FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Gyrodyne RON Rotorcycle
Constructeur : Gyrodyne Company of America
Désignation : RON
Nom / Surnom : Rotorcycle
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1955
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère expérimental

HISTOIRE

Gyrodyne RON Rotorcycle :
Un hélicoptère léger à la descendance surprenante”

C’est véritablement durant la Seconde Guerre mondiale et au lendemain de celle-ci que l’aventure technologique des hélicoptères accéléra. Dès la paix revenue de nombreux constructeurs se mirent en tête de développer différentes architectures aériennes pour ces machines à voilure tournante. Celle du double rotor contrarotatif coaxial fut largement expérimenté par l’hélicoptériste soviétique Kamov, qui devenu russe continua jusqu’à nos jours dans ce sens. Pourtant ce n’est pas là le seul constructeur à s’y être intéressé. Breguet en France et Gyrodyne aux États-Unis se penchèrent aussi dessus. Pour ce dernier cela déboucha sur la production du RON Rotorcycle.

En 1929 le groupe industriel américain Bendix se lança dans le développement aéronautique, ouvrant même quatorze ans plus tard une subdivision dédiée aux voilures tournantes. Bendix Helicopters se fit alors une spécialité de travailler sur les doubles rotors contrarotatifs et sur les doubles rotors engraînant. Malheureusement des difficultés financières obligèrent Bendix à se séparer de celle-ci. Et c’est la société Gyrodyne Company of America qui reprit ses actifs en 1949.
Dès lors Gyrodyne se focalisa sur les programmes liés aux doubles rotors contrarotatifs coaxiaux, développant ses propres machines. Les travaux en question demeuraient alors expérimentaux.

À la fin de l’année 1954 l’US Department of Navy demanda à Gyrodyne de produire deux exemplaires d’une telle machine pour les besoins de l’US Marines Corps. Ce dernier cherchait un moyen de déplacer rapidement des fantassins au moyen d’un hélicoptère monoplace facile d’emploi. Gyrodyne se retrouva en compétition avec Hiller.
Les deux prototypes d’hélicoptères reçurent les désignations respectives de XRON et XROE.
Le nom du programme donna le patronyme de ces hélicoptères : Rotorcycle.

Très différent de son concurrent direct le Gyrodyne RON Rotorcycle se présentait sous la forme d’un hélicoptère à double rotor contrarotatif coaxial construit intégralement en métal et propulsé par un moteur à deux cylindres en ligne Nelson issu de l’industrie automobile, d’une puissance de 40 chevaux. Un empennage papillon inversé fut installé sur l’hélicoptère afin de le stabiliser tandis que le pilote prenait place sur un simple siège en plastique moulé. Une manette des gaz et quelques indicateurs jouaient le rôle de planche de bord. L’hélicoptère disposait d’un train tricycle fixe.
C’est dans cette configuration que le premier vol intervint le 23 novembre 1955.

Les essais en vol ne tardèrent pas à démontrer une totale sous-motorisation. Le Nelson à deux cylindres en ligne laissa place à un Porsche à quatre cylindres en ligne. Là encore c moteur provenait de l’industrie automobile. Il développait 72 chevaux. Le diamètre de chaque rotor fut augmenté de soixante centimètres.
Dès lors le programme du Gyrodyne RON Rotorcycle pouvait évoluer. Neuf exemplaires de présérie furent commandés officiellement par l’US Department of Navy.

Certains RON Rotorcycle volèrent avec un moteur Porsche de 55 chevaux en lieu et place de celui de 72 chevaux, tandis que d’autres testèrent une turbine Solar T62 de 62 chevaux. Cette dernière était réputée plus fiable que les moteurs à pistons mais aussi beaucoup plus bruyante. Un problème quand on pense que les hélicoptères en question devaient permettre la dépose de fantassins sur le champ de bataille. Niveau discrétion la turbine T62 n’était pas des plus efficaces.

Le RON Rotorcycle testa également un très original système d’atterrisseur sur l’eau. Quatre flotteurs pouvant basculer à 90° lors de l’amerrissage devaient assurer la flottaison de l’hélicoptère. Si sur le principe cela marcha au final la technique s’avéra inadaptée car faisant augmenté la masse de l’hélicoptère de 72%. Un seul RON de présérie fut ainsi testé.

En août 1960 l’US Marines Corps annonça renoncer au programme Rotorcycle. Le RON fut donc abandonné. Pourtant en juin suivant l’hélicoptère était officiellement présenté par son constructeur au Salon du Bourget où sa manœuvrabilité fit sensation. En fait Gyrodyne entendait alors développer une version civile biplace dédiée à l’entraînement. Début 1962 elle y renonça pourtant, enterrant définitivement le RON.

Croire que cet hélicoptère fut un coup d’épée dans l’eau serait pourtant une erreur. Car le Gyrodyne RON Rotorcycle eut bien une descendance, construite en grande série : le Gyrodyne DSN-1 DASH, qui fut à la fois le premier drone à voilure tournante et aussi le premier drone de combat employé par les forces américaines. Ce dernier hérita de la technologie du double rotor contrarotatif coaxial du RON ainsi que d’une partie de sa transmission.

Hélicoptère passablement retombé dans l’oubli le Gyrodyne RON Rotorcycle fut pourtant un élément important des recherches américaines sur les voilures tournantes. Le Cradle Aviation Museum de New York et l’US Naval Air Museum de Pensacola conservent chacun un exemplaire de cet étrange appareil ultra-léger.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Gyrodyne RON Rotorcycle, en version terrestre
Envergure : 6.10 m diamètre du rotor principal
Longueur : 3.51 m
Hauteur : 2.01 m
Motorisation : 1 moteur en ligne Porsche O-95-6
Puissance totale : 1 x 72 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 377 kg
Vitesse max. : 125 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 3775 m
Distance max. : 175 Km à masse maximale
Equipage : 1
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Gyrodyne RON Rotorcycle

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Gyrodyne RON Rotorcycle

VIDÉO

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