FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : I.A.R. IAR-37
Constructeur : Regia Autonoma Industria Aeronautica Romania
Désignation : IAR-37
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : IAR-38, IAR-39
Mise en service : 1938
Pays d'origine : Roumanie
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier léger de reconnaissance, avion de reconnaissance à vue.

HISTOIRE

I.A.R. IAR-37 :
Un robuste biplan bien adapté à son rôle”

La décennie des années 1930 fut celle du développement de nombreux avionneurs en Europe. Désormais l’industrie aéronautique essaimait hors de ses trois pays de naissance sur le continent : Allemagne, France, et Royaume-Uni. Des pays comme la Belgique, le Danemark, ou encore la Roumanie voulaient disposer de leurs propres bureaux d’études et ateliers quittes à devoir rester dépendant de motoristes étrangers. La société Industria Aeronautică Română, ou I.A.R., née en 1925 à Brasov dans le centre de la Roumanie étaient de celles-là. Et à cette époque là une de ces premières réussites fut un bombardier de reconnaissance biplan : l’IAR-37.

Au début de l’année 1936 le gouvernement roumain chercha à acquérir une cinquantaine de Fokker C.X néerlandais ainsi que la possibilité de construire l’avion sous licence. Cependant les relations entre Amsterdam et Bucarest n’étaient alors globalement pas assez bonnes, notamment en raison de questions politiques. Aussi Fokker refusa catégoriquement.
En réponse le ministère roumain de la guerre demanda à l’avionneur I.A.R. de concevoir un avion du même temps pour les besoins nationaux. Un accord de ce type fut passé à l’été de la même année.

À Brasov les équipes d’I.A.R. n’avaient alors aucune expérience en ce domaine. Jusque là leurs réalisations s’étaient bornées au chasseur léger IAR-14 construit à une vingtaine d’exemplaires et à un rudimentaire avion d’entraînement militaire de base : l’IAR-27. C’est d’ailleurs la réussite de cet avion alors en service dans les rangs de l’Aeronautica Regala Romana qui poussa à la confiance envers l’avionneur.
Coup de chance pour ce dernier il disposait dans ses rangs d’ingénieurs ayant été formés en France et notamment sur le Potez 25 et ses dérivés. Ces jeunes hommes eurent même l’idée, surprenante de nos jours, d’envoyer à leur mentor français des ébauches de leur avion afin qu’il donne son avis. C’est ainsi que de nombreux historiens de l’aviation considèrent aujourd’hui encore que ce programme a un peu de «sang français».

Toujours est t-il que les ingénieurs roumains travaillèrent vite. Tellement même que le prototype de leur IAR-37, c’est la désignation de ce nouvel avion, fut assemblé en mars 1937. Il fallut donc moins d’un an pour le penser et le réaliser.
Afin de gagner du temps en terme de conception les ingénieurs roumains se tournèrent vers la France de nouveau quant il s’agit au tout début du développement de trouver un moteur. À cette époque l’un des champion en Europe était le Gnome & Rhône 14K Mistral Major à quatorze cylindres en étoile. Industria Aeronautică Română obtint une licence de production pour ce moteur.

Extérieurement l’I.A.R. IAR-37 se présentait sous la forme d’un biplan d’envergure inégale de construction en grande partie métallique. Il disposait donc d’un moteur IAR-14K-II d’une puissance de 870 chevaux entraînant une hélice bipale en bois et métal. Doté d’un train d’atterrissage classique fixe il possédait un poste de pilotage biplace à cabine fermé. Un important vitrage sur l’ensemble du fuselage permettait d’assurer un champ de vision le plus large possible autant pour les missions de reconnaissance que de bombardement léger. L’armement se composait de trois mitrailleuses de calibre 7.92mm fabriquées en Belgique par l’armurier FN. Deux étaient en position de chasse et la troisième montée sur affût mobile à l’arrière et servie par l’observateur. Une quatrième était optionnelle et pouvait être rapidement installée pour tirer par une ouverture sous le plancher de l’avion, permettant ainsi de tirer vers le bas de l’avion. La charge de bombes pouvait atteindre 600 kilogrammes et était fixée sous voilure.
C’est dans cette configuration générale que le premier vol eut lieu en avril 1937.

Immédiatement après ce vol inaugural l’Aeronautica Regala Romana passa commande pour cinquante avions de série strictement identiques au prototype. La société I.A.R. livra les premiers exemplaires de série en octobre 1938 et la première unité évoluant sur IAR-37 fut déclarée opérationnelle à la toute fin de l’année 1938.
Sans être révolutionnaire le biplan était alors un bon avion selon les standards européens. À l’usage pourtant les pilotes roumains se rendirent compte que la charge offensive de 600 kilos était purement théorique. S’ils voulaient pouvoir emporter la quatrième mitrailleuse, l’optionnelle, ils ne devaient disposer que de 400 kilos sous les ailes. Ce qui revenait généralement à huit bombes de 50 kilos chacune.
Malgré ce léger défaut une seconde version fut commandée à hauteur de soixante-quinze exemplaires désignée IAR-38. Si l’envergure était légèrement supérieure c’est bel et bien sous le capot qu’il fallait chercher la grosse nouveauté : un moteur allemand BMW 132A de 705 chevaux. Moins puissant l’IAR-38 n’était plus un bombardier léger de reconnaissance mais bien un avion de pure reconnaissance. Il n’emportait donc plus de charge sous voilures.
Là encore à l’usage les pilotes et les observateurs remarquèrent des défauts mineurs, notamment au niveau du train d’atterrissage trop dur pour un tel avion.

