guerre mondiale contre l’Allemagne nazie. On vivait alors la Drôle de Guerre où chaque camp observait l’autre sans vraiment s’affronter. L’Armée de l’Air décida de commander deux cents Bloch MB.155 afin de renforcer ses unités de chasse. Les quelques affrontements frontaliers avec des Messerschmitt Bf 109E avaient laissé un goût amer dans la bouche des pilotes français. La Luftwaffe était redoutablement bien dotée en chasseurs.

Malheureusement pour elle la SNCASO et Bloch eurent un mal terrible à se mettre d’accord sur le rythme des livraisons de chasseurs. Aussi quand le 25 juin 1940 la France capitula aucun MB.155 n’avait été livré. Vingt étaient pourtant assemblés et prêts à être envoyés en unité depuis un mois et demi. Mais le contrat prévoyait une première livraison de quarante avions et il était hors de question pour les dirigeants de la SNCASO de transiger là-dessus.
Quinze autres avions étaient en construction à plus de 75% et enfin cinq autres, les derniers du lot ne dépassaient pas les 30% d’éléments assemblés.

Finalement des négociations furent lancées entre l’administration allemande d’occupation et le pouvoir pétainiste autour de ces machines. Les cinq avions les moins avancés furent détruits et les autres terminés. Quand l’Armée de l’Air d’Armistice naquit les trente-cinq Bloch MB.155 étaient enfin construits. Ils furent livrés aux Groupes de Chasse I/8 et II/8 basés respectivement à Montpellier et Marignane. Et bien sûr ils reçurent entre temps les très visibles bandes jaunes orangées et rouges.

En juin 1941 dix Bloch MB.155 appartenant au Groupe de Chasse II/8 furent envoyés au Levant afin d’empêcher le débarquement des troupes britanniques. Ils prirent part à une dizaine de combats aériens contre la Royal Air Force. Trois MB.155 furent descendus par les aviateurs britanniques sans que les pilotes pétainistes ne réussissent à s’octroyer la moindre victoire aérienne. Un mois plus tard six chasseurs monomoteurs rentrèrent en zone libre, l’un d’entre-eux ayant été détruit au sol quelques jours plus tôt par l’armée britannique.
Cette première véritable confrontation démontra que si le MB.155 était un bon chasseur il ne faisait pas le poids face au Supermarine Spitfire.

Lorsque le 8 novembre 1942 les troupes anglo-américaines débarquèrent en Afrique du nord le maréchal Pétain ordonna d’envoyer les chasseurs de l’Armée de l’Air d’Armistice afin de protéger ses intérêts. Des Curtiss Hawk 75, Dewoitine D.520, et autres Lioré et Olivier LéO 451 traversèrent alors la Méditerranée. Ils étaient accompagnés de vingt-deux Bloch MB.155 venant des deux unités les alignant. Malheureusement là encore les avions français ne firent pas le poids face à la chasse alliée. Cependant le 12 novembre 1942 deux pilotes du Groupe de Chasse I/8 réussirent à s’octroyer la seule victoire d’un MB.155 contre un chasseur allié en descendant un Grumman Martlet Mk-II de la Fleet Air Arm. Chacun se vit offrir par le régime pétainiste 50% de cette victoire aérienne.
Mais là encore tous les MB.155 ne firent pas le trajet retour vers la zone libre.

Outre ce Martlet le Groupe de Chasse I/8 fut crédité d’une victoire aérienne au-dessus de la Méditerranée quelques temps plus tôt. En effet en février 1942 un pilote de chasse pétainiste revendiqua la destruction d’un bimoteur britannique. Selon toutes vraisemblances il s’agissait d’un Douglas Dakota Mk-I en mission clandestine.
Quand fin novembre 1942 la zone libre ne le fut plus les Allemands décidèrent de dissoudre cette Armée de l’Air d’Armistice. Tous les Bloch MB.155 encore en état de vol, soit vingt-et-un avions, furent envoyés en Allemagne où ils servirent jusqu’à la fin de la guerre pour l’entraînement avancé des futurs pilotes de chasse.

Il ne reste aujourd’hui plus rien des trente-cinq Bloch MB.155 assemblés. Si l’avion était remarquable à l’été 1940 il ne représentait plus vraiment d’avantages deux ans plus tard. Il est le seul chasseur à n’avoir servi que dans l’Armée de l’Air de Vichy ! Cela explique sans doute aussi pourquoi il fut finalement rapidement oublié.
Contrairement à une idée reçue encore largement répandue le MB.155 n’a pas donné naissance au MB.157 qui descend lui aussi du MB.152.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Bloch MB.155
Envergure : 10.55 m
Longueur : 9.05 m
Hauteur : 3.95 m
Motorisation : 1 moteur en étoile Gnome & Rhône 14N-49
Puissance totale : 1 x 1100 ch.
Armement : Deux canons de calibre 20mm et quatre mitrailleuses de calibre 7.5mm.
Charge utile :
Poids en charge : 2900 kg
Vitesse max. : 520 km/h à 5500 m
Plafond pratique : 10000 m
Distance max. : 750 Km à masse maximale.
Equipage : 1
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PLAN 3 VUES

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PROFIL COULEUR

Profil couleur du Bloch MB.155

VIDÉO

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