Dès le lendemain de la Première Guerre mondiale l’aéronavale américaine fit en sorte de posséder le plus souvent possible ses propres avions, différents de ceux de l’armée. Cela se vérifia bien rapidement avec évidemment les hydravions de surveillance et de patrouille mais aussi avec les bombardiers et chasseurs. Même au niveau des aéronefs de servitude cette règle se vérifiait à l’instar notamment des avions d’entraînement. Un des premiers d’entre eux fut le méconnu Boeing NB.
Au début des années 1920 les écoles de pilotage de l’US Navy ne disposaient pas d’avions réellement définis. Chaque école faisait un peu avec ce qu’elle avait sous la main. On retrouvait surtout des biplaces de la guerre 14/18 reçus au titre du corps expéditionnaire américain comme l’Airco D.H.4 britannique ou le Farman F.40 français. Des appareils de facture locale tels les Aeromarine Type 39, les Boeing Model 5, ou encore les Curtiss JN-4 les complétaient.
En 1922 l’US Navy décida de standardiser sa formation initiale et intermédiaire autour d’un seul et unique avion d’entraînement. Elle lança donc un concours en ce sens auquel une quinzaine de constructeurs répondirent. Pour autant seuls trois furent retenus à la fin de la même année et autorisés à produire chacun un prototype. Il s’agissait des Boeing Model 21, Martin Model 67, et Naval Aircraft Factory N2N.
Les équipes de Boeing se mirent très rapidement au travail et développèrent leur avion en un temps record. Leurs collègues des deux autres avionneurs n’en étaient encore qu’aux travaux d’études que le prototype du Model 21 commençait à être assemblé.
Extérieurement cette machine se présentait sous la forme d’un biplan d’envergure égale construit en bois entoilé et contreplaqué. Le pilote instructeur et son élève prenaient place chacun dans un cockpit séparé à l’air libre. Ce nouvel avion avait reçu un train d’atterrissage tricycle fixe, se terminant par un patin de queue. Ce dispositif pouvait être remplacé par un flotteur central et deux flotteurs additionnels sous le plan inférieur de voilure, faisant du Model 21 un hydravion d’entraînement. La motorisation était assurée par un Lawrence J1 à neuf cylindres en étoile d’une puissance totale de 200 chevaux.
Quand il réalisa son premier vol le 20 octobre 1923 le Boeing Model 21 était le premier des trois compétiteurs à s’arracher du plancher des vaches. Les deux autres le feraient l’année suivante. C’est d’ailleurs début 1924 qu’ils reçurent chacun leur désignation militaire officielle. On parlait alors des Boeing XNB, Martin XN2M, et Naval Aircraft Factory XN2N.
Avant l’été de cette même année le premier d’entre eux fut déclaré vainqueur et commandé immédiatement à quarante-et-un exemplaires. Les premiers NB-1 entrèrent en service dès le mois de novembre.
Alors que les livraisons allaient à un bon rythme Boeing étudia d’autres possibilités comme par exemple le remplacement du moteur en étoile Lawrence J1 d’origine par un Hispano-Suiza 8A français de même puissance mais en V. L’idée séduisit l’US Navy qui demanda cependant qu’un motoriste américain soit choisi afin d’assembler sous licence locale ce moteur français. C’est Wright qui l’emporta et le moteur fut désigné Model E.
Ainsi remotorisé apparut le NB-2 construit à trente exemplaires. Outre ce nouveau moteur cette version disposait d’un poste arrière revu et corrigé afin de pouvoir installer un une mitrailleuse mobile de calibre 7.62 millimètres. Cette dernière était amovible et donc installée uniquement quand elle était nécessaire.
Les Boeing NB ne restèrent pas longtemps les seuls avions d’entraînement standardisés dans l’US Navy. Globalement ils ne le furent que durant l’année 1925 et le premier semestre 1926. En effet les Consolidated NY Huskie les rejoignirent alors et commencèrent même à les remplacer peu à peu. Particularité ce sont les NB-2 qui partiren en retraite en premier, leur moteur en V étant jugé plus fragile. Fin 1927 il ne restait qu’une trentaine de NB-1 encore en dotation. Ils le restèrent, afin de former au pilotage d’hydravion jusqu’en 1936. Finalement ils furent remplacés par le très réussi Naval Aircraft Factory N3N Canary.
De nos jours il ne reste plus rien de cet avion d’entraînement basique et intermédiaire. Il reste surtout connu pour avoir été le premier à recevoir la codification qui restera en vigueur jusqu’en septembre 1962. De l’aveu de ses pilotes instructeurs le Boeing NB était un avion agréable à prendre en main et pardonnant facilement les erreurs de pilotage.
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