C’est ainsi qu’à l’été 1939 apparut la deuxième sous version : l’IAR-39. L’avionneur roumain était revenu au moteur Gnome & Rhône construit sous licence mais cette fois une version plus puissance le 14K-III-C36 de 930 chevaux. Il reprenait la voilure agrandie de l’IAR-38.
Un contrat fut passé pour deux cent cinquante avions. La charge offensive était volontairement limitée à 300 kilogrammes.
Cependant en raison de l’existence du programme de chasseur IAR-80 une partie concernait la Societatea Pentru Exploatări Technice, une entreprise locale qui s’était faite connaitre pour son biplan d’entraînement SET-3 encore alors en dotation dans les rangs de l’aviation royale roumaine. La Societatea Pentru Exploatări Technice devait assembler cent soixante IAR-39.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata tous les IAR-37 et IAR-38 étaient en dotation dans les rangs de l’Aeronautica Regala Romana, et l’IAR-39 faisait son apparition. Sauf qu’à ce moment là la Roumanie est neutre, et bienveillante envers les Alliés. Le roi Carol II demanda même à son aviation de garantir la souveraineté vis à vis des forces allemandes.
Après l’annexion par l’URSS des territoires roumains de Bessarabie et de Bucovine le 26 juin 1940 l’aviation royale roumaine se lança dans une série de raids contre les forces soviétiques. Le surlendemain, 28 juin 1940, trois escadrilles d’IAR-37 et IAR-39 réalisèrent une mission contre des forces terrestres de l’Armée Rouge. Si les IAR-37 emportaient chacun quatre bombes de 100 kilos chacune les IAR-39 de leur côté étaient dotés quant à eux de cent quarante-quatre grenades de deux kilos chacune lancées par grappes de six contre les soldats soviétiques.

Alliée de l’Allemagne hitlérienne dès le 4 juillet 1940 la Roumanie dut alors renforcer toutes ses opérations militaires contre l’URSS. L’ordre émanait de Berlin ! L’aviation roumaine fut fortement engagée par son nouvel alliée dans Barbarossa, permettant ainsi de prendre les troupes soviétiques en tenaille. Les IAR-37 et IAR-39 furent alors surtout engagés comme bombardiers légers et avions de harcèlement des forces ennemies. Cependant ils représentaient des cibles assez aisées pour la chasse de Moscou et notamment ses Polikarpov I-16 très présents dans la région.

En 1942 Industria Aeronautică Română reçut ordre de moderniser cent-vingt IAR-39 avec des moteurs K14-IV C32 1000A de 1025 chevaux. À cette occasion cinq IAR-38 encore en état de vol furent transformés en IAR-39 et modifiés eux-aussi.
Mais désormais l’Allemagne nazie refusait aux aviateurs roumains de participer aux combats de premier plan. Trop d’entre eux avaient fait défection et s’étaient rendus aux Alliés avec leurs avions. On considère aujourd’hui qu’au moins seize équipages d’IAR-37 et de ses dérivés se sont rendus, par les airs, aux forces alliées.

Quand la Seconde Guerre mondiale bascula en Roumanie fin août 1944 avec le ralliement aux Alliés la majorité des IAR-37 et IAR-38 avait été retiré du service. Une centaine d’IAR-39 était cependant encore en dotation.
Une fois la paix revenue en 1945 la jeune Fortele Aeriene Romane conserva soixante-dix de ces avions. Désarmés ils furent utilisés pour des missions de liaisons, de remorquages de cibles, ou encore d’évacuation sanitaire. Ils restèrent en service jusqu’en 1959. Ainsi se terminait la carrière d’un des plus célèbres avions roumains de la première moitié du 20e siècle.

Aujourd’hui passablement retombé dans l’oubli l’I.A.R. IAR-37 fut pourtant un avion assez réussi malgré quelques défauts de jeunesse vite gommés. Ce biplan n’a jamais été exporté.
Il ne reste aucun avion de ce type de nos jours, dans aucun musée du monde.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : I.A.R. IAR-39, première version.
Envergure : 13.10 m
Longueur : 9.60 m
Hauteur : 3.98 m
Motorisation : 1 moteur en étoile I.A.R. K14-IV C32
Puissance totale : 1 x 960 ch.
Armement : Deux mitrailleuses de calibre 7.92mm en position de chasse, une similaire en position arrière sur affût dorsale, et possibilité d'emport d'une quatrième en position ventrale. Charge de bombes de 300kg sous les ailes.
Charge utile :
Poids en charge : 3085 kg
Vitesse max. : 330 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 8000 m
Distance max. : 1050 Km à masse maximale
Equipage : 2
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